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Compte-rendu de concert

Alt-J


Date : 04/02/2015
Salle : Zénith (Paris)
Première partie :

Alt J était de passage au Zénith de Paris pour présenter leur deuxième album. A la rédaction, on est partagé sur le cas Alt J, mais il fallait aller les voir en live pour trancher !

Raphaëlle, le 09/02/2015
( mots)

Il y a deux ans, Alt J déboulait dans le paysage propret de l’indie avec un premier album intello, An awesome wave. La seconde livraison, intitulée This is all yours, n’a fait que confirmer leur volonté de proposer une pop éléctronique exigeante. C'est pourquoi je ne vais pas les voir en concert sans un peu d'appréhension. Je redoute ce que j’appelle le syndrome Metronomy : une super musique dans le casque, mais des musiciens au charisme si catastrophique qu’il faudrait presque se faire rembourser les billets du concert. 

Il faut dire qu’Alt J et moi, c’est une histoire d’amour qui remonte à il y a presque deux ans. A l’époque, je suis enfermée dans ma petite chambre en Angleterre et je tente désespérément d’écrire mon mémoire de fin d’études. Angoisse de la page blanche. J’allume une plateforme de musique en streaming bien connue et au hasard, je la laisse me sélectionner une chanson. De fil en aiguille, je laisse alors Alt J entrer dans ma vie. Leur musique apaisante et en même temps incroyablement complexe m’accompagnera jusqu’à mon retour en France. 

Revenons à notre Zénith en cette glaciale soirée de février. Les portes sont supposées s’ouvrir à 18h, avec deux premières parties. Prudente, j’arrive à 20h. Raté, je n’échapperai pas au vacarme de Wolf Alice. Honnêtement je ne comprends pas du tout ce choix de première partie. A 21h, les héros arrivent enfin sur scène. Je suis aussitôt surprise par la ferveur de l’accueil qui leur est réservé. Ayant découvert le miracle Alt J depuis l'autre côté de la Manche, j’étais loin de me douter qu’ils soulevaient un tel enthousiasme dans nos contrées.

Première partie: Feu d'artifice de tubes

 Aussitôt arrivés, ils entament "Hunger  of the pine". La mise en lumière est éblouissante, des spots rouges qui cachent leur visage au public. Religieusement, nous les écoutons distiller une atmosphère à la fois planante et prenante. De tous les concerts que j’ai pu voir dans ma vie, je pense que je n’avais jamais assisté à une mise en route aussi rapide du concert. Tout y est, instantanément. La voix si reconnaissable du chanteur Joe, le rythme, les nappes... Tout Alt J emplit le Zénith en déployant un son majestueux. A la fin du morceau, mes doutes sur un éventuel syndrome Metronomy ont été levés. 

Décidément ces messieurs ne sont jamais là où je les attends. Après cette entrée en matière délicate, ils choisissent de retourner au premier album avec "Fitzpleasure". C’est avec beaucoup d’émotion que je vois le Zénith entier danser sur la chanson qui m’a accompagnée pendant cette période de rédaction. Ils enchaînent alors avec "Something Good", devenue au fil du temps comme une évidence. Dans l’ensemble, les gens se déhanchent un peu mais sans trop d’excès. Alt J réussit l’exploit de produire une musique méditative qui met tout le monde d’accord. A en juger par les mines réjouies des gens autour de moi, on vient les voir pour partager un grand moment de communion. Après "Left hand free" qui détonne un peu dans leur discographie, on revient au premier album avec "Dissolve me" et la limpide "Matilda". Comment ne pas fondre devant la fluidité, l’élégance de "Matilda" ? Le Zénith ne s’y trompe pas et reprend en chœur "this is for, this is for Matilda". Redescente en douceur avec "Bloodflood", suivie par sa petite sœur "Bloodflood Pt II", plus complexe, plus planante. 

Seconde partie : fini de rire

Voilà pour les tubes. Gus, le claviériste, nous annonce en français s'il vous plaît: "Maintenant, la deuxième partie". Il aurait pu ajouter "Et on va vous surprendre". Maintenant que le Zénith s’est incliné, il ne leur reste plus qu’à enchaîner des morceaux plus confidentiels, plus difficiles d’accès. Ils reprennent un vieux titre, "Leon", qui sonne étrangement rock, comme un cousin de Bloc Party. Après un interlude, on revient en terres conquises avec "Tessellate" et ses paroles subversives : "Triangles are my favourite shapes, three points where two lines meet". Petit coquin. Cette fois encore, le Zénith chante en chœur et j’ai l’impression curieuse que 5 000 personnes se sont invitées dans ma chambre d’étudiante, pendant qu’Alt J me parle à l’oreille pour me rassurer. Ils entament alors l’entêtante "Every other freckle" et surtout "Taro", réclamée avec ferveur par quelqu'un dans la fosse. Hélas, le chanteur a une quinte de toux et les notes ne sortent pas bien. C'est dommage car les harmonies de la fin sont absolument magiques.

Désormais on passe à une indie plus électronique avec "Warm foothills" et surtout "The Gospel of John Hurt". Celle-ci prend une ampleur inattendue sur scène avec son couplet "Coming out of the woods" répété en boucle. Délivrer une musique exigeante jusqu’aux dernières minutes avant le rappel, tout Alt J est là. 

Après le rappel, ils enchaînent "Lovely Day", "Nara" et "Leaving Nara". Si la première me laisse de marbre, comment ne pas se laisser transporter par le lyrisme délicat de Nara ? Histoire de se quitter en beauté, ils finissent sur un "Breezelocks" qui secoue la foule. "Please don’t go, I love you so" chantons-nous dans un bel ensemble.

Hélas, après seulement une heure et vingt minutes de concert, Alt J disparaît de la scène. Le concert me laisse évidemment une impression de trop peu. Je repense à Franz Ferdinand qui avait enflammé ce même Zénith en deux heures d’un set mené à toute allure. D’un autre côté, Alt J n’a que deux albums à son actif et leur musique est plus méditative, plus introvertie. Ils ne viennent pas nous divertir comme les Franz ni nous retourner le cerveau comme Kasabian (autre concert encore plus mémorable, toujours au Zénith). Ils viennent nous servir impeccablement une musique complexe, qui s’apprécie comme un film ou une œuvre d’art. Personne de sain d’esprit n’irait voir Alt J avec l’envie de danser ! 

Finalement, une belle surprise

On pourrait leur reprocher des versions lives un peu trop proches des studios. J'avais surtout entendu dire qu'ils manquaient de charisme et qu'ils regardaient leurs pieds. De ce point de vue, ils ont indéniablement progressé. Le groupe fixait le public droit dans les yeux et n'hésitait pas à le solliciter pour taper dans les mains quand l'occasion se présentait. Délicate attention, Gus s'exprime en français et avec pas mal d'aisance. La grande classe.

De façon plus personnelle, je me suis sentie au début assez mal à l’aise. J'avais la désagréable impression que tous ces gens venus écouter ma musique, comme s’ils faisaient irruption dans un souvenir personnel. Et puis je me suis laissée porter par les mélodies imparables. Je me suis demandé si tout le monde dans la salle avait écouté Alt J à un moment particulier de sa vie. Avaient-ils également l’impression qu’Alt J n’était là que pour eux ce soir? Voyaient-ils eux aussi le film de leurs souvenirs se dérouler en arrière-plan? Pour ce grand frisson, merci Alt J. 

En bonus, une vidéo de Hunger of the pine

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Opeth


In Cauda Venenum


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De parangon du death-metal suédois à inclinaisons progressives, Opeth est passé en moins de dix ans à coqueluche du monde progressif tout court avec ses albums mélodiques et techniques typés 70’s. Gloire permise aussi par une esthétique affirmée ; il y a bel et bien un « son » Opeth qui est né depuis Heritage(comme il y a avait une identité claire dans la première période du groupe), et celui-ci n’est pas du tout renié dans ce nouvel opus tant attendu. En effet, In Cauda Venenum est dans la claire lignée des albums précédents, dont le dernier en date était le chef-d’œuvre Sorceress aux qualités exceptionnelles. 

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