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Compte-rendu de concert

Ash


Date : 21/02/2020
Salle : Aéronef (Lille)
Première partie : Esplanades, Social Animals

Une soirée régressive et très jouissive

Mathilde, le 02/03/2020
( mots)

La rétromania n’en finit pas de faire fureur. Bien peu satisfaits du climat anxiogène actuel, les trentenaires et quadragénaires se consolent à coup de VHS, de Goonies, de nineties en somme. C’est donc avec le coeur d’avance rempli de réconfort que l’on se dirige ce soir vers l’aéro et le concert de Ash, venu tout droit de 1989. Et d’Irlande. On se dit quand même qu’il y a pas foule pour un groupe qui aurait joué sur le main stage à Glastonbury. Çà et là du merch d’un autre temps et des t-shirts vieille édition sont suspendus aux tuyaux de l’aéro, rétrécie (la salle) en "Club". Deux groupes se succéderont avant la bande à Wheeler. 

Le premier, Esplanades, est un duo lillois enthousiaste et bien content d’être dans une telle line up. Après être passé par le Main Square l’an dernier, ils viennent défendre son EP Rebirth Of Bravery sorti à la même époque. Le chanteur, à mi-chemin entre un Etienne Daho à houppette et un David Tennant en costume, amène l’énergie nécessaire pour réveiller d’emblée la petite scène. Lui à la guitare/clavier, son comparse à la batterie, ambiance Puggy garantie. Bondissante comme eux, leur musique est plus tricky qu’elle en a l’air. "Everywhere Is Safe" a des relents des années 80 que le groupe doit forcément écouter, façon, à la louche, Tears for Fears ou Depeche Mode sauce Martin Gore. "Merci l’Aéronef, on parle pas beaucoup mais vous être nombreux, ça fait plaisir merci!".  Les mecs savent jouer (coucou la guitare douze cordes) et ce qui pourrait passer pour un son Fisher Price (notamment en l’absence d’une vraie basse) est rattrapé par le coté ludique du groupe qui ne veut pas trop se prendre au sérieux. Il n’y a qu’à écouter "Funny Talking Animals" pour déceler une autodérision à la Kaiser Chiefs. Les applaudissements se font de plus en plus fort. "La prochaine chanson célèbre la persistance des êtres aimés". On sent le romantisme aussi d’une période où régnait les bonnes manières. Esplanades, même loin de l’esplanade de Lille, a bien fait le job.

Viennent ensuite d’autres animals, Social Animals, originaires des Etats-Unis et peut-être pas complètement remis du décalage horaire. "C’est notre première fois en France, en Europe en fait, et on sait pas bien ce qu’on fait ici". Sur l’attitude on est presque face à The Strokes, presqu’à l’Olympia, presqu’à Paris. Le chanteur aux boucles noires dans les yeux se balade lentement sur scène. On imagine une voix grave, mais non, c’est une voix claire avec un trémolo très serré en fin de phrase qui résonne on stage. "Get Over It" éclate, pur comme un diamant brut. Suit un titre sur le président américain actuel, aux qualificatifs peu flatteurs. En regardant encore, c'est aussi presque Julian Casablancas qui aurait mis sa veste à l’envers (cette veste avec les poches dans le dos!). "On a pas de merchandising, donc juste suivez-nous sur internet, on suppose que ça fera l’affaire". "Bad Things" et "Best Years" rappellent le bon temps de The Killers. Ça courbe l’échine au chant, ça ondule beaucoup à la basse, ça touche du nez la caisse claire à la batterie. Le tableau global est très élégant et désabusé. Et donne envie d’en savoir plus sur ce groupe ovni d’un soir.

Et alors dans le public, qu’est ce qu’on y trouve? Des gens qui ont été jeunes dans les années 90, pour sûr. Et puis un t-shirt Supergrass. Et un autre Smashing Pumpkins. Et enfin un autre Chimay. Bonne ambiance. Mais tout le monde est là pour Ash, pas la lettre, la cendre, la nostalgie de la jeunesse délivrée par le lumineux Tim Wheeler. En attendant ça commente le matériel musical présent sur scène. Et ça se remémore des vagues souvenirs de groupe d’ados qui ont foutu le feu à la fête du lycée. Sauf qu’on est pas à la kermesse même si on n'est pas beaucoup ce soir (mais que font les lillois?) et qu'on a Ash à ras de la moustash. 

C’est habillé en vert un peu en avance pour la Saint Patrick que déboule Tim Wheeler. "Déboule" est un grand mot tant le monsieur se meut avec grâce. On ira pas jusqu’a la métaphore absolument poussive du farfadet mais force est de constater que l’atmosphère est pétillante comme une limonade au citron. Le groupe, non content de découvrir une ville autre que Paris en France (merci pour la province), carburera lui à l’Anosteke lors du concert. A l'occasion de ses 25 ans de carrière ("28 pour être précis", avouera le frontman), Ash a sorti un album, Teenage Wildlife, qui retrace les titres forts du groupe. Avec un goût du travail bien fait ils livrent "Buzzkill" sans détour et humblement. "Summer’s here and the summer’s gone", l'été pour thème, l’insouciance de la jeunesse en étendard, l’amour en inspiration. Du Weezer l’ironie en moins. Vient le lumineux "Arcadia" et son "oo-oo-ooh" pas piqué des hannetons. Sur scène le vent californien d’Irlande est donné avec le batteur et sa casquette vintage, la dégaine désinvolto-punk vient elle du bassiste. Ce dernier joue à bout de bras, les jambes en écart, la morgue adolescente non éteinte. La ligne claire de riffs de "Shining Light", véritable ode aux flammes jumelles, adoucit et attendrit l’audience. On danse beaucoup sans non plus trop lever les bras, mais l’ambiance est tout de même bienveillante. Certaines personnes du public proposent des titres à la volée, ce à quoi le chanteur répond en riant qu’il serait bien incapable d'en retrouver les accords. Pas de place à l’impro, "Wildsurf" sent bon les embruns et la période Pixies. Les Etats-Unis dans l’esprit oui, mais les mélodies imparables viennent bien de Grande-Bretagne. Des refrains ciselées et des paroles nacrées. Comme le dit si bien le philosophe Edouard Baer: "Quand on est ado on ne se rend pas compte qu’on ne sera pas adulte dans le monde qu’on a connu". Alors on tente de revenir aux premiers émois et sentiments de jeunesse via "Kung Fu" qui à l'instar de Star Wars dont le groupe est fan est un genre cinématographique bien marrant et régressif. Tel Feeder, et son "Comfort in Sound" Ash électrise ses conseils de vie sur "Sometimes" sur fond de guitares grunges mais claires. Un slam du bassiste Mark Hamilton (techniquement il était sur les épaules de quelqu’un, c'est bien moins douloureux pour les articulations) plus tard, et on en est déjà au rappel. L’occasion de ré-écouter le splendide "Walking Barefoot" qui parle de saison estivale toujours. Puis ça atterrit sur la bombe pop "Burn Baby Burn", pour clôturer comme ça a commencé. Simple, efficace, direct, pas diva, Ash a été sympathique et impeccable sur tout le set. De quoi se prendre un bon shoot de réconfort musical avant de refaire face à la tempête.

Regonflée de bonne énergie, l’audience sort ragaillardie de l’Aéronef. La programmation de ce soir a fait du bien aux nordistes mélodistes et gentiment juvénistes. On attend avec frétillement la prochaine date dans le genre jenredemande.

 

Setlist de Esplanades:

- Community (intro)

- Hidden In A Sound

- Sad Cafes

- Everywhere Is Safe

- Banshees

- Venetian Rain

- The Land Before Us

- Funny Talking Animals

 

Setlist, pleine de blagues à déblayer, de Social Animals:

- Get Over Tits

- Always Pee

- STKMA

- Bat Wings

- Together

- Breast Fears

 

Setlist de Ash:

- Buzzkill

- Arcadia

- Angel Interceptor

- A Life Less Ordinary

- Shining Light

- Goldfinger

- Wildsurf

- Oh Yeah

- Darkest Hour Of The Night

- You Can’t Have It All

- Kung Fu

- Cocoon

- Sometimes

- Orpheus

- Girl From Mars

- Jack Names The Planets

 

Encore:

- Walking Barefoot

- Burn Baby Burn

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