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Compte-rendu de concert

Archive


Date : 31/10/2015
Salle : Zénith (Paris)
Première partie :

Archive est venu présenter son album Restriction dans une mini-tournée de 15 jours en France. La dernière date était prévue pour le 31 octobre au Zénith de Paris. Au programme: des lumières, des découvertes et des déceptions.

Raphaëlle, le 04/11/2015
( mots)

Drôle de concert que ce live d’Archive au Zénith, venu clore la tournée de leur dernier album Restriction. Essayons de relater les faits dans l’ordre. Déjà, signalons que le groupe entre sur une chanson qu’il a choisie lui-même et qu’il s’agit de "I Want You (She’s so Heavy)". Ce titre des Beatles plonge le Zenith dans un état méditatif, propice au live qui va suivre. Le solo à peine achevé, les lumières s’éteignent et Feel it débute sous les hourras du public. 

Pour cette nouvelle tournée, les membres d’Archive ont souhaité davantage inclure leur public. Voilà une intention louable car il est vrai que jusqu’ici, les concerts d’Archive étaient de longs moments d’introspection. C’était loin d’être désagréable mais c’était aussi loin d’être un grand moment de communion entre le groupe et le public.

Les vingt premières minutes sont un sans-faute. La rage de "Feel it" démarre une soirée sur les chapeaux de roues. La voix de Dave Pen, toujours sur un fil, dégage une tension qui nous happe dès les premières notes. Soutenue par la nervosité des notes de guitare égrenées ici et là, cette première chanson annonce un ton rock. 

Histoire de ne pas perdre le rythme, ils entament la cultissime "Fuck You", que la foule hurle en chœur. Après ce retour brutal en 2005, ils avancent à l’année 2010 en entamant "Dangervisit", issue de Controlling Crowds. Pollard Berrier occupe alors la scène tout seul et sa voix se déploie, fascinante et angoissante tout à la fois. Il faut dire que tout l’album Controlling Crowds est de ce cru : sombre et paranoïaque. Ensuite, on passe au premier morceau de bravoure de la soirée avec "Finding it so hard". Le groupe cultive ainsi un certain goût pour les morceaux de plus de quinze minutes, dont les boucles électroniques nous transportent dans d’étranges rêves. "Finding it so hard" repose sur un rythme très rapide contrastant avec la langueur dans la voix du chanteur. La version live est une véritable claque : c’est Dave Pen qui la chante, comme habité par cette incantation. Après l’oubliable "Crushed", tirée du dernier album, on reste dans une thématique globalement assez peu funky avec "Conflict", interprétée pied au plancher comme une urgence.

C’est ici que les choses se gâtent. Jusqu’ici, les sonorités étaient typiques d’Archive et les quatre premiers titres de la set list ne prennent pas vraiment de risque. 

Ensuite, c’est semblerait-il l’heure de Holly Martin. La chanteuse a rejoint le collectif en 2012 et le groupe a été vertement critiqué pour ce choix. En effet, sa voix est souple, maîtrisée et délicate, mais elle n’offre aucune aspérité. Pire encore, lorsqu’elle la force, elle se met à sonner comme une chanteuse de RnB. Cela fonctionne plutôt bien sur la volontaire "Hatchet", mais malheureusement elle ne fait pas partie de la set list ce soir-là. Ce soir, on remarque surtout que Holly ne sait pas appréhender la scène du Zénith, cet espace dont elle ne sait que faire et qu’elle occupe maladroitement. Du coup, après "Violently" et son finish a cappella, on enchaîne avec "Black and blue" et "End of our days "et hop, tout le monde s’endort. Moi, en tout cas, je me sens sortir du concert. Pourtant, c’est bien exécuté, c’est délicat et c’est poétique. Mais aucune des trois ne correspond à l’esprit d’Archive, du moins pas à ce qui me fait écouter ce groupe depuis déjà dix ans. Ce sont de jolies ballades mais elles ne m'emmènent nulle part. 

"Kid Corner" me réveille un peu de ma torpeur, puis Holly et Pollard chantent ensemble la superbe "You Make Me Feel". Comme j’aimerais que ça soit Maria Q sur scène ! La voix de cette chanteuse-là, plus grave et plus sourde, correspond mieux à la tension de cette chanson. Mais où est Maria Q ? Eh bien son compte Facebook m’apprend qu’elle est en tournée aux USA avec Culture Club. Pour l’esprit Archive, on repassera.

On se réveille enfin avec "Bullets" et les deux sublimes extraits de Axiom : "Distorted Angels" et "Baptism". C’est ensuite l’occasion pour moi de découvrir la très sombre "Ladders", sur laquelle je compte bien me pencher un peu plus souvent, puis de voir pour la première fois "Numb" sur scène.

Le rappel est véritablement le clou du spectacle car ils reviennent interpréter le deuxième morceau épique de la soirée, "Lights". Tirée de l’album éponyme sorti en 2006, "Lights" est un monstre de psychédisme électronique. Petit à petit, les boucles électro se superposent et s’entremêlent dans une sorte de danse hypnotique. Les lumières accompagnent ce mouvement puisqu’ils balaient la foule en rythme dans un mouvement ovale. Elles oscillent entre le turquoise, le bleu et le violet, comme une ronde. La cathédrale sonore se construit peu à peu, au fur et à mesure de l’entrée des protagonistes sur scène. D’abord Darius Keeler et Danny Griffiths, les deux piliers de la bande, aux claviers. Puis le batteur, Smiley, puis le bassiste, Jonathan Noyce. Puis Dave Pen, pour la guitare. Puis enfin Pollard Berrier pour entamer "It hurts to feel, it hurts to wake up" comme une supplication dont il délie chaque son. Nous voilà embarqués dans un voyage intérieur. Deux boules disco qui projettent leurs rayons bleus en tournoyant lentement sur elles-mêmes, comme des immenses veilleuses. Après vingt minutes de longue montée en puissance, le groupe s’incline devant un Zénith debout pour l’ovation finale.

Voilà donc pour le récit des deux heures de show. Mes sentiments à l’encontre de ce concert sont pourtant contrastés. J’ai été enthousiasmée par les longs morceaux épiques ("Lights", "Finding If So Hard") et par quelques titres que je ne connaissais pas ou peu ("Ladders", "Numb"). D’autres ont confirmé leur statut de titre culte ("Fuck You", "Dangervisit", "You Make Me Feel"). Les morceaux plus récents tiennent plutôt bien la route ("Conflict", "Feel It"). Mais rien à faire, les chansons avec Holly Martin ne me parlent pas. Dommage donc d’avoir dû patienter pendant "Violently", "End of Our Days", "Black and Blue" et "Kid Corner". 

Le travail exceptionnel sur la mise en lumière du spectacle n’a pas été assez récompensé à mon goût. Peut-être était-ce parce que j’étais dans les gradins, mais j’ai trouvé les gens assez peu réceptifs. Le public recevait la musique sans réagir, surtout au début. Le groupe communique peu envers le public et les effets visuels n’ont pas suffi pour l’embarquer avec eux. 

A titre personnel, je sors forcément un peu frustrée d’un concert d’Archive. Connaissant la quasi-totalité de leur discographie par cœur, il y a forcément des morceaux qui me sont chers et qui ne seront pas interprétés. Je garde par exemple un souvenir bouleversant de "Again", il y a trois ans presque jour pour jour au Zénith. Le colosse à côté de moi avait fondu en larmes dans les bras de sa copine, haute d’environ un mètre cinquante. Mais c’était la première fois que je voyais "Lights" sur scène et rien que pour ces vingt minutes-là, je suis contente d'avoir assisté à ce concert !

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