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Junip
Conduit par la chanteuse Inne Eysermans, le groupe a joué huit titres plein de charme. Accompagnée d'un violoniste, d'un violoncelliste, d'un batteur jouant avec des baguettes à bout rond en coton et d'un guitariste, la voix d'Inne est douce et vaporeuse. Elle rappelle parfois les compositions du langoureux Chris Isaac. Entre chaque morceau, Inne s'exprime en français ou en anglais avec un délicieux petit accent belge. Même ses quelques mots en néerlandais semblent bien agréables. Tout au long du set, on a souvent la sensation que c'est la fin de soirée, que c'est l'heure du slow, alors que non, ce n'est que la première partie ! Portés par la voix suave et juste d'Inne, les chansons de la formation belge ont ravi le public. "Same stars we share", "Come home" sont les titres les plus réussis d'Amatorski. On pense aussi parfois aux synthétiseurs d'Au Revoir Simone sur certains morceaux et aux comptines de Coco Rosie, quand on entend les petites clochettes. Les spectateurs ont apprécié cette belle découverte qui témoigne du bon goût de la programmation du Grand Mix. Inne a pris le temps de présenter la plupart des morceaux et de nous faire part de sa joie d'être venue en France. Amatorski souhaite revenir bien vite si le succès est au rendez-vous, pour la sortie de leur premier album en Belgique, dans les jours qui viennent.
Quelques temps après, le public découvre une scène ornée de deux tapis, décorée telle un petit appartement. Cet espace plonge le public dans une ambiance cosy, avec des plantes, un coucou, une boule à facettes, un globe terrestre lumineux et au fond de la scène une grande toile tendue, naïve, représentant un soleil. Coïncidant avec la sortie du triple album Fields, c'est une joie de retrouver le célèbre guitariste argentino suédois José González sur scène, au sein de Junip, sa formation initiale créée dans la fin des années 90. Les membres de Junip, un batteur, un percussionniste, un clavier arrivent et les deux guitaristes s'assoient sur les chaises qui leur étaient réservées. C'est l'entrainant "Rope and Summit" qui ouvre le concert. Accompagné par la flute du percussionniste pour le second morceau "To the grain", Junip a distillé une musique folk et cristalline. Puis le troisième titre, plus rythmé, fait la part belle au clavier de Tobias Winterkorn. Sur "Sweet and bitter", les deux guitaristes installent leurs guitares à plat sur leurs genoux. C'est un véritable moment de plénitude et de bonheur. Malgré le fait que le groupe soit statique ou que José González ne remue que son bras ou sa jambe, Junip réussit à faire bouger la salle en rythme. Puis arrive le sublime "Always" et là on comprend que la simplicité peut faire des merveilles. Ce morceau est simplement parfait.
Après un tonnerre d'applaudissements, Junip enchaine et joue sur un rythme plus rapide la mélodie " At the doors". Même sur ce tempo entrainant, les deux guitaristes restent toujours assis, ce qui peut en irriter certains. Pourtant ce morceau est riche en changements de rythmes, accompagné par des jeux de lumières tantôt éblouissantes, tantôt tamisées. L'ensemble évoque parfois les compositions de Loney Dear. La beauté et la pureté des morceaux associées à la voix envoûtante de José González fonctionnent à merveille. Le tout a une dimension particulièrement planante voir même psychédélique. Après une dizaine de chansons, sous une salve d'applaudissements, Junip quitte la scène, pour quelques secondes car le rappel est inévitable. A leur retour, les deux guitaristes se concertent et choisissent de jouer " Don't let it pass". Ils improvisent le choix d'un second morceau et puis après une dernière interrogation de José González, nous bénéficions d'un magnifique dernier titre. José salue alors le public d'un "Adios amis, I hope I see you next time".