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Chronique Livre

To Live Is To Die, Vie et mort de Cliff Burton


"La seule et unique biographie du légendaire et regretté bassiste de Metallica"
Nicolas, le 03/11/2009
( mots)
"Ce sont toujours les meilleurs qui partent en premier", et dans le cas de Cliff Burton, on est encore loin du compte. Dieu seul sait ce qui serait advenu de Metallica, le monstre ultime du metal contemporain, si la mort n'avait pas fauché impitoyablement son premier bassiste (si l'on omet l'annecdotique Ron McGovney) en ce funeste jour du 27 Septembre 1986, au détour de quelques lacets d'une route suédoise à peine éclairée par l'aube naissante. Dieu seul sait ce que le headbanger hippie aurait pu apporter à ce groupe légendaire, groupe qui était à l'époque au fait de sa gloire. "To Live Is To Die" est le nom de la dernière chanson écrite par Cliff Burton, et ce nom ne pouvait qu'être repris pour donner son titre à la première biographie consacrée à ce seigneur de la quatre cordes.

Les adorateurs des Four Horsemen sont quasiment tous unanimes sur le sujet : la période la plus prolifique, la plus créative et la plus brillante de Metallica s'est achevée sur cet accident de car fatal qui interrompit la tournée mondiale que le groupe donnait pour promouvoir son chef d'oeuvre, Master Of Puppets. Fort logiquement, Joel McIver, déjà auteur d'une passionnante biographie sur les empereurs du thrash (Que Justice Soit Faite), s'attarde tout d'abord sur la vie de cet homme hors du commun qu'a été Cliff Burton. Sur son enfance simple au sein d'une famille unie, frappée très tôt par la perte de son frère aîné Scott des suites d'une rupture d'anévrisme à l'âge de 16 ans. Sur sa volonté de surmonter cette épreuve en se donnant comme objectif de devenir l'un des plus grands bassistes de tous les temps. Sur son amitié d'adolescence avec Jim Martin (qui sera plus tard membre de Faith No More), ses virées en coccinelle jusqu'à son Ranch Maxwell, lieu de jams sauvages avec ses amis, mais aussi repère de chasse, de pêche et de consommation de cannabis. Sur son intelligence et sa culture proverbiales qui en faisaient quelqu'un d'extrêmement atypique dans le milieu metal , lequel comptait rarement en ses rangs un amateur de philosophie orientale, d'échecs, de sushi et de littérature fantastique. Et surtout sur son goût insasiable pour la musique, sous quelque forme qu'elle soit : hard rock (Black Sabbath, Aerosmith), rock mainstream (R.E.M.), rock sudiste (Lynyrd Skynyrd), punk (Misfits), mais également classique (c'était un fanatique de Bach).

A la lumière de ce livre, le doute n'est plus permis : Cliff Burton était un musicien accompli et un excellent bassiste, instrument dont il apprit l'exercice auprès d'un professeur de jazz, Steve Doherty. Ce dernier ne lui a pas seulement inculqué la technique nécessaire à tout bon tripotage de cordes, mais il lui a aussi appris la théorie de la musique, des accords harmoniques et du solfège. C'est armé de ce bagage impressionnant qu'il se fit rapidement une place au sein de Trauma, groupe de metal glam de la baie de San Francisco. L'auteur nous montre bien que, déjà à ce stade amateur, Cliff faisait preuve d'une exigence de sonorité à toute épreuve vis à vis de sa Rickenbacker. Toute la communauté metal de la région était extatique devant son jeu puissant et sensible comme devant son fameux headbanging de forcené et ses légendaires pantalons patte d'eph. N'oublions pas non plus que Burton était l'un des seuls bassistes au monde à pouvoir jouer des soli sur son instrument ! L'histoire de son intégration au sein de Metallica montre également toute l'importance qu'il prit très rapidement auprès de James Hetfield et de Lars Ulrich, rien que par son refus formel de déménager à Los Angeles - événement qui contraignit le reste du combo à se recentrer sur le nord de l'état. Mais bien sûr, l'influence de celui qu'on surnommait affectueusement "Le Hippie" sur ses compères fut surtout musicale. Il proposait peu d'idées mais il s'y accrochait vaille que vaille, et il n'hésitait pas à affirmer son mécontentement face à des morceaux qui ne lui plaisaient pas (au premier rang desquels "Fade To Black"). C'est également lui qui, par son obstination et sa capacité phénoménale de persuasion, initia ses trois collègues à d'autres influences que le metal, provoquant tout d'abord chez eux une répulsion quasi-réflexe , mais finissant par gagner leur aval et parfois même leur enthousiasme. Et tout ça en restant quelqu'un de très simple. Les nombreux témoignages réunis par l'auteur tout au long de cette biographie sont unanimes : Cliff était la gentillesse incarnée, il faisait preuve d'une tempérance et d'un calme à toute épreuve, était doué d'un sens de l'humour très aiguisé, et manifestait une distance salutaire vis à vis de l'argent et du succès.

En lisant ce livre, par le biais d'interviews souvent inédites des multiples personnes qui ont côtoyé le bassiste (ses parents, sa compagne d'alors Corinne Lynn, ses amis, ses relations dans le milieu metal), et bien que n'évitant pas de nombreuses redondances au fil des pages, vous connaîtrez tout ou presque de la courte vie de Cliff Burton. Vous partagerez son affection quasi-fraternelle pour ses camarades et plus particulièrement pour le timide Kirk Hammet aux côtés duquel il essayait d'améliorer encore et toujours ses techniques de solo entre deux échanges de comics d'horreur. Vous deviendrez incollables sur son jeu de quatre cordes exceptionnel, expliqué par le détail et illustré par toutes ses contributions au sein de Metallica, du solo époustouflant et novateur d' "Anesthesia" jusqu'à son chef d'œuvre "Orion". Vous revivrez l'immense vague de douleur qui a soulevé la planète Metal le jour où sa mort fut annoncée. Vous aurez droit à une histoire orientée de l'ère post-Burton qui s'ouvrit au sein des Four Horsemen . Vous compatirez devant le deuil non cicatrisé de trois jeunes hommes littéralement anéantis par le tragique accident et qui n'eurent pas le courage d'y faire face de façon pleine et entière, préférant oublier leur chagrin dans la boisson et les tournées plutôt que de laisser libre cours à leur douleur. Vous comprendrez alors pourquoi l'intégration de Jason Newsted au combo était dès lors vouée à l'échec, et pourquoi le groupe faillit se saborder près de quinze années plus tard lorsque "Newkid" tira sa révérence. Vous aurez même droit à une digression assez hasardeuse (pour ne pas dire plus) sur l'idée que Burton aurait probablement apprécié l'évolution ultérieure de son groupe, du triomphe heavy mainstream du Black Album aux déviations blues des Loads en passant par le nü metal de St Anger, sans oublier un ...And Justice For All totalement imbibé par le fantôme de Cliff. Et vous vous direz que, finalement, l'intégration parfaitement raisonnée et acceptée de Rob Trujillo au sein de Metallica pourrait bien être la meilleure chose qui soit arrivée au groupe depuis presque vingt ans. Et si Death Magnetic n'était pas un accident ?

Cliff'Em All
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Black Mountain


Destroyer


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Cela vous aura peut-être échappé, mais Black Mountain a discrètement rendu l’âme il y a de cela un peu plus de deux ans. Oh, rien d’aussi dramatique qu’un split avec tambours et trompettes, rien qu’un départ en catimini, celui du couple Amber Webber - Joshua Wells à qui l’on doit le sémillant projet alternatif Lightning Dust, dont on attend par là même un nouvel album très bientôt. Sans annonce, communiqué ni explications, alors que les canadiens venaient d’écoper de leur plus beau succès critique avec leur magnifique IV. Bien sûr, les choses sont loin d’être aussi simples, et la note accordée à ce Destroyer vient d’ailleurs démentir la sentence prononcée en début de paragraphe. Néanmoins, une page se tourne, et autant on oubliera sans doute assez facilement le cogneur Wells - remplacé poste pour poste par Adam Bulgasem, autant il sera bien plus ardu de faire abstraction du chant mystique de Webber qui nous laissera à jamais orphelins.

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