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Chronique Livre

Pixies - Les OVNIS du rock


auteur : John Mendelssohn
traduction : Sophie Jarry
éditeur : Camion blanc
26 €
"Une biographie, loin d'être ultime, du quartet de Boston"
Maxime, le 16/02/2010
( mots)
La précision journalistique ou la tentation littéraire, telle est l’alternative quand on s’attèle à la rédaction d’une biographie. C’est soit le pavé de 600 pages fourmillant de détails et accumulant les entretiens, soit la dérive hédoniste où l’on laisse libre court à un verbe débridé. En matière de musique rock, la plupart des biographies ne prétendent pas être des œuvres littéraires, plutôt un moyen pour un journaliste (le plus souvent) de fixer sur papier son obsession pour un groupe en donnant forme aux détails, anecdotes et autres développements plus ou moins fumeux qu’il accumule depuis des années. Des deux alternatives préalablement exposées, c’est surtout la première option, dite américaine, qui est donc retenue, l’autre périlleux chemin étant parcouru par de très rares mercenaires (à l’image de François Bon pour la France, et ses travaux très controversés dédiés à Led Zeppelin, Stones ou Bob Dylan).

John Mendelssohn, lui, n’a semble-t-il pas su choisir entre ces deux orientations et a manifestement tenté de jouer sur les deux tableaux. Il faut dire que la musique de son sujet, les Pixies, si imagée et déviante, est le prétexte idéal aux élucubrations les plus folles et les métaphores les plus osées. Désirant joindre l’informatif au littéraire, Mendelssohn a écrit un ouvrage scindé en deux grandes parties hétérogènes : un chapitre sur deux, on a droit, soit à la trajectoire des Pixies, de la naissance de Charles Michael Kittridge Thomson IV dit Frank Black jusqu’aux portes de la reformation en 2004, soit au récit de Vicky, tranches de vies d’un personnage fictif vivotant à Boston entre un père alcoolique, une mère absente et dépressive et une belle-sœur paumée, et qui va progressivement développer une fixation délirante pour le géniteur de "Where Is My Mind ?"

Autant le dire tout net, c’est raté sur tous les plans. The Pixies – Les OVNIS du rock est un livre complètement schizophrène, tant les deux parties ne s’enrichissent pas mutuellement mais, au contraire, poursuivent chacune leur voie de façon complètement étanche. L’exposé de la carrière des lutins du Massachussetts laisse sur notre faim. Les premières pages sont pourtant prometteuses : l’auteur s’attarde sur l’enfance de Black à Long Beach, dans le Sud de la Californie, sa découverte de la musique pop et les premiers cris qu’il pousse à la guitare. Sa maison étant située près des usines Good Year, on comprend par exemple ses obsessions portées à la science-fiction, nourries par les visions nocturnes des prototypes que la compagnie testait en vol près de chez lui et qu’il prenait pour des ovnis. Malgré tout, Mendelssohn semble ensuite se désintéresser progressivement du sujet, traitant le reste de la carrière à la va-vite. Le sujet Pixies est expédié un peu avant la moitié du livre pour se consacrer ensuite principalement à la carrière solo de Frank Black (les Breeders sont à peine évoqués), alors que celle-ci est pourtant considérée comme ayant un intérêt plus que relatif par l’auteur ! On n’apprend au final pas grand-chose de plus que la fiche wikipedia consacrée à la formation. Presque rien n’est dit sur les conditions d’enregistrement des albums, la musique des Pixies n’est pas (ou si peu) replacée dans son contexte, les analyses stylistiques manquent, tout comme les mises en perspectives avec les influences et la (massive) postérité du combo. Mendelssohn a par contre deux marottes : les textes, dont il ne cesse de moquer l’indigence (mais les textes ont-ils déjà eu une espèce d’importance chez les Pixies ?) et la production, ce qui donne lieu à de longs développements abscons sur l’inutilité du clavier dans le monde du rock (hein ?) ou sur l’enregistrement sur quatre-pistes qu’il poursuit de sa vindicte (quoi ?).

Le récit de Vicky ne rattrape pas l’affaire. Vanté en quatrième de couverture comme "une étude, au-delà de la biographie du groupe, sur l’influence de la musique de Frank Black sur ses fans" (ce qu’il faut pas lire quand même…), on se retrouve face à une nouvelle indigente découpée en chapitres. Les personnages sont clichés au possible, certaines situations ridicules (une séance de thérapie dans un hôpital psychiatrique réunissant des personnes obsédées par Fred Durst, Tina Turner ou Jennifer Aniston) et le style lourd, tout en digression ironiques pas drôles qui font mal à la syntaxe française. On ne comprend à vrai dire que la moitié des vannes lancées par l’auteur et pas du tout les rapports avec l’étude vantée. On est loin d’avoir épuisé les ouvrages consacrés aux Pixies écrits ou traduits en langue française, mais force est de constater que le livre ultime est encore à écrire. Le groupe le mérite amplement. En attendant, autant passer son chemin avec celui-ci sauf si vous ne connaissez absolument rien au quartet de Boston.
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Album de la semaine

Black Mountain


Destroyer


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Cela vous aura peut-être échappé, mais Black Mountain a discrètement rendu l’âme il y a de cela un peu plus de deux ans. Oh, rien d’aussi dramatique qu’un split avec tambours et trompettes, rien qu’un départ en catimini, celui du couple Amber Webber - Joshua Wells à qui l’on doit le sémillant projet alternatif Lightning Dust, dont on attend par là même un nouvel album très bientôt. Sans annonce, communiqué ni explications, alors que les canadiens venaient d’écoper de leur plus beau succès critique avec leur magnifique IV. Bien sûr, les choses sont loin d’être aussi simples, et la note accordée à ce Destroyer vient d’ailleurs démentir la sentence prononcée en début de paragraphe. Néanmoins, une page se tourne, et autant on oubliera sans doute assez facilement le cogneur Wells - remplacé poste pour poste par Adam Bulgasem, autant il sera bien plus ardu de faire abstraction du chant mystique de Webber qui nous laissera à jamais orphelins.

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