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Chronique Livre

Pearl Jam au pays du grunge


"Explorez l'histoire rocambolesque du gunge en vous amusant !"
Nicolas, le 03/10/2011
( mots)
Voilà un livre qui tombe à pic en ces temps d'adulation mémorielle à l'égard de Nevermind, sauf que, de prime abord, on pourrait avoir l'impression de passer à côté du sujet, non ? Vous le savez tous, il n'y a pas plus antagonique que Nirvana et Pearl Jam d'un strict point de vue musical, et cette différence illustre d'ailleurs le profond mystère qui entoure le grunge : en effet, quel trait d'union trouver entre le soi-disant groupe alternatif propulsé par hasard sur le devant de la scène médiatique et la formation "carriériste" de "professionnels" qui ont "volé le succès des petits groupes", pour reprendre les paroles (d'évangile) de (Saint) Kurt Cobain ? Et puis quoi, à la fin, c'est quoi, ce foutu grunge ? A question complexe, réponse complexe, bien sûr, mais ce n'est pas parce que le problème est compliqué qu'il ne faut pas s'amuser en essayant d'y répondre.

C'est tout l'intérêt de cet ouvrage écrit par Cyril Jégou, un grand fan de Pearl Jam qui habite près de Rennes, soit "à 7950 km de Seattle" : traiter d'un sujet éminemment complexe de façon claire, profonde, concise mais également ludique. Le parti pris de l'auteur a donc été de remonter dans le temps, à la préhistoire du grunge (soit dans les années 1984 - 1985), et de progresser lentement, groupe après groupe, album après album, vers l'année 1995. Bien sûr, Pearl Jam et ses membres y tiennent une place importante, mais le propos est d'emblée élargi à l'ensemble de la capitale de l'état de Washington (forte de 500.000 âmes seulement à l'époque des faits, une paille pour les states) et à sa banlieue ainsi qu'à tous ceux qui faisaient un tant soit peu de musique bruyante à cette période. Riche en noms de musiciens, de groupes et d'albums, le livre, s'il progresse tout d'abord dans le sens chronologique, nous oblige bien vite à des remontées dans le temps afin de bien suivre le fil du propos. "Mince, ce type, c'est qui déjà ? On en a parlé il y a quatre chapitres !" Retour quelques pages en arrière pour rafraîchir notre mémoire, puis volte face pour repartir à nouveau en avant. Cette lecture à plusieurs vitesses et plusieurs sens est grandement facilitée par un choix culotté, celui d'avoir écrit tous les noms propres en gras, phénomène perçu tout d'abord comme étrange et pas très flatteur pour l’œil compte tenu du nombre invraisemblable de références, mais qui se révèle bien vite indispensable pour serpenter dans tous les sens au fil des pages.

Ainsi, on remonte aux origines du "grunge", nom d'abord utilisé pour rigoler par Mark Harm, le chanteur de Green River, et rapidement repris par le patron du tout jeune label Subpop, Bruce Pavitt, Green River qui va bien vite splitter entre d'un côté ledit Mark Harm et Steve Turner qui forment Mudhoney, et de l'autre Jeff Ament et Stone Gossard qui se réunissent autour de... eh non, pas encore Pearl Jam, mais d'abord Mother Love Bone, groupe qui explose après l'overdose de son chanteur Andrew Wood, ce qui pousse Gossard à se rapprocher d'un ancien copain de lycée, Mike McCready, avant qu'Ament ne cherche à former un groupe avec les deux autres tout en lorgnant sur un batteur en essayant parmi les connaissances de Matt Cameron (de Soundgarden) qui les rencarde sur Jack Irons, ex cogneur des Red Hots et résident à Los Angeles, lequel n'est pas intéressé mais connait par contre un bon chanteur du côté de San Diego, Eddie Vedder... Ah mais au fait, on ne vous avait pas dit que Mark Harm s'était sévèrement fritté avec Ament parce que ce dernier lui reprochait son amateurisme, ce qui fait qu'Harm est allé raconter dans tous les bars de Seattle qu'Ament était un enfoiré de carriériste, rumeur qui n'a pas échappé à un certain Dave Crover (batteur des Melvins) et qu'il a serinée à longueur de journées à son pote Kurt Cobain, un type qui d'ailleurs a loupé son audition pour devenir bassiste des Melvins. Etc etc, on passe sans arrêt d'une personne à l'autre en une sorte de ping pong littéraire qui a l'avantage, outre de tenir un discours extrêmement précis et complexe, de se lire sans prise de tête. Associez à cela une foule d'anecdotes amusantes et un bon paquet de petits dessins typés manga, et vous avez entre les mains une petite bible du grunge aussi brève (132 pages) que complète, et en plus pour un prix extrêmement raisonnable (12,50 €, prix éditeur). Et encore on n'a pas abordé les cas d'Alice In Chains, Tad, The Posies, The Screeming Trees de Mark Lanegan, Temple Of The Dog, The U-Men, Skin Yard, The Walkabouts... Avouez que vous avez envie de connaître la fin, non ? Vous savez ce qu'il vous reste à faire !

Site du Studio Cyborga
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