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Billet Albumrock

Edito Mars 2015


Nicolas, le 02/03/2015

Le rock critic amateur a-t-il vécu ?

Mars pointe le bout de son nez, et alors que la France commence à se relever des odieux attentats qui ont frappé le cœur de la presse satyrique en même temps que l’économie continue à vasouiller et que l’exécutif sombre à nouveau dans les tréfonds de sa désespérante impopularité, Albumrock, de manière autrement plus triviale, amorce un changement de direction puisque Maxime, après quasiment dix années passées à la tête des troupes, a souhaité quitter son poste de rédacteur en chef. C’est donc à moi, Nicolas, qu’incombe la lourde tâche de reprendre les rênes et de garder le cap, envers et contre tout.

Accepter une telle responsabilité revient forcément à se poser des questions plus ou moins existentielles, rejoignant d’ailleurs un certains nombre d’interrogations qui taraudent une bonne partie de notre équipe. Et la plus importante, la plus essentielle devrais-je dire, est la suivante : à quoi bon ? A quoi bon continuer à publier ? A critiquer ? A disséquer des disques, à les triturer, à les retourner en tous sens pour en extraire leur substance ? Y a-t-il encore une place pour la critique rock en 2015, a fortiori pour la critique amateur sur le web ?

Noel Gallagher, dans le numéro de Mars de Rock n’ Folk, n’hésitait d’ailleurs pas à l’affirmer : le rock critic est devenu obsolète. Face à cette sentence définitive, il convient néanmoins de prendre quelque distance. Alors certes, le rock critic influent, celui qui fait et défait les groupes, a clairement vécu. Mais a-t-il d’ailleurs jamais existé ? Nirvana n’a pas attendu les tombereaux d’éloges des canards pour vendre des millions d’exemplaires de Nevermind. Led Zeppelin a toujours écoulé ses albums par camions entiers et rempli ses salles de concert en affrontant une hostilité ouverte de la part des médias spécialisés. Et les canards musicaux ont eu beau faire, ni les dithyrambes ayant accompagné le sacre critique des Stooges et des Ramones ou, plus récemment, des Strokes et des White Stripes - ou même, plus proche de nos préoccupations franco-françaises et à une échelle autrement plus réduite, des BB Brunes - n’ont fondamentalement bouleversé la carrière confortable sans être exceptionnelle des formations sus-citées qui, soyons honnêtes, auraient certainement glané un succès à peu près équivalent sans avoir bénéficié de l’engouement des pros. Il est un fait qu’en dehors du microcosme directement en lien avec les musiciens, des abonnés aux revues spécialisées, souvent plus qu’éclairés et gros consommateurs de disques et de concerts, et d’une certaine frange du grand public s’intéressant à la marge - et à l’occasion - à certains phénomènes médiatiques, la portée des rock critics demeure extrêmement limitée. Les dernières années sont malheureusement encore plus frappantes de ce point de vue, on se souvient tous du pétard mouillé des Vaccines parmi d’autres bulles hypes qui ont éclaté à peine après avoir commencé à enfler. Évidemment, on peut tout autant incriminer le pouvoir limité des soi-disant faiseurs de succès que la faiblesse évidente des nouveaux acteurs de la scène rock n’ roll. Et si cette dernière semble aujourd’hui gagnée par une fragilité on ne peut plus inquiétante - et il s’agirait là d’un sujet d’édito, voire même de dossier, à part entière - on ne peut que constater par l’absurde à quel point les rock critics pros sont incapables, malgré toute leur énergie et leur bonne volonté, d'inverser la vapeur.

La situation du webzinat est pire encore, inutile de se voiler la face. Si la portée de Rock n’ Folk, des Inrocks, de Magic, Technikart, Gonzo et on en passe frise déjà la significativité, on n’ose imaginer la portée de nos propres articles et de celles de nos congénères et concurrents numériques sur le grand public. Au point que les attachés de com’ des labels ne se donnent souvent plus la peine de s’intéresser à nous. Qu’il est difficile d’obtenir un support d’écoute décent, a minima un mp3 (par essence gratuit à diffuser) et bien évidemment un support physique, ce CD qui soi-disant n’intéresse plus personne, pour pouvoir couvrir des sorties d’importance. Essayez un peu de chroniquer un album à partir d’un streaming sur des enceintes d’ordinateur. Une gageure ? Et pourtant ce mode de diffusion des promotions d’album ne fait que croître, limitant de facto toute possibilité d’exploitation honnête. Un constat qui se limite peu ou prou au domaine de la musique tandis que nos collègues des webzines ou des blogs littéraires rencontrent autrement moins de soucis pour se faire transmettre, avant publication, des exemplaires de livres autrement plus chers à fournir. Résultat : nous éprouvons toujours plus de difficultés pour accéder à des albums en avant-première, pour pouvoir les écouter dans de bonnes conditions et pour rendre un avis dans un délai correct. Par contre, que dire des sollicitations incessantes (et de bon aloi) des jeunes groupes français qui débutent et qui souhaiteraient obtenir une petite once de visibilité dans l’espace public ? Un grand écart vertigineux que nous devons pratiquer chaque jour, nous efforçant de quémander notre moyen de travail, notre pitance, auprès des pros tout en n’ayant d’autre choix que de dédaigner, souvent passivement d’ailleurs, par manque de temps et d’effectif, la majorité des jeunes acteurs qui auraient vraiment besoin de nous. Certes, cette règle connaît ses exceptions. Certains labels continuent à jouer le jeu du support promotionnel adéquat et anticipé, même s’ils sont de moins en moins nombreux. Certains nouveaux groupes trouvent parfois place dans nos pages, et si nous ne pouvons que regretter la disparition de la Sélection Albumrock, nous n’avons de cesse de chercher un moyen satisfaisant et pérenne de la réactiver. Mais la vérité est que, la plupart du temps, nous en sommes réduits à acheter nous-mêmes nos disques le jour même de leur sortie dans les bacs, en même temps que tout à chacun. C’est un fait, rien de plus, mais dès lors il devient moins aisé d’entretenir l’attractivité et la motivation nécessaires au bon fonctionnement d’une rédaction, sans même parler de réactivité puisque nous savons pertinemment que, lorsque nos articles finissent par être publiés, les albums chroniqués sont soit déjà en bonne place dans les hits parades de vente, soit tombés dans les affres de l’oubli médiatique.

Faut-il pour autant renoncer ? En aucun cas. Si ce tableau en apparence bien noir semble vous donner l’image d’un milieu moribond, affamé et exsangue, sachez qu’il n’en est rien. D’abord parce que contrairement aux journalistes professionnels qui tirent leur subsistance de leur plume, les rédacteurs de webzine n’ont souvent d’autre ambition que celle de vous faire partager leur passion, et ce sans aucun espoir de rétribution pécuniaire. C’est cela, le moteur d’Albumrock, et rien d’autre. Ni l’argent - inexistant, ni les récompenses matérielles - anecdotiques. Passion que d’écouter du rock, souvent beaucoup. Passion que d’en parler, de s’exprimer sur un disque, d’approfondir, de se documenter, de discuter, d’argumenter, d’écrire. Passion que de prendre sur son temps de loisir pour rédiger des chroniques, délaissant transitoirement travail, conjoint et, pour certains d’entre nous, enfants. Passion que d’aller voir un groupe en live et de faire partager à d’autres les sensations éprouvées. Passion, enfin, que de pouvoir rencontrer ces artistes sans qui notre quotidien serait certainement un peu plus terne qu’il ne l’est. Lorsque j’ai intégré la rédaction, il y a maintenant près de huit ans, jamais je n’aurais imaginé pouvoir rencontrer des types qui, pour moi, vivaient sur une autre planète. Jamais je n’aurais imaginé pouvoir taper la discute avec les Black Angels, avec Sel Balamir d’Amplifier, avec Daniel Cavannagh d’Anathema. Avec monsieur Steven Wilson. Des groupes, des personnalités qui m’ont offert de belles émotions par platine ou iPod interposés et qui, soudainement, sont devenus bien réels, bien vivants. Et je suis loin d’être un cas isolé sur le site. De telles rencontres compensent toutes les frustrations du monde, frustrations par ailleurs tout de même limitées une fois apprivoisé un système promotionnel qui, bien qu’imparfait, nous réserve encore de magnifiques surprises, exclusivités et découvertes. Pour un féru de rock, à l’heure actuelle, on peut difficilement faire mieux que d’être rédacteur dans un webzine. Enfin, à défaut de réactivité, nous nous efforçons d’approfondir nos sujets et de vous fournir des articles étoffés, qualitatifs et porteurs d’avis éprouvés sur la durée qui soient susceptibles, du moins l’espérons-nous, d’éviter les écueils d’un buzz artificiellement monté par des médias traditionnels en mal de sensationnalisme.

Néanmoins, le monde change et le web mute. A l’heure des réseaux sociaux instantanés et de YouTube, de Spotify et de Soundcloud, reste-t-il encore une place pour le webzinat ou bien celui-ci est-il condamné à sombrer corps et bien comme l’ont fait les plateformes musicales émergentes des années 2000, MySpace et Last.fm en tête ? La question se pose, mais nous sommes prêts à relever le défi. Alors que nous commençons à peine à nous habituer à l’interface de notre toute nouvelle V4, nous nous sentons l’envie de voir plus loin. De vous offrir plus de critiques et de les mettre en ligne plus rapidement sans pour autant devoir rogner sur la qualité des articles. D’enrichir notre rubrique Actualités pour pouvoir balayer un spectre plus large de genres et de groupes, de couvrir plus de concerts, de festivals, de rencontrer plus de groupes, de monter plus de dossiers. De sorte qu’en fin de compte nous puissions transmettre cette passion qui nous anime au plus grand nombre et que vous, lecteurs, puissiez vous retrouver en nous au travers de cette diversité. C’est en partie la raison pour laquelle nous allons lancer une campagne pour engager de nouvelles plumes, car malgré l’énergie qui anime actuellement la rédaction, nous ne pourrons accomplir ce chantier sans un minimum de sang neuf. Albumrock a besoin de vous, alors n’hésitez pas à venir tenter l’expérience et à vous rendre sur notre page de recrutement.

Sur ce, comme énoncé en préambule, mars pointe le bout de son nez, et déjà les grosses sorties se profilent. Noel Gallagher, encore lui, Steven Wilson, encore lui, The Prodigy, Modest Mouse de retour après sept ans de silence, Death Cab For Cutie. The Cribs et Of Montreal, Sufjan Stevens et Idlewild. Et bien d’autres. Face à ces nombreux événements, les rédacteurs d’Albumrock affûtent leur stylo et se préparent à couvrir du mieux possible le macrocosme du rock n’ roll. Animés par une passion toujours intacte.

Nicolas

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Opeth


In Cauda Venenum


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De parangon du death-metal suédois à inclinaisons progressives, Opeth est passé en moins de dix ans à coqueluche du monde progressif tout court avec ses albums mélodiques et techniques typés 70’s. Gloire permise aussi par une esthétique affirmée ; il y a bel et bien un « son » Opeth qui est né depuis Heritage(comme il y a avait une identité claire dans la première période du groupe), et celui-ci n’est pas du tout renié dans ce nouvel opus tant attendu. En effet, In Cauda Venenum est dans la claire lignée des albums précédents, dont le dernier en date était le chef-d’œuvre Sorceress aux qualités exceptionnelles. 

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