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Billet Albumrock

Edito Avril 2015 : où l'on reparle de cette sacré foutue ligne rédactionnelle...


Nicolas, le 31/03/2015

L’autre jour, alors que je feuilletais chez le buraliste une revue spécialisée dont le nom commence par "Rock" et se termine par "Folk", quelle n’a pas été ma surprise de constater la présence, en complément de la traditionnelle catégorie des critiques d’albums "pop rock", une rubrique "classic rock" dans laquelle, au beau milieu des avis sur les derniers émoluments de Ringo Starr et autres Mark Knopfler, pointaient des personnalités comme Peter Hamill et, plus étonnant encore, Steven Wilson. Passons sur l’idée que Hand.Cannot.Erase soit considéré comme un album de Classic Rock - The Raven That Refused To Sing, oui, à la rigueur, mais certainement pas ce petit dernier - et que le gros mot "progressif" ne soit pas une seule fois mentionné dans le billet afférent, car l’essentiel est ailleurs : découvrir une critique de Steven Wilson, et une bonne, là-dessus, à quelques pages d’un dossier concocté par Patrick Eudeline ou d’une diatribe de Nicolas Ungemuth, aurait relevé il y a quelques années encore de la science fiction pure et simple. Loin de moi l’idée de vouloir embrayer sur un laïus pontifiant ayant trait à l’ouverture d’esprit et autres "il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis" (personnellement, je connais un sacré paquet d'imbéciles qui changent d'avis comme de chaussettes), mais on ne peut que constater par l’absurde qu’il est de nos jours difficile de s’arc-bouter sur une ligne rédactionnelle coincée entre le triumvirat Stooges - Ramones - MC5, même si ledit vecteur se voit temporellement élargi sur un spectre allant des Stones aux Strokes, voire jusqu’à Ty Segall, dernière coqueluche en date de la bande à Manoeuvre. En clair, puisqu’il est de notoriété publique que le rock est en crise, même si personne n’ose vraiment l’avouer, il n’est pas illogique de camper sur des positions (un peu) plus éclectiques et de ne pas se ranger derrière un dogmatisme d’arrière-garde somme toute stérile. Peut-être le petit monde étriqué de la critique rock est-il véritablement en train d’amorcer sa mutation, et il serait grand temps.

 

 

La segmentation des genres n’est pas un concept nouveau, se réclamant tout autant d’un besoin de personnalisation, d’appropriation voire de communautarisation. Elle peut être le fait des musiciens eux-mêmes - l’exemple du metal s’avérant on ne peut plus caractéristique de cette tendance autarcique - ou des auditeurs qui, et c’est bien compréhensible, n’ont pas forcément le temps ni l’envie d’aller écouter tout et n’importe quoi dans l’hypothèse improbable de tomber par hasard sur une pépite tombée du ciel. N’empêche qu’il est souvent commode de se placer soi-même des oeillères, ce qui nous évite d’avoir à trop chercher ou réfléchir même si, souvent, nous risquons de passer à côté de belles découvertes. Cette segmentation peut également être le fait des journalistes eux-mêmes, par soucis de pragmatisme et d’un besoin de cases bien libellées et convenablement répertoriées, ou par pure idéologie. A ce titre, l’exposition ostensible d’une galaxie au détriment d’une autre semble tout aussi stérile et délétère que la mise au ban d’une frange musicale donnée. Si un même groupe est capable de réaliser des chefs d’oeuvres tout autant que des bouillons auditifs, cf Pink Floyd et Black Sabbath entre autres exemples tout aussi dissemblables que caricaturaux, il est de facto tout aussi erroné d’affirmer sentencieusement qu’un genre ou qu’un sous-genre donné en surpasse un autre. Il est vrai que bon nombre de rock critics historiques ont souvent adoré jouer les flingueurs de tendance à tout va et qu’un papier de Lester Bangs, sans ses parti pris tranchés, aurait eu une toute autre saveur, mais la terre continue à tourner sans que ces querelles de clocher n’y changent quoi que ce soit, et comme le dit l’adage, "It’s only rock n’ roll". So what’s the fuck up ?

 

 

Depuis la création d’Albumrock, nous n’avons eu de cesse de défendre l’idée d’un rock pluraliste, sans le restreindre à une catégorie soi-disant supérieure à une autre, et nous avons souhaité vous le faire partager au sens large, c’est-à-dire affublé de tous les épithètes possibles, alt, indie, pop, folk, garage, punk, hard, lo-fi, prog, funk, power, art, électro, kraut, stoner, psyché, blues, jazz et tout ce qui s’en suit. Des nouveautés aux Classic, des 50's au 10'th, des States à l’Hexagone, de l’intimisme au death metal, avec tous les intermédiaires possibles. Il ne s’agit pas d’affirmer que nous aimons tous la même chose et que, par extension, nous apprécions tous les styles de rock, nous prétendant ainsi être les dispensateurs d’une bien-pensance omnipotente, d’une espèce de relativisme musical mou du genou visant à adouber tout et n’importe quoi qui se réclamerait d’une musique populaire égrenée sur guitare électrique. Moi-même, j’avoue avoir beaucoup de mal avec les Stooges (du moins avec leurs albums… sur scène, c’est autre chose), avec Marilyn Manson ou, dans un tout autre registre, avec Kasabian. Maxime abhorre Muse. Pierre abomine Queen. Ce qui ne vous empêchera pas de trouver dans nos pages un dossier tout ce qu’il y a de plus passionnant sur Iggy et ses potes ainsi que des critiques qui vous feront l’éloge de la team Meighan - Pizzorno. Ce qui ne nous empêchera pas non plus de vous préparer dans les semaines à venir une petite rétrospective sur Muse de manière à accompagner la sortie de Drones, une annonce qui vous a fait beaucoup réagir sur Facebook. Et on ne peut qu’espérer voir fleurir sur le site d’autres avis moins radicaux sur Queen. Qui sait, un rédacteur aura peut-être envie de vous faire découvrir un jour A Night at the Opera ? En définitive, il nous arrive, bien évidemment, d’avoir envie de pousser quelques coups de gueule de temps à autres, et soyez certain que nous ne nous priverons pas de dire tout le mal que nous pensons d’un album si tant est que celui-ci, pour quelque raison que ce soit (et en toute subjectivité), le mérite. Néanmoins, nous nous refuserons toujours, toujours, à restreindre notre feuille de route rédactionnelle au prétexte que telle ou telle chapelle du rock n’ roll ne mériterait pas qu’on lui accorde une visite. Telle est la ligne éditoriale que nous avons toujours défendue et, aussi difficile soit-elle à maintenir, aussi déroutante peut-elle parfois être pour vous autres lecteurs, nous nous y tiendrons, contre vents et marées.

 

 

Et par extension, si l’on s’en réfère au développement ci-dessus, vous trouvez peut-être que nous n’abordons pas suffisamment tel genre ou tel groupe en particulier dans nos pages. A la lumière de ce qui précède, vous comprendrez bien qu’il ne s’agit pas d’omissions volontaires, mais bel et bien d’omissions par défaut, par manque de temps, d’énergie. Par manque d’effectif, aussi. Et j’en profite encore pour rebondir sur le chantier qui nous occupe actuellement. Vous aimez le rock, vous savez écrire et vous trouvez que l’on n’accorde pas assez d’importance à des formations ou à des styles qui, pourtant, remportent tous vos suffrages ? Qu’à cela ne tienne : engagez-vous, la rédaction est toute prête à vous ouvrir ses portes. Nous avons d’ailleurs une liste de parents pauvres à vous soumettre puisque nous n’avons pas eu l’opportunité, sur les 6 derniers mois, de vous parler notamment des sorties de The Flaming Lips, Neil Young, Machine Head, Savages, TV on the Radio, Adrien Gallo, Détroit, Forever Pavot, Ariel Pink, Panda Bear, The Wombats, Belle and Sebastian, Mademoiselle K, The Phantom Band, The Dodos, Pond, Sleater-Kinney, Waterboys, Simian Ghost, Asaf Avidan, Bjork, Bob Dylan, Danko Jones, Gang of Four, The Answer, Black Rainbows, Toto, The Go! Team, The Cribs, Jimi Hendrix, Ride, Scott Weiland & the Wildabouts, The Kooks, The Vines, Tricky, Karen O, Nick Oliveri, The Do, The Drums, The Vaselines, Christopher Owens, Allah-Las, Electric Wizard, Thom Yorke, The Asteroids, Kele, Johnny Marr, Mark Lanegan Band, Cold War Kids, The Ting Tings, Billy Idol, Les Wampas, Jean-Louis Murat, Baxter Dury, U2, Natas Loves You, Rancid, The Datsuns, The Love Me Nots, Enter Shikari ou encore Rich Aucoin. Et ils sont encore nombreux à ne pas avoir été traités par chez nous. Comme vous le constatez, la ligne éditoriale d’Albumrock est vaste, et il y a assez de turbin pour tout le monde. Alors si vous souhaitez nous rejoindre, la balle est dans votre camp. De notre côté, nous retournons à nos platines et à nos stylos, et même si nous n’avons pas l’outrecuidance de prétendre à traiter toutes les prochaines nouveautés, attendez-vous à quelques belles choses d’ici les prochaines semaines. N’en disons pas plus pour le moment.

Prochain édito au mois de mai, et d’ici là, keep rocking, dudes.

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Opeth


In Cauda Venenum


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De parangon du death-metal suédois à inclinaisons progressives, Opeth est passé en moins de dix ans à coqueluche du monde progressif tout court avec ses albums mélodiques et techniques typés 70’s. Gloire permise aussi par une esthétique affirmée ; il y a bel et bien un « son » Opeth qui est né depuis Heritage(comme il y a avait une identité claire dans la première période du groupe), et celui-ci n’est pas du tout renié dans ce nouvel opus tant attendu. En effet, In Cauda Venenum est dans la claire lignée des albums précédents, dont le dernier en date était le chef-d’œuvre Sorceress aux qualités exceptionnelles. 

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