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Critique d'album

Muse


Absolution


(22/09/2003 - A&E - Evo rock - Genre : Rock)
Produit par Rich Costey, John Cornfield, Muse, Paul Reeve

1- Intro / 2- Apocalypse Please / 3- Time Is Running Out / 4- Sing for Absolution / 5- Stockholm Syndrome / 6- Falling Away With You / 7- Interlude / 8- Hysteria / 9- Blackout / 10- Butterflies and Hurricanes / 11- The Small Print / 12- Endlessly / 13- Thoughts of a Dying Atheist / 14- Ruled by Secrecy
Note de 4/5
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Note de 3.0/5 pour cet album
"Un album charnière en demi-teinte."
Mathilde, le 01/06/2015
( mots)

Absolution est absolument un album charnière. On avait laissé Muse sur des guitares hardos-metalos avec Showbiz et Origin of Symmetry - album parfaitement déchainé et sidéran t- coiffés par un live plein de bon sens et de bonnes faces B en le disque mutant d’Hullabaloo. Muse avait énervé certains, en avait fasciné d’autres. Muse avait été comparé à Radiohead. Mais Muse avait surpris, secoué la Grande-Bretagne, et très vite séduit les Français. Le moteur incontesté du groupe ? Matthew Bellamy, frontman/guitariste/claviériste venu d’un autre monde aux ambitions interstellaires, aux croyances mystiques et à l’ego bien gonflé. Toujours suivi docilement par ses acolytes, ses petites mains, au demeurant fort douées aussi dans leur domaine (Dom à la batterie, Chris à la basse), la structure de Muse se voulait restreinte en nombre et brute, directe, sous forme de contestation d’ados revanchards qui voulaient foutre le feu à leur ville balnéaire et ennuyeuse du Devon. Un trio qui un jour a choisi le rock plutôt que les drogues (ça c’est pour la légende), et on ne peut au fond que les en remercier.


Fort de son succès dans l’hexagone et un peu partout en Europe, Muse a voulu gagner du terrain. Loin de se contenter de ses groupuscules de fans qui savaient tenir en ce groupe un petit bout de sacré, les anglais ont été pris d’une ambition-ite aigüe et Absolution fut le premier pas vers leur conquête mondiale. Epaulés par le producteur Rich Costey (poto entre autres de Madonna), le groupe a voulu marquer les esprits en traçant un sillon mi-calibré, mi-"je me tape la cloche côté instrumental". En effet, on retrouve sur Absolution un condensé de hits FM et de dérives sonores plus ou moins fameuses. Un album en somme sous forme de "j’ai deux nouvelles, une bonne et une mauvaise : je vais commencer par la bonne".

La bonne donc, c’est qu’il y a sur Absolution des saillies bien senties. On y retrouve l’empreinte heavy du groupe qui finalement puise sa signature dans une urgence emphatique, avec "Stockholm Syndrom", titre saturé de riffs démonstratifs qui fusent de la guitare traficotée de Bellamy. De la batterie rageuse, des envolées lyriques, Matthew en fait des caisses sur ce titre, et c’est pour ça qu’on l’aime, tant que ça reste un peu sale et spontané. "Hysteria" est du même acabit et permet aux fans de la première heure de s’y retrouver avec un refrain entêtant d’enfant capricieux "Give me your heart and your soul". Pas mal aussi "The Small Print" et sa construction en escalier, ses sections qui font leur entrée les une après les autres. Le refrain est bien fat, le son virevolte autant que les plis vocaux de Matthew. Ça parle de cimetière sur fond d’overdrive ("and be my slave to the grave") et de tous ces délires surnaturels chers au groupe. "Thoughts of a Dying Atheist", pareil, bonne idée les gars, la peur de la mort et les questionnements métaphysiques, ça c’est votre créneau et ça fonctionne. Même le hit "Time Is Running Out" n’est pas si dégueu : expéditif et sans temps morts, il groove autant qu’il interroge sur le "Tempus fugit".


Le coup des instruments version musique classique, jamais autant investis, participe aussi à la bonne nouvelle de l’église évangébellamiste. Pour se faire remarquer, il faut taper fort et c’est ce qu’a fait le groupe, à grands renforts de percussions. Dès l’intro, on est happés par une sourde marche militaire. Clap clap, boum boum, tik tik, tout y passe. Que ce soit avec leurs mains ("Time Is Running Out"), leurs pieds, un djembé ("Falling Away With You") ou des grosses caisses dans une piscine ("Apocalypse Please"), Muse secoue bien la carrosserie et utilise les rythmes pour les effet-iser ensuite.  Le but  étant de gonfler la berlingue comme à leur habitude mais avec une tournure davantage dramatique, menaçante mais séduisante, soutenue par un piano arpégique au possible comme l’aime miaou Matthew. De son Steinway & Sons, le Bellamy plaque les accords sur bon nombre de titres, penche vers les compositeurs slaves qu’il affectionne tant – Dvorák en tête - pour teinter le délire de quasi-space opera. Bon davantage sur le papier et dans les souhaits de l’artiste qu’en réalité, but still. Qui dit  musique classique d’ailleurs, dit violon qui décroche la troisième marche du podium dans les instruments chouchous d’Absolution ("Blackout") après la guitare lumineuse aussi allumée donc que son propriétaire.

Et maintenant, le pendant négatif d’Absolution : le calibrage gnangnan en puissance. S’il y a bien une chanson qui signe la lente décroissance de Muse vers les hits pénibles et dénués d’identité c’est "Sing for Absolution". L’incompréhension. Qu’est ce que cette complainte, bateau ivre qui cherche son phare, à grands coups de reverb indigeste ? Les chansons d’amour tournent vite aux complaintes doucereuses et trop sucrées quand elles n’ont pas d’âme, pas de socle. Et c’est pas la peine de foutre une grosse guitare saturée au moment du pont, ce n’est qu’un coup d’épée dans l’eau (de mer) et c’est de toutes façons déjà trop tard pour rattraper le coup (de mou). "Falling Away With You" est sa jumelle, tout aussi aseptisée. Matthew please arrête avec les chansons de love love, elles ne te vont pas (déjà "Unintended" c’était pas fameux).


Dans le genre what the fuck, se pose aussi "Butterflies and Hurricanes" qui a le mérite d’officier singulièrement  du côté des leçons de morale façon chanson de comédie musicale (Matthew va y venir à force) à reprendre en cœur, avec son texte vibrant et usé jusqu’à la corde de tu-sais-gamin-il-faut-saisir-ta-chance "beeeeeeeeeeeest you’ve got to be the beeeeeeest, you’ve got to change the wooorld". Très attractif pour un temps, le morceau devient vite inintéressant dans l’écoute individuelle, et même si plutôt fédérateur face à un large public, il est un oiseau de mauvais augure. Et puis les paroles de certaines chansons sont sur la pente raide aussi. C’est le début d’une paranoïa mi pertinente, mi relou de méfiance envers les gouvernements et pouvoirs en place . Le thème de la série chouchou de Matthew, Le Prisonnier ("je ne suis pas un numéro..."), est grossiérisé et atteint son point d’orgue sur "Ruled by Secrecy", tiré d’un livre du même nom et traitant justement de suspicions pas rassurantes quant à nos dirigeants. Pas rassurant pour les fans de la première heure non plus, ils ne se satisferont que d’une partie de l’album. Et iront pleurer l’autre.

Beaucoup de bruit pour rien ? Eh bien oui et non. En bon album de transition, Absolution a ses coups de génie et ses moments d’égarement. Une fois le public américain conquis, jouer sur Mars devient l’autre grand rêve de Bellamy. C’est l’escalade vers le too much, les idées grandiloquentes et les squattages de stades. Après la performance d'Origin Of Symmetry qui avait réussi à synthétiser le meilleur de l'urgence mégalomaniaque de Muse, c'est un peu la douche froide. Absolution, le pardon peut-être anticipé d’un groupe dont les productions qui suivront seront de plus en plus décevantes. C’est donc avec une touche mi-enthousiaste mi-amère que s’achève l’écoute d’un album qui présage un grand nettoyage à coup d’eau de javel des idées de base du groupe. De quoi songer à changer d'église et de curé...

Note de 3.5/5
Matthew Bellamy assume ici totalement la grandiloquence déjà évoquée sur Showbiz et Origin of Symmetry et propose un troisième opus plus riche et plus éclectique... et immanquablement moins homogène que ses illustres prédécesseurs. On ne boudera pas notre plaisir pour autant, l'ensemble demeurant tout à fait honorable.
Note de 2.5/5
Muse assume un penchant pop beaucoup plus prononcé. Le piano de Matthew Bellamy porte cet album décevant et inégal aux confins d'un glam rock conceptuel peu revigorant. Si "Hysteria" et "Stockholm Syndrome" sont des hymnes en puissance, bien destinés à faire vrombir les stades et sauter les foules, le reste paraît bien faiblard en comparaison. Déception immense après le superbe Origin of Symmetry, Absolution est un semi-échec dans la mesure ou l'efficacité mélodique du trio continue d'opérer malgré tout. Mais pour combien de temps ?
Note de 3.5/5
Showbiz posait les bases instrumentales et techniques du rock lyrique musesque, Origin of Symmetry s'émancipait de l'influence de Radiohead et entérinait une personnalité musicale, Absolution parachève la mutation de Muse en initiant les thématiques grandiloquentes et les métaphores guerrières chère à Matthew Bellamy. Néanmoins, ce troisième disque commence à marquer le pas : le trio semble écartelé entre tentation mainstream radiodiffusable ("Time is Running Out") et concept album fallacieux, tout en allant explorer plus de nuances dans ses compositions. Il n'en reste pas moins un disque solide, riche et délivré avec une virtuosité et une énergie intactes. La suite de la discographie de Muse sera nettement moins bonne.
Commentaires
Rhapsodie, le 01/04/2017 à 15:37
C'est peut-être l'album le plus perfectionné et sombre d'un groupe qui est indéniablement hypertalentueux. Muse semble se construire un monde obscure dans lequel on évolue, tout au long de l'album. En effet, tout au long du voyage, les rappels rythmiques, mélodiques surviennent, reviennent, mais on progresse dans les idées saugrenues soutenues par Muse, d'un son basique trio guitare basse batterie... à une masse orchestrale. Et Muse est l'un des rares groupe à pouvoir supporter leur grandeur sonore, car elle est le fruit de leur soif d'imagination, et les membres ont les facilitées requises. Toutefois, c'est album qui clôture la fin d'une recherche d'équilibre dans la sonorité du groupe...
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