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Critique d'album

Wobbler


Hinterland


(06/09/2005 - Pancromatic - Rock Progressif - Genre : Rock)
Produit par

1- Serenade For 1652 / 2- Hinterland / 3- Rubato Industry / 4- Clair Obscur
Note de 4/5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"Wobbler nous invite à creuser dans les strates musicales pour un album riche et référencé. "
François, le 25/04/2020
( mots)

Si l’on s’intéresse avec insistance à l’histoire de rock, de ses soubassements à son actualité, il semble que la démarche historique en tant qu’elle est ordonnée par une succession de moments – une portée chronologique – est utile mais rapidement limitée. Evidemment, connaître cette histoire musicale en général, celle d’un groupe en particulier, permet de comprendre les évolutions, les influences, les contextes et les appréciations esthétiques qui en découlent. Mais avec le temps, notamment depuis la fin du règne de rock dans la gamme des musiques populaires – et surtout auprès des diffuseurs radiophoniques -, les groupes continuent d’espérer le succès mais sont de nouveau amenés à explorer les possibilités offertes par cette musique, quitte à redécouvrir les orientations de leurs prédécesseurs (notamment ceux des 1970’s). Ainsi, l’amateur se retrouve face à des groupes qui puisent dans le passé, y apportent des nouveautés, et toute perspective chronologique devient peu à peu superflue, si ce n’est pour ordonner sur une frise les formations. C’est tout l’esprit de ce qu’on appelle les "revival". 


Proposons une solution : sans avoir l’immodestie de se réclamer de Foucault, imaginons une archéologie du rock, en regardant les strates qui se sont superposées pour amener à la naissance de tel album, plutôt qu’une longue histoire d’une musique dont de nombreux événements n’ont eu aucune influence. Le premier album de Wobbler, Hinterland, sorti en 2005, est un parfait champ d’étude. 


Wobbler est un groupe norvégien de rock progressif, très inspiré par les années 1970 et la grande époque du genre. Non seulement le soin apporté à la pochette (magnifique) nous le rappelle, mais l’instrumentation apporte également aux oreilles les meilleurs sonorités de ces belles années. C’est surtout au niveau des claviers puisque minimoog et autres orgue Hammond et mellotron sont de la partie. De plus, de nombreux invités viennent apporter une riche touche acoustique, dont nous voulons soulever le poids de la flûte, instrument phare du rock progressif des débuts. 


Dans ce premier essai, Wobbler peut paraître trop audacieux. Il n’y a que trois titres (quatre en fait, mais le premier est une très courte introduction de moins d’une minute), tous dépassant les dix minutes, et le morceau éponyme atteint près d’une demi-heure. C’est sur celui-ci que nous nous arrêterons, car l’intégralité de l’œuvre est dans le même esprit et d’une grande cohérence stylistique. C’est en effet un rock progressif relativement exigeant, dans le sillon de la scène scandinave des années 1990 (hors Flower Kings). Si nous commençons notre démarche archéologique, nous dirions que c’est la strate la plus en surface, celle où l’on trouve Anglagard par exemple. 


Alors creusons. L’introduction, riche en claviers, mariant complexité rythmique, vitesse, et mélodicité, lorgne immédiatement du côté d’Emerson Lake & Palmer, période Tarkus. Puis vient la basse, ronde et bavarde, comme pouvait la laisser s’exprimer Chris Squire. Yes réapparaît dans nos esprits le temps de quelques lignes de guitare baroque, ou de passages de claviers solaires. La forte présence de la flûte, bien qu’on ait pu penser à [g]Jethro Tull[[/g], est, dans son alliance avec les pianos, davantage inscrite dans le courant italien du genre (PFM et autres). Et il y a quelques moments de grâces qui évoquent aisément les premiers King Crimson, quitte à citer de courts passages ou de poser l’atmosphère d’ "In the court…". Enfin, lorsque tout le groupe se met à chanter en canon, avec des mélodies décalées entre les instruments, on se retrouve dans l’univers médiéval de Gentle Giant. Vers 13 minutes, le chant finalement peu présent, navigue entre Camel et le roi pourpre précédemment évoqué. Enfin, si vraiment nous souhaitons aller jusqu’à l’utilisation du carbone 14, on signalera vers 17 minutes une réminiscence de Steamhammer ("Penumbra"). 


Vous voyez, pour décrypter et analyser ce morceau, la démarche par strates est particulièrement efficace : que nous apprendrait ici le passage par la NWOBHM des années 1980 ou le Grunge des années 1990, grands moments de l’histoire du rock ? Rien. Alors que si nous imaginons une succession de couches musicales, nous nous y retrouvons plus aisément, avec cet album au sommet de la superposition imaginée. 


Car il faudrait ajouter qu’au-dessus de cette succession de terre plus ou moins ancienne, il y a la musique de Wobbler. Certes, elle est très référencée, mais elle possède également ses petites originalités, du chant à la forte présence de guitare acoustique. Surtout, elle est brillamment composée et interprétée. Un seul défaut, plus important qu’il n’y paraît, Hinterland est trop copieux : si les deux derniers morceaux sont très bons (notamment l’épique "Rubato Industry"), il faut s’accrocher pour avaler une musique si dense pendant presqu’une heure. Mais ça en vaut la peine. 


 

Commentaires
launis60, le 26/04/2020 à 10:31
Chronique aussi complexe à lire (j'ai du m'y reprendre à 2/3 fois pour embrayer !), que ce groupe semblait inaccessible à écouter pour moi. Puis j'ai réussi à attraper le fil conducteur et j'me suis laissé séduire par l'écoute. Maintenant tout s'éclaire, mais ça reste le RockPtog que je n'écoute plus aujourd'hui...car trop Prog pour moi !. Il y a cependant de belles phases musicales. Le Néo-Prog de leur compatriotes d'Airbag me convient mieux.