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Critique d'album

Willy DeVille


Collected 1976-2009


(03/03/2015 - Universal - R&B, Soul, Blues, Cajun etc... - Genre : Rock)
Produit par Willy DeVille

1- Spanish Stroll / 2- Mixed Up, Shook Up Girl / 3- Cadillac Walk / 4- Little Girl / 5- Just Your Friends / 6- Guardian Angel / 7- Soul Twist / 8- Mazurka / 9- Savoir Faire / 10- This Must Be the Night / 11- Just to Walk That Little Girl Home / 12- Heaven Stood Still / 13- Love & Emotion / 14- Maybe Tomorrow / 15- You Better Move On / 16- Demasiado Corazon (Too Much Heart) / 17- Each Word's a Beat of My Heart / 18- Stand by Me / 19- Italian Shoes / 20- I Must Be Dreaming / 21- In the Heart of the City / 1- Miracle / 2- Storybook Love / 3- Assassin of Love / 4- Hello My Lover / 5- Beating Like a Tom-Tom / 6- Hey Joe / 7- Even While I Sleep / 8- I Call Your Name / 9- Voodoo Charm / 10- Still (I Love You Still) / 11- Gypsy Deck of Hearts / 12- Across the Borderline / 13- Lay Me Down Easy / 14- The Downing of the Flamingo / 15- (Don't Want You) Hanging 'Round My Door / 16- Come a Little Bit Closer / 17- Right There, Right Then / 18- I Remember the First Time / 19- When I Get Home / 1- Carmalita (Live in Stockholm) / 2- Let It Be Me (Live in Berlin) / 3- You'll Never Know / 4- Cuentame Un Cuento (Spanglish Version) / 5- Who's Gonna Shoe Your Pretty Little Foot / 6- Pullin' My String / 7- It's So Easy / 8- Heat of the Moment / 9- I Call Your Name (Original recording) / 10- Pride and Joy / 11- Dust My Broom / 12- Assassin of Love (Extended version) / 13- Italian Shoes (Remix) / 14- I Must Be Dreaming (Remix) / 15- Hard Time (2 Meter Session 1987) / 16- Well It's True, So True (2 Meter Session 1987) / 17- I'm in the Mood (2 Meter Session 1992) / 18- Early Morning Blues (2 Meter Session 1992) / 19- Who's Gonna Shoe Your Pretty Little Foot (2 Meter Session 1992)
Note de 5/5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"Retour non exhaustif sur la carrière d'un dandy rock à la voix hors du commun !"
Marc, le 11/06/2015
( mots)

Willy DeVille, grand escogriffe aux fêlures apparentes, à la gueule taillée par les amours passionnelles et à la voix cassée dans du velours, fut un artiste hors du commun dont le parcours, aussi inclassable que sinueux, valait amplement ce Collected 1976-2009 et cette reconnaissance tardive rendue ici par Albumrock. En 33 années de carrière et 13 albums studio, ce suprême dandy rock aux poses de crooner n'aura eu de cesse de faire et de se défaire avec ses tourments (une longue addiction à l'héroïne aura malheureusement raison de lui) et ses multiples inspirations musicales, n'en déplaise aux maisons de disques qui n'ont jamais réussi à le dompter.


Mink DeVille : CD 1


On le découvre musicalement au milieu des fumées du mythique CBGB's au coeur des années 70, la scène punk new-yorkaise est à son zénith, Willy est le chanteur guitariste d'un groupe improbable qui se nomme Mink DeVille. Il délivre avec Cabretta (1977) un premier album au son rock latino avec de fortes tonalités de cuivres, de blues et de musique cajun. Collected suit la chronologie du groupe avec le premier single qui en est issu : "Spanish Stroll". Le célèbre Jack Nitzche est à la production, le non moins connu Steve Douglas est au saxophone, entre autres. Avec la plus rock 'n' roll, "Cadillac Walk", et la romantique "Little Girl", Willy fait déjà entendre toute l'étendue de la gamme musicale qu'il va parcourir et aiguise son storytelling hors pair. Les cuivres, l'harmonica et les castagnettes de "Just Your Friends" ne changent pas l'atmosphère rencontrée dans l'album Return to Magenta l'année suivante.


La musique de Mink DeVille commence donc à se faire entendre aux États-Unis mais Willy n'en a cure et va chanter son amour de Paris et témoigner son admiration pour Edith Piaf en enregistrant Le Chat Bleu dans notre capitale en 1980. Un rêve devenu réalité qui va rencontrer un vif succès en Europe alors que Capitol, sa maison de disque, juge cet album trop avant-gardiste. Il ne sortira aux États-Unis que bien plus tard, dans l'anonymat. De "Savoir Faire", pourtant très américain, à "Heaven Stood Still", une extraordinaire chanson piano-cordes qui peut tirer les larmes à n'importe quelle âme sensible, il n'y a rien à redire. Mais l'accordéon entendu dans "Just to Walk That Little Girl Home", tout comme les airs de French cabaret et les arrangements de cordes signés Jean-Claude Petit étonnent. Les critiques, elles, seront conquises.


Ses problèmes de groupe, de drogues, de manager et de maison de disques ne lui porteront pourtant pas le Coup de Grâce (1981) tant redouté. Willy entre de plein pied dans les années 80 avec un opus très Springsteenien ("Love & Emotion"). Le bonhomme est toujours aussi déroutant, la salsa de "Demasiado Corazon" le prouve dans Where Angels Fear to Tread (1983), avant que la superbe reprise de "Stand by Me" ne le fasse connaître à un plus grand nombre. La très eighties "Italian Shoes", synthétiseur oblige, vient ensuite conclure en ultime contre-pied le premier pan de la vie créatrice de Willy en sonnant la fin de Mink DeVille avec Sportin' Life (1985).


Willy DeVille : CD 2


"Miracle" marque le début d'une nouvelle ère pour Willy DeVille : il l'entame à Londres sous son propre nom en 1987, avec Mark Knopfler, fan déclaré depuis le début, à la production et à la guitare. "Storybook Love", retenu comme thème principal du film The Princess Bride est nommé aux Oscars. Le monde en est désormais convaincu, Willy DeVille peut chanter des ballades pop avec autant de classe qu'un Bryan Ferry. Si la chanson ne remporte pas la statuette en or, Victory Mixture (1990) sait rendre gloire à la musique made in New Orleans. Willy DeVille a quitté New York et fréquente les bords du Mississippi depuis deux ans déjà. Un retour aux sources de la musique américaine avec une collection de standards des années 50 et 60, enregistrés dans les conditions de l'époque avec les plus grandes légendes de la ville : Dr John, Eddie Bo ou Allen Toussaint. Des chansons si magnifiquement intemporelles ("Hello My Lover", "Beating Like a Tom-Tom", etc...) que l'album, distribué par le label français Sky Ranch, sera vendu à plus de 100 000 exemplaires en quelques semaines en Europe !


La reconnaissance artistique venue et l'aisance financière allant avec, de Backstreets of Desire (1992), sorti par la Fnac Music en Europe (seulement deux ans plus tard aux États-Unis...) on retiendra bien évidemment et avant tout la nouvelle vie donnée au standard de Jimi Hendrix, "Hey Joe", une piquante reprise à la sauce mariachi. Los Lobos et Zachary Richard font notamment partie de cette aventure réalisée à Los Angeles, où la voix de Willy peut tout aussi bien se rapprocher de celle du Boss que de celle d'un Bowie première époque. Loup Garou (1995), encore un opus ayant un titre en français, grouille d'une musique cajun et mariachi encore plus affirmée. Dans Horse of a Different Colour (1999), Willy DeVille s'attaque cette fois à quelques reprises de la musique noire américaine mais aussi à un succès de Ry Cooder ("Across the Borderline") sans perdre une once de sa personnalité. Autrement dit, personne ou presque n'a cette gamme et cette profondeur dans l'interprétation, peu importent les styles qu'il embrasse, sa poésie ciselée parcourt l'ensemble de ses histoires d'amour, de ces instants de vie plus ou moins tragiques. Reprises ou pas, tout ce que chante Willy DeVille a l'air authentique.


Quetzal, un groupe de rock chicano l'accompagne dans Crow Jane Alley (2004). DeVille continue d'y exceller en exécutant de nouveaux tours de prestidigitation avec de vieux morceaux ("Come a Little Bit Closer", "Slave to Love"). "Je voulais que cet album sonne comme un vieux film de cow-boys", Pistola (2008) retentit bien le jour de mardi gras parmi les pétards de la Nouvelle Orléans. "I Remember the First Time", "When I Get Home", résonnent une dernière fois dans la voix de Willy DeVille. Il signe là l'un de ses plus touchants opus, le dernier, sans aucun doute le plus proche de lui. Tel un cow-boy solitaire il nous quittera l'année suivante, à 58 ans, suite à un cancer du pancréas. Tel qu'il l'espérait : "avec un son prenant, juste comme les gens doivent recevoir la musique".


Collected 1976-2009 n'est sans doute pas l'album de référence pour éprouver tout le talent de Willy DeVille mais il a au moins le mérite de nous le rappeler et de vous mettre sur la bonne voie si vous voulez approfondir l'étendue du personnage à travers tel ou tel opus. Le troisième CD n'a d'ailleurs pour principal intérêt que les morceaux live, notamment les cinq titres acoustiques tirés de deux émissions télévisées néerlandaises enregistrées en 1987 et en 1992, 2 Meter Sessie, où l'on y entend avec ravissement et un regret presqu'éternel que Willy DeVille était aussi un bluesman d'exception.


Plus reconnu en Europe que dans son propre pays tout au long de sa carrière, Willy DeVille a, de façon posthume, reçu les éloges de toute la profession aux États-Unis. Il assurait lui-même qu'il vendrait sans doute plus d'albums une fois disparu. Il ne lui reste plus, comme l'a suggéré Bob Dylan cette année encore, qu'à faire son entrée dans le Rock and Roll Hall of Fame : "Il s'est toujours détaché de la masse, sa voix et son interprétation scénique méritent qu'il y soit". Une possible reconnaissance qui ne devrait pas l'empêcher de se jouer encore de nous, Willy DeVille a toujours eu, à sa façon, un temps d'avance sur son époque...

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Mark Lanegan


Straight Songs Of Sorrow


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A peine 7 mois après la sortie de l’excellent Somebody's knocking , revoilà déjà un nouvel album de Mark Lanegan, Straight songs of sorrow . Si les fidèles du vieux loup américain sont habitués à la régularité stakhanoviste de ses sorties, ce douzième disque solo (le sixième en 8 ans) revêt un caractère particulier, car il parait conjointement à son autobiographie, sortie aux Etats-Unis sous le nom de "Sing Backwards and Weep".

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