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Critique d'album

U2


Songs Of Experience


(01/12/2017 - Interscope - Stadium rock - Genre : Pop Rock)
Produit par Jacknife Lee, Ryan Tedder, Steve Lillywhite, Andy Barlow, Jolyon Thomas, Brent Kutzle, Paul Epworth, Danger Mouse, Declan Gaffney

1- Love Is All We Have Left / 2- Lights of Home / 3- You're the Best Thing About Me / 4- Get Out of Your Own Way / 5- American Soul / 6- Summer of Love / 7- Red Flag Day / 8- The Showman (Little More Better) / 9- The Little Things That Give You Away / 10- Landlady / 11- The Blackout / 12- Love Is Bigger Than Anything in Its Way / 13- 13 (There Is a Light)
Note de 3/5
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Note de 1.5/5 pour cet album
"Moins mauvais que ses deux (trois ?) prédécesseurs, mais est-ce vraiment un critère de qualité ?"
Nicolas, le 16/02/2018
( mots)

“Les éternels pré-retraités du rock ont - malheureusement - encore frappé. Quoi de neuf ici ? La production de Danger Mouse qui, soit dit en passant, peine à se distinguer. Au-delà de l'habituel single à peu près correct que les irlandais parviennent encore à nous pondre à chaque fois - ici "You're The Best Thing About Me" -, on se retrouve avec un album interminable, mou, qui lorgne sur le Coldplay de Mylo Xyloto (c'est dire le niveau) quoique Bono ne parvienne pas à la hauteur vocale de Chris Martin. Pas grand chose à sauver là-dedans... espérons cette fois que ce soit le dernier disque de U2, parce que franchement, ils ternissent de plus en plus leur légende.”


Autant l’avouer sans fard : personne, à la rédaction, n’avait envie de chroniquer cet album, et certainement pas celui qui s’y est finalement collé. Seulement le pauvre malheureux a eu la mauvaise idée d’émettre un avis négatif en Première Écoute (reproduit ci-dessus), et ça, les aficionados n’ont pas aimé. Quoique sans doute y a-t-il d’emblée méprise d’un côté comme de l’autre. Les avis laissés en Première Écoute n’ont pas vocation à remplacer nos critiques standard, on peut même dire que c’est tout le contraire : loin de livrer une appréciation argumentée, elles reflètent une humeur, un jugement sur le vif après une écoute rapide du disque en question, sans approfondissement aucun. Par là-même, elles annoncent aux lecteurs une possible future critique si l’avis est favorable, ou au contraire l’idée que l’album n’a pas du tout plu au rédacteur en question ni retenu son attention, auquel cas qu’il n’y a pas lieu de s’attendre à ce que le propos soit développé en ces pages. Qui serait assez masochiste pour décortiquer attentivement un disque ne soulevant pas a minima un intérêt courtois ? Or l’âpreté - et quelque part la justesse - de certaines réponses à cet avis a incité l’auteur de ces lignes à réagir et à prendre sur lui la mission - quasi surhumaine - d’étoffer son propos. On gage que les fans de U2, coucou à eux, n’y perdront pas au change.


Entreprise passablement pénible aux entournures, mais par certains côtés bénéfiques en ce sens ou un certain degré de mea culpa s’avère nécessaire. À l’évidence, ce n’est pas parce qu’on n’aime pas un disque que l’on peut s’octroyer le droit de raconter tout et n’importe quoi à son sujet. Pour parler concrètement, non, Danger Mouse n’a pas produit cet album, il ne fait qu'apparaitre dans les crédits d’une chanson bonus (“Ordinary Love”). En fait, c’est l’opus précédent, Songs Of Innocence, qu’il a chapeauté. C’était donc une information grossièrement erronée, et de fait les plus plates excuses s’imposent. Sauf que la vérité est autrement plus triviale : renseignements pris, Songs Of Experience a été produit par, et ce n’est pas une blague, Jacknife Lee, Ryan Tedder, Steve Lillywhite, Andy Barlow, Jolyon Thomas, Brent Kutzle, Paul Epworth et Declan Gaffney (et Danger Mouse à la marge, donc). Huit hommes se sont succédé ou associés derrière les consoles, huit. Même Chinese Democracy est battu à plate couture. Preuve s’il en est des sommes d’argent colossales - qui a dit indécentes ? - allouées par les irlandais à leurs émoluments tout comme de leur incapacité flagrante à suivre une ligne directrice cohérente. Oh, ils argueront que beaucoup de choses se sont passées en quatre ans, que Bono a souffert d’un grave accident de vélo à Central Park en 2014, qu’il a vécu une expérience de mort imminente deux ans plus tard, qu’il y a eu le Brexit et l’élection de Trump, que les quatre hommes voulaient sortir le meilleur disque possible, bla bla bla. Le résultat était couru d’avance : un disque sans aucune personnalité, sans aucune cohérence, aussi lisse et convenu qu’un discours d’Anne Hidalgo. Seule la basse d’Adam Clayton parvient à émerger de façon un tant soit peu dynamique de cette savonnette à la lavande, et encore par intermittence. Bono ? Il chante comme il se tartinerait une tranche de brioche au Nutella : avec une délectation aussi gourmande qu’écoeurante. L’entendre minauder sur les “Yooooore, the best fing baout meee” du single éponyme a quelque chose de profondément agaçant, non pas qu’il ait fait mieux sur les quatre disques précédents, cela dit. The Edge ? Soit il nous ressort sa sirupeuse pédale de réverb’, semblant d’ailleurs s’en accommoder aussi paresseusement que de son bonnet noir en acrylique, soit il semble s’ennuyer comme un rat mort perdu à fond de cale sur un esquif voguant sans capitaine à la barre, et ça vaut autant en gratte sèche qu’en électrique. Heureusement - encore une fois - que Clayton porte à bout de bras le titre “rock” de l’album - et on pourrait ajouter une bonne paire de guillemets -, “American Soul”, tellement le guitariste s’enferme dans une partition aussi molle que la délivrance de son chanteur, aussi fade que les paroles sont d’une platitude abyssale. “You and I are, rock n’ roll”... si tu le dis, Bono, mais il n’est pas certain que le “you” s’adresse à tout le monde.


Reconnaissons tout de même à The Edge quelques éclairs de talent. Sur les treize titres et les quelques cinquante minutes que durent l’écoute, plus ou moins éprouvantes selon le degré de tolérance que l’on porte la bande à Bono, deux chansons parviennent à sortir du lot. “Summer Of Love”, parce que oui, la boucle de guitare est très belle… sauf qu’il n’y a que ça, dans cette chanson : une jolie boucle de guitare. Un peu chiche, tout de même. Et “Red Flag Day” qui, à première vue, sonne comme un bon U2, pas très finaud certes mais plutôt chouette et nettement plus tonique que le reste de la galette. Quoique... hé mais, on n’a pas déjà entendu ça quelque part ? Et c’est là que l’on en vient au second mea culpa de cette chronique : non, bien sûr, Songs Of Experience ne doit absolument rien aux arrangements de Coldplay version Mylo Xyloto. Reconnaissons au moins aux irlandais de ne pas être tombés aussi bas que Chris Martin et ses tristes sires. La saillie ci-dessus relève bien plus du troll bête et méchant que d’autre chose. Mais comme dans tout troll qui se respecte, il y a toujours un fond de vérité. Or il fut un temps où les londoniens - tout comme les dublinois - méritaient qu’on les écoute, on pensera en particulier à la période X&Y et plus précisément à un certain “White Shadows”. Alors c’est bien simple : enquillez-vous successivement “White Shadows” et “Red Flag Day”, et tirez-en les conclusions qui s’imposent. Entendons-nous bien : il ne s’agit certainement pas ici de parler de “plagiat”, ce gros mot que les stars ratées ressortent à toutes les sauces dès lors qu’un sursaut d'orgueil mal placé leur dicte de pianoter le numéro de téléphone de leur avocat, mais tout simplement de deux titres grossièrement similaires tant dans l’écriture que dans l’intention, et dont la comparaison tourne sans contestation possible à l’avantage des anglais. On voudrait nous faire croire que “Red Flag Day” est l’un des meilleurs morceaux composés par Bono and co depuis une vingtaine d’année ? C’est dire à quel point U2 est tombé bien bas.


Nul besoin aux oreilles sensibles de pousser plus loin leur découverte de Songs Of Experience : en dehors des quatre morceaux pris en exemple, un bon, un correct, deux supportables qui, bon gré mal gré, passeront encore auprès des audiophiles peu regardants - on fera même grâce à “You’re The Best Thing About Me” de son surdosage en guimauve et de son lamentable pont jeuniste -, il n’y a ici absolument rien à sauver. Rien de rien. Nada. Que pouic. Quand on pense que pour contester l’élection de Donald Trump ou le Brexit, “love is all we have left” et “love is bigger than anything in its way”, eh ben on est franchement mal barré. Déjà, on fait difficilement pire entame que le piètre duo “Love Is All We Have Left” (avec son pathétique vocoder) - “Lights of Home” (amorphe). Par derrière, l’album empile les morceaux mièvres en pilotage automatique, surjouant des poncifs auditifs et textuels les plus éculés. Une accumulation éhontée de truismes dégoulinant de chœurs nigauds (“Get Out Of Your Own Way”, douloureuse repompe de "You're The Best Thing About Me" qui le précède, Kendrick Lamar inside), de ritournelles naïves entonnées avec une candeur imbécile (“The Showman (A Little More Better)”, odieux), de balades lacrymales tellement surjouées qu’on vous met au défi de verser la moindre larme même avec un oignon tranché sous les yeux (“The Little Things That Give You Away” et sa réverb’ horripilante, “Landlady” et son traitement vocal dégoulinant de caramel), de pseudo-hits à dancefloor surannés tentant désespérément de faire jeune (“The Blackout”, d’une pauvreté vertigineuse) et de stadium-ballads aux chorales exaspérantes (“Love Is Bigger…”). Arrêtons là les frais. Si vous n’avez pas acheté Songs Of Experience, par pitié, ne l’achetez pas. On sait bien que le rock n’est pas à la fête en ce moment, mais il y a des disques autrement plus dignes de retenir votre intérêt. Et parce qu’on n’est pas rancuniers et qu’on n’oublie pas que fût un temps U2 a été bon, excellent même, allez plutôt remettre dans votre platine The Joshua Tree, Achtung Baby, Rattle and Hum ou même, soyons fous, Zooropa. Tout, mais pas ça. Pour le coup, on ne changera pas un iota à la dernière phrase de l’avis laissé en Première Écoute il y a quelques semaines de cela : “Pas grand chose à sauver là-dedans... espérons cette fois que ce soit le dernier disque de U2, parce que franchement, ils ternissent de plus en plus leur légende.” Rien à ajouter.

Commentaires
Atef, le 17/02/2018 à 15:38
Songs of innocence était vraiment bon je trouve.
Kerfis, le 17/02/2018 à 13:22
U2? Next
Dragovan, le 16/02/2018 à 08:45
Cela fait bien longtemps que U2 ne fait que de la soupe pop, cela ne s'améliore pas avec le temps et ça ne changera plus. J'ai adoré le U2 des années 80, début 90, jusque Zooropa...ensuite c'est devenu de la guimauve qui ne m'a plus apporté aucune émotion. Ils se sont enfermés dans leur pop sirupeuse et ont l'air de s'y plaire, se reposant sur leurs lauriers. Tant que ça marche pour eux, on comprend qu'ils continuent. Mais pour moi, U2 aurait dû arrêter depuis longtemps...
MaximeL, le 09/02/2018 à 21:50
Bonjour, avant toute chose, je précise que je suis seulement un lecteur (assidu) du blog. Et j'en ai aussi un peu assez de ces personnes qui poussent des cris d'orfraie à chaque critique négative de leur poulain. Il me semble que le principe de ce blog est de donner son avis subjectif sur des albums. Forcément, l'avis du critique ne sera pas forcément partagé par tous. Ne prenez donc pas l'avis comme parole d'évangile. Votre avis compte d'abord. Ce sont vos émotions, votre ressenti qui priment ! Personnellement, je suis un grand fan de U2. La preuve, je pars les voir à Berlin en Août. Ca ne m'empêche pas de trouver cet album moyen (allez, je donnerais un 2,5 ou 3/5, rien que "Love is bigger..." retire 2 points à cause de sa niaiserie confondante). Ensuite, je vois souvent en réponse des critiques: "vous ne savez que critiquer, qu'apportez-vous à la musique de votre côté?". En ce qui me concerne, le Blog me permet de découvrir des tas d'artistes magnifiques que je n'aurai pas connus sinon. A la volée : Gazpacho, Opeth, Anathema, Big big train, Cosmograf, Ghost,... Donc je dis merci à toute l'équipe (et notamment Nicolas, qui m'a converti à la Prog) et continuez à nous proposer du contenu de cette qualité ! D'ailleurs, je me permets de vous proposer deux artistes féminines suédoises que j'apprécie beaucoup : Anna Von Hausswolff, proche de Swans, qui sort un album en mars ou avril et Anna Ternheim, qui ressemble un peu à Susan Sundfor. Musicalement, Maxime
Raphaelle, le 08/02/2018 à 15:54
Une petite précision de la rédaction: ceci est un avis de type "Première écoute", comme vous en trouverez sur la home page dans la colonne de droite. Ce sont, comme le nom l'indique, les commentaires qui nous viennent spontanément en tête lors des premières écoutes. Je comprends bien la confusion car il y a écrit partout sur cette page "critique d'album". Nous allons y réfléchir pour rendre notre propos plus lisible et éviter ces confusions.
Delasagra, le 06/02/2018 à 15:00
Que ce ne soit pas un chef d'oeuvre du niveau de Joshua Tree ou Achtung Baby, on sera tous d'accord. Néanmoins, la critique est facile surtout quand elle est truffée d'erreurs : Danger Mouse? Pas sur cet album. Un album qui lorgnerait sur Mylo Xyloto? Mais l'avez-vous seulement écouté? Ensuite, Bono pas à la hauteur de Chris Martin sur cet album? J'aime bien Coldplay mais faut arrêter la drogue sincérement. Cet album est le plus osé et le plus diversifié des "années 2000". Il y a au moins 3 bijoux qu'on cherchait en vain sur certains CDs (Summer of love, Red Flag Day, Book of your heart) et effectivement, ses singles plus dispensables voir lassants (You're the best thing dont l'auteur nous dit qu'elle est correcte, une blague sûrement!). En tout état de cause, on peut le qualifier d'almbum moyen ou bon selon sa sensibilité mais lire autant d'inepties, de rage à peine déguisée (sur U2) pour en faire une critique d'un niveau abyssal, je trouve ça dommageable. Autant dire que ce n'est pas sa tasse de thé en toute simplicité sans en rajouter. Bref, 42 ans après, U2 est là n'en déplaisent à certains et si quelques pistes semblent essoufflées, d'autres valent encore largement le détour alors tant pis pour ceux qui les mettent à la retraite. U2 reste largement audible dans cet univers musical restreint.
Loon, le 02/02/2018 à 12:31
N'oublions pas que l'on parle de musique donc tout est relatif. Personnellement je ne trouve pas l'album très bon. Depuis l'album Achtung Baby j'ai appris à écouter leur album en deux temps car je les trouve toujours meilleurs à la réécoute. Ça été le cas pour No Line, pour Songs Of Innocence qui était pour moi très mauvais à la première écoute et que je trouve maintenant très bon... Celui là je ne retrouve pas ce plaisir, alors peut être suis-je passé à côté de quelque chose et je vais continuer de l'écouter ou alors l'album ne me plait pas... mais de là à dire qu'il est nul...
Eily, le 01/02/2018 à 23:35
"Summer of Love" et "Red Flag Day", ces deux chansons sont les meilleures que j'ai entendues d'eux depuis trèèèèès longtemps. Peut-être parce qu'il y a de la tripe dedans, contrairement à l'album précédent où il en manquait cruellement.
Jeanbono, le 01/02/2018 à 16:29
Hello, tu as le droit de ne pas aimer l'album...mais Danger Mouse n'a absolument rien produit du tout sur cet opus. Il est cité car des morceaux avaient été travaillés avec lui lors de l'album précédent. Donc pas étonnant que tu ne le distingues pas...Pour beaucoup de fans de U2, cet album est le meilleur depuis 2001...pas révolutionnaire mais qq pépites. La 1ière de l'album par exemple, très planante ou Landlady. Mais critiquer U2 est à la mode. Sans rancune. Amitiés musicales.
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