
Tyran' Pace
Watching You
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Il était présomptueux, mais finalement assez clairvoyant, de s’intituler Metal Gods au regard de l’influence quasi religieuse acquise par Judas Priest et du culte qui leur était voué. Ces derniers, aux côtés de Motörhead, avaient préfiguré l’avenir des musiques saturées : leur ombre plane sur la New Wave of British Heavy Metal et au-delà, à travers le monde, où les nouvelles formations émergeaint par dizaines portées par les compositions de leurs illustres prédécesseurs qui trônaient toujours en haut de l’affiche. L’un des fiefs les plus solides se trouve être l’Allemagne qui, non contente d’avoir déjà eu une belle scène hard-rock dans les 70s, allait s’affirmer comme un haut lieu des grosses guitares dans les années 1980 : Accept et Scorpions pavaient la voie à la manade de formations Heavy puis à la vague du Power Metal et du Thrash Metal le plus intransigeant.
Mais revenons au Heavy Metal qui était alors fièrement représenté par des groupes obscurs mais cultes comme Living Death et Tyran’ Pace, et qui en l’occurrence, s’inspirait grandement de Judas Priest. Formé en 1983, Tyran’ Pace avait sorti deux opus avant Watching You, Eye to Eye (1984) et Long Live Metal (1985), mais cette fois-ci, la pochette est très cinématographique et nous offre un mélange de L’homme qui rétrécit et de L’Odyssée dans un univers de science-fiction futuriste. Plus que n’importe quel groupe, Tyran’ Pace allait germaniser l’esthétique priestienne avec une légère touche Power Metal à la Helloween – si ce n’était anachronique, on oserait dire période Pink Bubbles Go Ape (1991). De fait, Ralf Scheepers chante à la manière de Rob Halford et sera plus tard chez Gamma Ray et Primal Fear (avec un détour de choriste sur Hypertrace de Scanner, un combo devenu culte mais moins prestigieux).
Répondant à "Metal God", le midtempo "Saints Of Rock" illustre parfaitement l’adoption des canons priest-iens par le groupe qu’il développe ensuite sur "Get Down" ou sur "Madness", parfois avec une touche Power Metal pour rendre justice à la scène nationale ("Criminal", "Fire In Your Eyes"), ou plus Accept-ienne ("Matter Of Time"). Si peu de faux pas sont à déplorer, à l’exception de la ballade finale "We Are Strong", le résultat est tout de même assez convenu ("Hands In The Air", "Cry Out"). Ainsi, l’album est certes solide et de belle facture, mais il ne parvient que trop rarement à se détacher de ses inspirations ou de la production de l’époque.
Et c’est sûrement pourquoi vous n’avez jamais entendu parler de Tyran’ Pace ou de Watching You, leur troisième album qui sera également le dernier avant une reformation et un ultime opus en 1998, Take a Seat in the High Row, que personne n’attendait – et ce, dans tous les sens du terme.
À écouter : "Saints Of Rock", "Madness"
















