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Critique d'album

The Velvet Underground


Loaded


(01/09/1970 - - Rock décadent et visionnaire - Genre : Rock)
Produit par

1- Who Loves the Sun / 2- Sweet Jane / 3- Rock and Roll / 4- Cool it Down / 5- New Age / 6- Head Held High / 7- Lonesome Cowboy Bill / 8- I Found a Reason / 9- Train Round the Bend / 10- Oh! Sweet Nuthin'
Note de 4/5
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Note de 4.5/5 pour cet album
"Le dernier disque du Velvet, lumineux et décomplexé."
Olivier, le 30/11/2012
( mots)

Ce qu’il y a de bien dans le rock, c’est que tout y est possible. Comme d’entendre le plus corrosif des groupes du genre parodier les Beach Boys, ou écouter Lou Reed le désabusé s’extasier devant les plaisirs de la vie. Certains racontent même qu’il aurait souri durant l’enregistrement de ce disque. Loaded, ou le monde à l’envers.

En 1970, tout paraît aller pour le mieux au pays du Velvet Underground. Trois albums fabuleux en trois ans. Ils peuvent bien avoir été largué par leur label après l’échec commercial – une fois n’est pas coutume – de leur LP éponyme, Lou Reed et ses copains ne se font pas de bile. Sur la lancée d’une dernière production apaisée, les Américains en deviendraient presque chaleureux et conviviaux. Le líder d’ordinaire maximo délègue même à Doug Yule une partie conséquente des phases de chant, le laissant se mettre en lumière. Bonne idée, de la lumière il y en a dans ces dix morceaux. Gorgée de soleil, les sonorités de Loaded semblent venir tout droit de Venice Beach alors que le groupe, viscéralement new-yorkais, enregistre toujours dans la Big Apple.

Un album "Loaded with hits", c’est ce que voulait Atlantic Records pour produire le quatuor. Message reçu. Les tubes du VU, c’est ici que vous les trouverez. "Who Loves the Sun", "Sweet Jane" et "Rock & Roll" servent d’introduction et remplissent d’emblée le contrat. Combien de disques présentent un tel enchaînement inaugural ? Résolument accessible, la trame musicale rayonne, joueuse, solaire, pour mieux happer l’auditeur dans la gueule du Lou. Le Velvet n’est plus Underground et s’assume en tant que tel.

"It’s the beginning of a new age", "Everything was all right", "Gives me double you L-O-V-E". Les éléments de langage interpellent. Lou Reed, crypto-hippie ? Pas tant. Le poète rebelle – qui n’oublie jamais de rappeler qu’il en est un, de poète rebelle – se plaint dès le premier morceau du trop-plein de soleil dans le ciel musical (comprendre de superficialité dans les textes, notamment chez les californiens surfeurs, suivez mon regard) : "Who loves the sun ? […] Who cares what it does ? […] Who loves the sun ? Not everyone".  Le type n’est jamais content. Ce qui fait aussi le charme de sa musique. Notons tout de même le déplacement de l’épicentre thématique du VU. Trois ans plus tôt le groupe décrivait sur sept minutes les turpitudes de l’héroïnomane ; désormais l’amour, la météo et les pétards ont ses faveurs.

Loaded est sensiblement moins réussi que les trois premiers albums. Il lui manque cette touche acide qui faisait la beauté de ses prédécesseurs. La seconde partie du disque, plus faible, avec un "Lonesome Cowboy Bill" ridicule pour qui ne goûte guère le style country, gâche un peu l’ensemble. Le rock sudiste final de "Oh ! Sweet Nuthin’" et son solo aussi surprenant qu’agréable constituent néanmoins une belle conclusion. Porté pour le reste par des titres marquants ("New Age", petite merveille), jamais lassant, cet ultime coup d'éclat ponctue avec grâce et talent la tétralogie discographique du Velvet Underground.

Dans la foulée, Lou Reed quittait le groupe et entamait sa carrière solo, vexé de ne pas avoir été consulté lors du mixage de Loaded (la bonne humeur générale qui plane dessus n’est pas étrangère à ce fait). Sterling Morrison, le guitariste, et Maureen Tucker, la batteuse, suivait le mouvement et Doug Yule se retrouvait seul au commande d’un VU amputé de ses membres fondateurs. L’ultime disque paru sous le nom mythique, Squeeze, n’est qu’un projet isolé de Yule. Sans grand intérêt d’ailleurs. L’histoire musicale a retenu quatre albums, trois chefs d’œuvres intemporels et une pépite sonore. Concluons dans l’emphase assumée : le Velvet Underground pourrait bien être ce que le rock’n’roll a produit de meilleur à ce jour.

NB : Lourdé par le label MGM en 1969, alors qu’il enregistrait la suite de The Velvet Undergound, le groupe dut alors jeter les morceaux déjà prêts. Ce disque mort-né sortira finalement en 1985, comme compilation d’inédits. VU, c’est son nom, comportait notamment des titres comme "Ocean", "Lisa says", "Andy’s chest", "Caroline says" et "I’m sticking with you", qui reviendront pour la plupart dans des versions réarrangées sur les productions solos de Lou Reed. Le Velvet est reparti de zéro pour créer Loaded, qui est devenu le véritable quatrième album des Américains. Un mélange de ce dernier et de ces chansons abandonnées pour des raisons contractuelles aurait sans doute abouti à une création du niveau de leurs trois premières œuvres. Et à une note de cinq guitares sur cinq, voir six sur cinq.

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