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Critique d'album

The Rides


Pierced Arrow


(06/05/2016 - Provogue Records / Mascot Label Groupe - Blues - Genre : Rock)
Produit par Stephen Stills, Kenny Wayne Sheperd, Barry Goldberg, Kevin McCormick

1- Kick Out Of It / 2- Riva Diva / 3- Virtual World / 4- By My Side / 5- Mr. Policeman / 6- I've Got To Use My Imagination / 7- Game On / 8- I Need Your Lovin' / 9- There Was A Place / 10- My Babe
Note de 4.5/5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"Easy riders"
Etienne, le 17/05/2016
( mots)

Quand la légende Stephen Stills sort un album c'est toujours un évènement. Alors imaginez un peu ce que son association avec le parrain du blues aux doigts de fée Barry Goldberg et le prodigieux guitariste Kenny Wayne Sheperd laisse présager. Du blues rock pur et dur, des strats en feu qui balancent accords tranchants et solos affûtés et des vocalises éraillées comme pour mieux conter la dépression de l'Amérique moderne, voilà la programme qui nous est réservé. Après avoir esquissé les contours d'une association encore trouble le temps d'un premier album chancelant - Can't Get Enough en 2013 -, le trio s'est retrouvé sur scène pour quelques shows endiablés, libérateurs, fédérateurs. La magie de la musique avait indéniablement fait son oeuvre. Et à l'écoute de Pierced Arrow, force est de constater la pallier immense franchi par ces trois héros du blues.


Point essentiel avant toute circonvolution: Pierced Arrow s'écoute, il ne se regarde pas. Une pochette aussi moche peut laisser planer le doute quant à sa réelle conception: un album fini à la hâte ? un stagiaire laissé sans surveillance ? Difficile de vraiment cerner où le groupe a voulu en venir. Certes, Stills n'est pas connu pour son raffinement en terme de choix pictural. Allez jetez un oeil à Live It Up de CSN sorti en 1990... 4 saucisses géantes empalées sur des pics eux-mêmes plantés sur la Lune avec une perspective qui ferait vomir même le facteur de la NASA. Non vraiment, le directeur artistique de Pierced Arrow est loin d'avoir rempli sa mission. Heureusement pour lui, les trois gars qui jouent sur cet affreux très bon disque sont bien meilleurs musiciens que lui n'est inspiré.


Pierced Arrow est un effet une ode à la gloire du blues et du rock qui prouve encore - mais était-ce vraiment utile - que c'est avec un plaisir simple et sain qu'on fait la meilleure musique du monde. Stills, Sheperd et Goldberg exhibent leurs jeux respectifs avec une bonne dose de maîtrise et une pointe d'excentricité suffisantes pour satisfaire les inconditionnels bourrus - pas touche à la bonne vieille recette du blues - et les avides de nouvelles sensations. The Rides est un groupe riche en sonorités diverses, qui élèvent depuis ses bases blues un rock aux multiples facettes allant du rockabilly énervé ("I Need Your Lovin'") à la ballade gospel électrique et ombrageuse ("By My Side") en passant par d'épiques morceaux dans la pure tradition du blues crasseux ("Game On", "Kickt Out Of It" ou encore "I've Got To Use My Imagination"). C'est évidemment dans ce credo que le trio excelle, en distillant d'épiques morceaux de bravoure rock 'n roll parfaitement adéquats pour détruire la sono d'un cabriolet sur la route de l'été ("Riva Diva", "Mr. Policeman") tout en faisant parfois durer un plaisir coupable à l'écoute du sensuel "I've Got To Use My Imagination", morceau d'un classicisme accoutumé mais d'une satisfaction espiègle. Trouver une fausse note à l'écoute de Pierced Arrow semble une quête vouée à l'échec le plus cuisant.


Surtout que chaque pièce qui le compose est adroitement orchestrée par un Stephen Stills qu'on n'avait plus vu aussi inspiré depuis son show épique en 2008 au Sheperd's Bush Empire londonien. Sa Fender Stratocaster rugit d'une vivacité retrouvée, d'une fougue intarissable au service d'un sens de la mélodie hors-norme. Lui Stills, l'injustement sous-estimé guitariste de sa génération au profit d'un Neil Young souvent grossier et balourd voit enfin la finesse de son jeu magnifiée dans des morceaux comme "Kick Out Of It" ou "There Was A Place" où son sens aiguisé du riff côtoie des solos construits sur des harmonies cinglantes et des progressions habiles qui mène l'auditeur aux confins de la contemplation d'un artiste unique. Stills emmène ses compères au-delà même du simple univers blues en proposant de sublimes vocalises harmonisées dans l'excellent "Virtual World" où son chant fatigué, abîmé, s'appuie sur les épaules solides de ses deux amis pour mieux provoquer ce frisson si particulier, celui d'un coeur s'emballant à l'écoute d'une légende de la musique américaine à l'éternelle candeur. Stephen Stills est immense et il le prouve plus que jamais à l'écoute de Pierced Arrow.


Bien évidemment, The Rides est loin d'être l'oeuvre du seul natif de Dallas. Barry Goldberg, même s'il est certainement le membre le plus discret du groupe, soutient les deux guitaristes avec sagesse et majesté. Ses arrangements sont sobres, classieux, son orgue délicat enrobe chaque titre de prestance et son piano aguerri ne manque pas de se faire remarquer, son coup d'éclat étant certainement sa douce épopée solitaire dans l'excellent "My Babe", superbe conclusion d'un disque qui aura impeccablement tenu sur la longueur. Goldberg se laissera même aller à une totale improvisation jouissive lors de la reprise du titre culte du Paul Butterfield Blues Band, "Born In Chicago" et son acide harmonica. Quant à Kenny Wayne Sheperd, sa réputation de soliste n'est plus à faire et son implication dans The Rides tant au niveau de son instrument que du chant prouve qu'il est un parfait compagnon de route, le copain idéal pour une fiesta rock 'n roll. Ses solos épiques, sa voix claire en opposition au style plus racé de Stills, ses formidables qualités de compositeur inondent de classe un album décidément remarquable. Tellement remarquable que les trois titres bonus de l'édition deluxe comptent parmi les plus magistraux du disque. The Rides ose même la reprise de "Take Out Some Insurance On Me Baby" de Charles Singleton & Waldenese Hall, morceau rendu célèbre par Tony Sheridan en b-side de son tube "Ain't She Sweet", enregistré à Hambourg en 1961 avec un petit groupe de l'époque appelé... Beatles - avec encore Pete Best à la batterie -. Remarquable on vous dit...


Hautement recommandable, Pierced Arrow est une réussite totale, d'une remarquable cohésion et d'une grande humilité. Sans crier gare, The Rides se veut plus une réelle formation originale qu'une association lucrative de talents sur le déclin. La réunion de ces trois musiciens hors-pair aboutit enfin au disque qu'ils méritent tant: une synergie inouïe qui magnifie un genre si peu représenté à la hauteur de ce qu'il devrait l'être. Un supergroupe fun, sans fioritures, sans apparats, sans paillettes. Un vrai groupe en fait... Et le pire dans tout ça, c'est qu'on à l'impression que c'est facile.


Morceaux conseillés: "Riva Diva", "My Babe" et "Mr.Policeman"

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Commentaires
Etienne, le 19/05/2016 à 09:13
Rho, Zuma et Tonight's The Night non ?
afterthegoldrush, le 18/05/2016 à 21:21
Je cite "Neil Young, souvent grossier et balourd". J'ai arrêté de lire la chronique après ça. Dommage, ça partait plutôt bien. Mais là, faut quand même faire attention. Allez Etienne, on s'auto-flagelle et on oublie tout ça en allant écouter after the gold rush ou on the beach.
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