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Critique d'album

The Prodigy


Music for the Jilted Generation


(05/07/1994 - XL Recordings - Electro - Big beat - Genre : Autres)
Produit par Liam Howlet, Neil McLellan

1- Intro / 2- Break & Enter / 3- Their Law / 4- Full Throttle / 5- Voodoo People / 6- Speedway / 7- The Heat (The Energy) / 8- Poison / 9- No Good (Start the Dance) / 10- One Live / 11- The Narcotic Suite: 3 Kilos / 12- The Narcotic Suite: Skylined / 13- The Narcotic Suite: Claustrophobic
Note de 4.5/5
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Note de 4.0/5 pour cet album
""
Maxime, le 30/11/2005
( mots)

Il fallait bien qu’à un moment donné, rock et techno se rencontrent. Que les DJ se rendent compte que le hardcore ou le breakbeat n’avaient pas le monopole de la rébellion et de la clandestinité. Que même avec des loops et des samplers, on chassait déjà sur un terrain largement défriché pas le punk une dizaine d’années auparavant. C’est le constat que Liam Howlett fut l’un des premiers à dresser et, surtout, à mettre en application. Music for the Jilted Generation est ainsi l’album matrice d’un genre qui fit fureur dans la seconde partie des années 90 et que les spécialistes qualifient sous le terme de Big Beat. Autrement dit : le mariage de cadences infernales au rythme très marqué, héritées du hip-hop ou de la jungle, avec des samples d’instruments live tels que la guitare électrique, le tout étant souvent couplé avec des échantillons vocaux. Bingo ! L’amateur de rock est ravi, trouvant dans l’électronique l’électrochoc salutaire à cette sacro-sainte formule guitare-basse-batterie qui avait franchement tendance à battre de l’aile. L’amateur de techno se délecte quant à lui des beats démoniaques dévidés au kilomètre par ces alchimistes soniques.

Alors pourquoi The Prodigy fut-il l’un des premier à jouer les apprentis sorciers en croisant les genres, lui qui venait du monde des rave party, troussant du breakbeat accéléré sur des tempos épileptiques ? Deux raisons majeures. Tout d’abord, suite à l’engouement des free parties et de leur manifestations clandestines et bruyantes, le gouvernement britannique entreprit des limitation sévères nommées "Criminal Justice Bill" qui imposèrent une baisse drastique du volume sonore lors des rassemblements technoïdes. Résultat, le mouvement est tué dans l’œuf, le plafond imposé étant si bas que la musique devenait secondaire, ne parvenant plus à couvrir le son des voix. Pour Liam Howlett, cette loi signe la mise à mort pure et simple du genre. Impossible de refaire la même musique dans de telles conditions, il faut chercher une autre source d’inspiration. Ce matériau, il va le trouver lors de la tournée mondiale entamée avec son groupe depuis deux ans. Howlett voit le grunge exploser et réalise que la guitare électrique est un outil extraordinaire pour exprimer la colère et la frustration. D’autre part, il se prend de plein fouet l’énergie dévastatrice de Rage Against The Machine et comprend que l’on peut très bien véhiculer la fureur du punk par d’autres médiums musicaux.

C’est donc inspiré par une foule d’artistes et de crossovers en tous genres que le cerveau de Prodigy se met au travail. Exit les mélodies naïves pianotées sur Bontempi, les survet’ informes et l’indolence de la jeunesse. C’est la haine qui guide Liam Howlett. Haine contre le gouvernement qui a massacré la musique qu’il aime. Place donc aux riffs menaçants : les notes sèches du "Very Ape" de Nirvana qui seront samplées dans "Voodoo People", morceau phare au rythme aliénant. Place aux phrasés revendicatifs hip-hop : Pop Will Eat Itself venu dialoguer avec une guitare rageuse et martiale sur le culte "Their Law", lequel explique dans quel orifice le gouvernement peut introduire sa loi. Car la "génération déçue", on l’aura compris, ce sont tous ces ravers qui goûtaient dans la techno cet esprit de communion et de fête qu’avait perdu le rock. C’est cette musique qu’ils s’étaient créée, et que l’on venait de détruire. "Comment le gouvernement peut-il empêcher les jeunes de s’amuser ? Combattez ces conneries !" clame Liam sur le dos de pochette de l’album.

Mais ce second enregistrement de The Prodigy n’est pas qu’un album politique. C’est avant tout le chef d’œuvre technique de Liam, celui qui brasse le plus d’influences, celui qui propose le plus de variété dans les atmosphères. Des scansions poisseuses et vicieuses de "Poison" à la cadence effrénée de "One Love", de l’eurodance de "No Good" à la jungle trippante de "Full Throttle", de la torpeur de "3 Kilos" à l'urgence de "The Heat", ce disque témoigne de la maturité du groupe. De son émancipation même. Osant s’affranchir des carcans de la musique électro, le combo ose une approche frontale live très rock, en témoigne le clip de "Poison" où l’on voit Liam squatter la batterie et Maxim’ le micro tandis qu’un Keith Flint psychotique se roule dans la boue. Les crètes fluos et la no future attitude de The Fat of the Land sont en chantier.

The Prodigy forge son impressionnante artillerie lourde, dévastant les platines comme les scènes des festivals avec sa force de frappe sonique, sans renier une certaine finesse ("The Narcotic Suite"). Certes, l’ensemble patine parfois lors de quelques longueurs malvenues (l’inaugural "Break and Enter", ce "Speedway" qui ne semble plus en finir) mais conserve, plus de dix ans après, une bonne part de son panache et de sa nocivité. Et reste en 2005 ce qu’il était en 1994 : un majeur tendu vers l’etablishment et, plus prosaïquement, un fuck dirigé vers "tous ces cons qui nous font chier". Amen.

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