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Critique d'album

The Network


Money Money 2020


(30/09/2003 - Adeline Records - New-Wave/Punk-Rock - Genre : Rock)
Produit par

1- Joe Robot / 2- Transistors Gone Wild / 3- Reto / 4- Supermodel Robots / 5- Money Money 2020 / 6- Spike / 7- Love And Money / 8- Right Hand-A-Rama / 9- Roshambo / 10- Hungry Hungry Models / 11- Spastic Society / 12- X-Ray Hamburger / 13- Teenagers From Mars* / 14- Hammer Of The Gods*
Note de 5/5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"Le projet électro-pop/new-wave de Green Day. A (re)découvrir d'urgence !"
Maxime, le 22/02/2008
( mots)

Faisons les comptes de ce mouvement néo-post-punk/new-wave qui sévit depuis le début des années 2000, histoire de voir si l’on retrouve nos petits : Modern Lovers et Blondie (The Strokes), Joy Division (Interpol, The Editors), The Cure (Bloc Party), Gang Of Four (Franz Ferdinand), Talking Heads (Arcade Fire), Depeche Mode (The Killers)… Le panorama semble complet, mais personne n’a semble-t-il jugé bon d’aller piller le vilain mouton noir. Personne ne s’est penché sur le cas Devo, salutaires outsiders désévolutionnistes qui empêchèrent la New-Wave de se trémousser en rond. Dans l’indifférence générale et à la surprise de quelques uns, ce fut Green Day qui se chargea de l’affaire.

Pour le trio de Berkeley, le goût pour les canulars musicaux n’est pas né avec les récents Foxboro Hot Tubs mais a bel et bien commencé il y a plus de quatre ans, bien qu’on ne sache pas exactement quand cette idée a pu germer dans leur cerveau. A cette époque Green Day était en pause. Un best-of couvrant leur période Warner venait de sortir, alignant tous leurs tubes ayant bercé les radio college américaines tout au long de la décennie précédente. On imagine qu’avant d’embrayer sur American Idiot, les lascars eurent l’envie de s’aérer l’esprit. Ils débauchèrent alors deux énergumènes qu’ils postèrent chacun aux synthétiseurs. Tout le monde s’affubla d’un pseudonyme, comme des enfants interprétant des rôles dans la cour de récré. Billy Joe Armstrong devint Fink, leader du groupe qu’il finance grâce aux bénéfices qu’il a tiré de son invention nucléaire top secrète. Mike Dirnt se prénomma Van Gough, végétarien belge dont le corps a été quasi-intégralement congelé suite à de nombreuses expéditions sur le mont Everest. Tré Cool endossa quant à lui le costume de The Snoo, catcheur mexicain d’origine argentine. Le polyglotte Captain Underpaints et le sculpteur islandais Z complètent le tableau derrière les claviers.

Personne, chez Green Day comme chez The Network, n’a jamais officiellement révélé l’identité réelle des membres de ce quintet, mais l’album étant sorti sur le label de Green Day (Adeline Records) et le chant de Fink trahissant le grain de voix assez reconnaissable de Billy Joe, personne ne fut dupe. De même, la silhouette longiligne de Van Gough et les formes rebondies de The Snoo n’abusèrent pas longtemps les fans. En septembre 2003 débarquait alors dans les bacs import un bien étrange objet : une pochette floue aux couleurs criardes avec comme titre Money Money 2020. Un macaron sournois annonce "le projet électro-pop-new-wave de Green Day", faisant immédiatement tomber la blague à l’eau en révélant d’emblée les auteurs de l’affaire. Les priorités marketing eurent finalement raison de la farce. Le disque est agrémenté d’un DVD riche de 6 clips mettant en scène certains titres de l’album. On y croise vidéos tournées à la DIY, animations de Lego, sado-masochisme et effets spéciaux ringards.

Le disque est en tous points raccord avec sa mise en scène visuelle, à savoir 12 titres jetés en moins d’une demi-heure où une rythmique bandée à la Buzzcocks se cogne à des nappes de synthé kitsch. On se rapproche parfois du concept album fumeux dont le pitch tournerait autour du déclin de la société occidentale et de son abandon au profit des nouvelles technologies. Les valeurs de l’american way of life partent en miettes, et The Network en chante les spasmes accompagnant son râle d’agonie ("Transistors Gone Wild", "Money Money 2020"). "Où va-t-on ?" se demande Fink sur "Reto", formidable grenade de deux minutes pile aussi convulsive que saugrenue. "Joe Robot", c’est les androïdes de Daft Punk exécutant un programme visant à simuler l’énergie analphabète des Ramones. Derrière le carton pâte de ce space opera cheap, le désespoir des laissés pour compte gronde : "Spike" est l’hilarant récit d’un junkie appelant successivement un ami d’un ami, un dealer puis sa mère afin de leur soutirer de quoi se faire un fix. En s’accaparant la misanthropie joyeuse de Gang Of Four et le sens du ridicule fécond de Devo, le combo démolit un à un les piliers de la culture contemporaine ("Roshmabo", "Spastic Society") dans un brouhaha libérateur de synthétiseurs eighties et d’échardes punk-rock.

Or, malgré la renommée de ses instigateurs masqués, le disque ne provoqua que très peu d’échos, un maigre entrefilet en fin de marge dans le meilleur des cas. De ce projet au mauvais goût assumé, on ne préféra voir qu’un caprice de musiciens millionnaires prêts à toutes les facéties pour se distraire entre deux braquages d’argent de poche pour teenagers white trash. Personne ne voulut s’arrêter, ne serait-ce que deux secondes, sur la chose pour percevoir derrière ce foutoir décousu quelques mélodies pas piquées des hannetons, une vraie vision belliqueuse et nihiliste de notre époque planquée sous des explosions fluo. L’album fut toutefois réédité en 2004 avec deux titres supplémentaires, "Hammer Of Gods", reprise des Misfits, et le roboratif "Teenagers From Mars".

Le groupe poussa la plaisanterie jusqu’à monter sur scène en première partie de… Green Day. Captés sur le DVD Disease Is Punishment, ces concerts éclairs voyaient s’ébrouer sur les planches des mannequins punks cagoulés se prendre les pieds dans les gaffers, des vidéos montrant des filles peloter des crucifix et des bananes dans des positions suggestives et un prêtre livide distribuant des tracts sataniques au public. Sidérant. Et sous les néons roses écarlates, dans la bonne humeur ambiante d’un happening faussement ringard, Fink/Billy Joe braillait au micro que tout cela finirait mal, que la société d’hyperconsommation et d’hypermédiatisation que l’on nous vante en permanence n’a pas forcément pour but de faire de nous des individus heureux. Et si cette fumisterie anarchisante promise sans lendemain était ce que Green Day avait commis de plus viscéralement punk ?

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Black Mountain


Destroyer


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Cela vous aura peut-être échappé, mais Black Mountain a discrètement rendu l’âme il y a de cela un peu plus de deux ans. Oh, rien d’aussi dramatique qu’un split avec tambours et trompettes, rien qu’un départ en catimini, celui du couple Amber Webber - Joshua Wells à qui l’on doit le sémillant projet alternatif Lightning Dust, dont on attend par là même un nouvel album très bientôt. Sans annonce, communiqué ni explications, alors que les canadiens venaient d’écoper de leur plus beau succès critique avec leur magnifique IV. Bien sûr, les choses sont loin d’être aussi simples, et la note accordée à ce Destroyer vient d’ailleurs démentir la sentence prononcée en début de paragraphe. Néanmoins, une page se tourne, et autant on oubliera sans doute assez facilement le cogneur Wells - remplacé poste pour poste par Adam Bulgasem, autant il sera bien plus ardu de faire abstraction du chant mystique de Webber qui nous laissera à jamais orphelins.

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