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Critique d'album

TesseracT


Sonder


(20/04/2018 - Kscope - Djent - Genre : Rock)
Produit par Aiden O’Brien, TesseracT

1- Luminary / 2- King / 3- Orbital / 4- Juno / 5- Beneath My Skin / Mirror Image / 6- Smile / 7- The Arrow
Note de 4.5/5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"Un quatrième album en forme de condensé du cube cosmique. Aussi compact qu'indispensable."
Nicolas, le 04/10/2018
( mots)

Petite question préalable : quelqu’un connait-il la signification de “sonder” (in English in the text) ? Non ? Eh bien sachez qu’il s’agit d’un néologisme anglo-saxon inventé en 2012 par John Koenig dans son projet YouTube The Dictionary of Obscure Sorrows visant à inventer de nouveaux mots pour des émotions qui n’ont pas de encore été décrites. Dans le cas présent, “sonder” désigne “une profonde prise de conscience que tout le monde, y compris les étrangers passants dans la rue, a une vie aussi complexe que la nôtre, et que tout le monde vit constamment malgré le fait qu’on ne s’en rende pas compte.” Fin de la parenthèse philosophique, mais on s’étonne à peine que ces intellos de TesseracT soient allés chercher un patronyme pareil pour illustrer l’une de leurs œuvres. Comme quoi, la philo et les maths peuvent faire bon ménage.


On avait laissé le carré anglais sur une réalisation tout à fait délectable, Polaris, un disque de djent parfaitement accessible à tous les profanes mais pêchant par grandiloquence à certains moments - liée en particulier au chant emo-like de Daniel Tompkins - ainsi qu’une certaine tendance à jouer les redites, à tourner en rond. Pour un groupe qui s’appelle TesseracT, artéfact désignant un cube (cosmique), c’est quand même un comble.  Autant dire que Sonder était attendu au tournant, même si le premier contact avec la bête avait de quoi nous glacer d’effroi tant le single “Smile” envoyé en éclaireur avancé s’avérait fade et sans envergure. Arrive le disque, et l’on tique d’emblée sur sa longueur : trente-six minutes, c’est léger, les amis, surtout quand on officie bon gré mal gré dans l’ample giron du rock progressif. “Super EP”, why not?, mais album… mouais. Et alors que l’on se préparait à affûter nos coutelas, voilà que l’impensable se produit : Sonder réalise la synthèse parfaite de tous les allants du groupe à un point sidérant - à défaut d’être sidéral.


Peu de titres, donc, mais justement : en élaguant le propos au maximum, TesseracT évite de se vautrer dans la redondance affichée par ses prédécesseurs. L’album s’avère riche, avec juste ce qu’il faut de variété. La production se montre littéralement renversante : on vous met au défi de trouver un disque aussi bien couché sur bande cette année. Rien qu’à l’entame de l’arythmique “Luminary” (de a privatif), on reste béat devant les crissements de cordes aigus répétés mimant des chants de mouette que viennent rehausser la gravité colossale de la section corde. Sans compter la clarté de la batterie et le grain cristallin de la voix de Tompkins, non, vraiment, c’est très fort. L’album sonne très djent, avec ce gros palm mute ultra-distordu égrené à grands coups de riffs asymétriques, mais même sur les refrains apaisés de ce premier titre, on peine à repérer la mesure, avec toujours cette sensation, en tant qu’auditeur, de devoir lâcher prise et de se laisser ballotter au gré des instruments. Mais ce n’était que le début, car avec le royal “King”, sans doute leur meilleure composition à ce jour, les anglais passent à la vitesse supérieure. Introduction ravageuse, puissante mais dotée d’une fine progression, alternance entre voix d’ange et hurlements d’ire, grand couplet spatial, refrain aux accents popisants, coda apaisée, c’est du grand art : tout le savoir-faire de TesseracT en à peine moins de sept minutes. Étonnamment, l’autre grand moment de Sonder répond au nom de “Smile” : alors que la version single peinait à convaincre, elle s’est vue remixée sur album, avec un accompagnement tour à tour plus tendu et plus gras, réalisant un beau contrepoint avec la voix pure de Daniel Tompkins qui, là encore, lâche la bride à son organe au gré de quelques gueulantes bien appliquées. Le reste du disque est beaucoup plus doux, comme la coda “The Arrow” directement enchaînée au titre précédent (de la space pop planante à souhait) ou encore “Mirror Image” qui réalise le même modérateur vis-à-vis du plus varié “Beneath My Skin”, entre électronique sidérale et grandes envolées metal pop aux motifs de guitare violents. “Orbital”, justement, nous envoie dans l’espace avant le djent-pop saccadé de “Juno” (basse fantastique de groove arythmique). Somme toute, il y a là tout ce qu’il faut pour passer un fort agréable moment.


Sachez par ailleurs que Mr Tompkins possède un autre projet pour le coup beaucoup plus pop - mais non moins progressif ) répondant au nom de White Moth Black Butterfly, initié avec la troublante chanteuse Jordan Bethany et le guitariste de Skyharbor, Keshav Dhar. Atone, l’excellent second disque de ce projet, est sorti l’an passé chez Kscope, et on espère avoir l’occasion de vous en parler sur Albumrock. Toujours est-il que son groupe princeps - TesseracT - officie dans un registre autrement plus barré mais qui trouve avec Sonder une sorte d’équilibre entre toutes les aspirations du groupe, un condensé de ce qu’il sait faire de mieux. On sent bien, cependant, que l’on touche ici à certaines limites stylistiques, et que le quintette risque forte d’être contraint de se répéter à l’avenir. Contentons-nous de cette belle réussite sans maugréer et laissons-leur le bénéfice du doute : qui sait, le meilleur de TesseracT est peut-être encore à venir ?

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