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Critique d'album

Sunny Day Real Estate


Diary (réédition 2009)


(15/09/2009 - Sub Pop - Emo rock 90's - Genre : Rock)
Produit par

1- Seven / 2- In Circles / 3- Song About an Angel / 4- Round / 5- 47 / 6- The Blankets Were the Stairs / 7- Pheurton Skeurto / 8- Snibe / 9- 48 / 10- Grendel / 11- Sometimes / 12- 8 (bonus) / 13- 9 (bonus)
Note de 4/5
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Note de 3.0/5 pour cet album
"Le maître étalon de l'emo-rock 90's. Intéressant."
Nicolas, le 31/10/2009
( mots)

Pour beaucoup d'entre nous, l'emo-rock se résume à de jeunes chanteurs apparus peu après l'an 2000, arborant coiffure grotesque et rimmel de mauvais goût, et dégobillant dans leur micro d'une voix plaintive leur mal être face à cette chienne de vie qui n'épargne décidément plus rien ni personne. En d'autres termes : à l'heure ou le métrosexuel devient le maître étalon d'une société occidentale en voie d'émasculation avancée, l'emo est justement là pour démontrer que les hommes, eux aussi, peuvent souffrir, et surtout qu'ils peuvent exhiber impudiquement leur mal-être superficiel devant des pare-terres d'adolescent(e)s au diapason de ces émotions finalement très féminines. Seulement, l'emo, ça n'a pas toujours été comme ça. Petit voyage dans le temps à l'heure ou les pionniers du genre, les Sunny Day Real Estate, se sont fraîchement reformés et ont réédité leurs deux premiers albums.

Il faut une fois de plus se tourner vers Seattle, la sacro-sainte capitale du rock alternatif des années 90, pour repérer les prémices d'un mouvement qui est resté relativement confidentiel durant cette décennie. A la base de cet embryon d'emo, on retrouve d'une part le grunge (et Nirvana en maître ès dépression adolescente) et d'autre part le hardcore, tous deux plus ou moins issus du punk. Et voici donc que ces influences se sont vues reprises par un jeune combo dont le frontman possédait une voix très originale, aussi stridente que cassée. Cette tessiture assez peu commune à l'époque s'est rapidement faite repérer par le label indé local, l'inaltérable Sub Pop, qui flaira là une aubaine inespérée quelques mois à peine après le décès de Kurt Cobain. Petit jackpot, en effet, puisque Diary, premier LP du quatuor mené par Jeremy Enigk (la voix en question), s'est écoulé à près de 700.000 exemplaires, ce qui en fait le septième plus gros succès du label. Bien sûr, on est loin des millions d'exemplaires vendus de Dookie et Smash, et de ce point de vue on peut clairement affirmer que l'emo a raté le coche médiatique du post-grunge au détriment du punk-rock californien. Mais surtout, ce jet inaugural des Sunny Day Real Estate a ouvert la voie à un courant underground qui fut ultérieurement dominé par des groupes comme Jawbreaker, Jimmy Eat World, The Get Up Kids ou encore The Promise Rings, avant de retourner au néant peu avant la fin des années 90.

Premier album du groupe, Diary est l'archétype même de cet emo-rock 90's. Tous les morceaux sont à peu près construits sur le même schéma : une instrumentation tonique avec des guitares sèches calquées sur le moule alternatif, une batterie très véloce faisant la part belle aux déferlements de frappe et aux roulements rapides, le tout entrant en complète contradiction avec un chant lancinant qui joue beaucoup sur de longues notes tenues jusqu'à en perdre haleine. Pour autant, on ne pourra qu'apprécier des textes plutôt poétiques qui, ô miracle, ne se vautrent pas dans l'auto-apitoiement désastreux qui sévit au sein du courant emo actuel - c'est déjà ça de pris. Premier véritable écueil à la découverte de la formation, la voix de Jeremy Enigk est si particulière qu'elle peut très vite entraîner un dégoût profond et un rejet quasi-réflexe. A mi-chemin entre la raucité de Cobain et l'intensité des hurlements du hardcore, le timbre adolescent de l'homme est en permanence sur le fil du rasoir, basculant de la retenue étouffée à la saturation émotive en quelques fractions de secondes, appuyant douloureusement chaque syllabe comme autant de coups de cutter sur un avant-bras maladif. Dans ce registre, et puisque les chansons se suivent et se ressemblent fatalement, on retiendra forcément du bon et du moins bon.

Presque tous les morceaux sont en down-tempo, avec couplet feulé à l'étouffée et refrain harangueur braillé à pleins poumons. Les trois premiers titres se révèlent être les plus réussis, alternant riffs énergétiques et murmures écorchés sur "Seven" (LE tube du groupe), alignant couplets retenus et refrains en dent de scie sur "In Circles", et surprenant son monde avec une prise de braquet brutale en plein milieu d'un "Song About an Angel" arborant fièrement ses "Whooooh" rageurs. On retiendra aussi la très belle ligne de guitare épurée de "47", le calme mélancolique de "Pheurton Skeurto", et un "Grendel" quasi instrumental qui va presque lorgner du côté du metal avec ses riffs hachés à la précision chirurgicale. Pour autant, l'album sombre assez vite dans une certaine apathie faute de titres à tempo rapide, et il faut pas mal de patience pour se repaître avec satisfaction de ces morceaux lents dont la plupart dépassent allègrement les quatre minutes. On est loin de la concision des Pixies, cela va sans dire. Par ailleurs, impossible de passer sous silence le supplice que représente "The Blankets Were the Stairs", titre au sein duquel Enigk se lance dans des tirades désacordées aussi risibles qu'insupportables. Mais pour le reste, oui, ce Diary tient parfaitement la route.

Un petit mot sur la réédition récente de l'album pour fêter la réunion du groupe. Outre un joli packaging cartonné faisant honneur à un artwork assez bien vu (des Little People arborant un sourire niais alors que leur grille pain menace de mettre le feu à la baraque), on retrouve sur la galette 2 titres bonus, dont un au moins aurait eu tout à gagner à être inclus dans la tracklist originale : ce fameux "9" est en effet le titre de loin le plus énergique de l'album, faisant joliment honneur aux origines hardcore du groupe. Vous l'aurez compris, ne vous attendez pas à un album exceptionnel avec ce premier jet des Sunny Day Real Estate. Il reste néanmoins largement plus écoutable que tout ce que l'emo produit actuellement, et pourra peut-être vous pousser à explorer ce créneau peu connu avec des artistes respectables tels que Jimmy Eat World ou encore Something Corporate. Comment ça, je fais du racisme anti-jeune ?

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Opeth


In Cauda Venenum


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De parangon du death-metal suédois à inclinaisons progressives, Opeth est passé en moins de dix ans à coqueluche du monde progressif tout court avec ses albums mélodiques et techniques typés 70’s. Gloire permise aussi par une esthétique affirmée ; il y a bel et bien un « son » Opeth qui est né depuis Heritage(comme il y a avait une identité claire dans la première période du groupe), et celui-ci n’est pas du tout renié dans ce nouvel opus tant attendu. En effet, In Cauda Venenum est dans la claire lignée des albums précédents, dont le dernier en date était le chef-d’œuvre Sorceress aux qualités exceptionnelles. 

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