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Critique d'album

Sébastien Tellier


My God is blue


(23/04/2012 - Record Makers - Electro-pop - Genre : Autres)
Produit par

1- Pépito Bleu / 2- The Colour Of Your Mind / 3- Sedulous / 4- Cochon Ville / 5- Magical Hurricane / 6- Russian Attractions / 7- Mayday / 8- Draw Your World / 9- My Poseidon / 10- Against The Law / 11- My God is Blue / 12- Yes It's Possible
Note de 3/5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"Tellier signe un concept album délirant à la hauteur de ses prétentions."
Caroline BT, le 08/06/2012
( mots)

Quatre ans ont passé depuis Sexuality et le sublime "L'amour et la violence", titre avec lequel le français Sebastien Tellier avait prouvé son génie de compositeur. Figure historique du label Record Makers, ce personnage poétique, cru, mais romantique et parfois loufoque revient avec un nouvel album concept sur le thème de la foi et de la religion, étrangement intitulé My God is blue. Digne représentant français à l'Eurovision en 2008, mais aussi père d'une des plus belles mélodies contemporaines, "La Ritournelle", Sebastien Tellier s'intéresse donc cette fois-ci à la spiritualité, après avoir exploré les thèmes de la famille (L'incroyable vérité) et de la politique (Politics).

Piège à filles, adulé ou détesté, véritable compositeur inclassable ou barbu m'as-tu-vu aux lunettes noires squattant les plateaux télé à la mode, qui peut juger de la véritable nature de Sébastien Tellier ? C'est en se plongeant dans My God is blue que la réponse vous sera révélée. Ceux qui le suivent depuis ses débuts ne seront pas étonnés du ton de cet album, il synthétise les sentiments inspirés par ses trois derniers opus : l'intimité ("The colour of your mind"), l'exubérance ("Pépito bleu"), la provocation et la sensualité ("Sedulous", "Cochon ville"). A la douceur de Cascadeur, au grain de folie d'un Polnareff, au lyrisme d'un Biolay, à l'inventivité d'un Gainsbourg époque Mélody Nelson, s'ajoute la diversité d'un vieux Basement Jaxx, pour donner naissance à cette galette mystique. Bien-sûr, il ne faut pas s'arrêter aux titres des morceaux ni aux paroles, lisez-donc : "Pépito Bleu", "Cochon ville" et même "coiffeur pour lui, pour elle ... c'est quoi cette histoire de coiffeur, c'est n'importe quoi ... ouuui mais c'est  beau" dans "Against the law" ! Ne pas se fier non plus au personnage de gourou à qui il arrive d'être un peu trop détendu à la télé. L'enrobage raëlien et le concept Alliance Bleue doivent être dépassés pour se concentrer sur la musique. Néanmoins, la pochette kitsch, digne brouillon des photographes Pierre et Gilles est bien synonyme d'une grandiloquence assumée et d'un travail mégalomaniaque.

Avec le premier titre "Pépito bleu" : le décor est planté, nous sommes avec lui dans une église futuriste à écouter ses préceptes de fusion, d'énergie communautaire et d'amour ("pour commencer la prière des cieux ...") : à écouter au énième degré ... Au fil des titres, l'auditeur hésite entre s'esclaffer (les chœurs sectaires proches d'Era dans "Pépito bleu" ou quelques longs solos de synthétiseur) et crier au génie (la douceur de "The colour of your mind"). Appréhender l'ensemble de My God is blue, c'est se dire qu'on tient un ovni tout à fait réussi, où les instants de grâce sont nombreux. Quelques morceaux pourront tirer leur épingle du jeu en soirée, tels que le prévisible et funky "Cochon ville" et son clip un temps censuré, le superbe et poétique "My Poseidon", le dansant et sensuel "Sedulous" ou le symphonique "Russian attractions". Rendant hommage au rock progressif (Yes) en particulier avec le titre "Against the law" et aux guitares 70's dans le trop court "Draw your world", Sébastien Tellier réussit encore le pari d'innover dans les musiques électroniques. My God is blue n'est pas sans évoquer les sonorités de Kavinsky (Drive) ou du dernier Justice (Audio Video Disco), si rétros mais finalement si contemporaines. On retrouve aussi avec plaisir la voix de Tellier, travaillée pendant six mois, même si celle-ci chante certaines paroles déjantées ("M'asseoir décoré de pépitos bleu ... prosterne-toi !") et parfois en franglais ! Le dernier titre "Yes, it's possible" conclut merveilleusement l'album, avec ses orgues Daft punkien annonçant une fin du monde cataclysmique imminente. Ce morceau prouve qu'il fallait profiter de la philosophie "Carpe diem" énoncée par l'Alliance Bleue, de ses vibrations telliesques, tous chakras ouverts, avant la fin tragique qui nous attend, comme dans Melancholia !

De prime abord prétentieux et incompris en interview, mais pourtant sincère, Sébastien Tellier reste un grand poète moderne, unique, à rebrousse-poil, en décalage avec ses contemporains. Comme souvent en France avec les personnages hors normes, Sébastien Tellier n'est pas reconnu par ses pairs, mais est une star outre atlantique. Il reste le seul, selon ses propres mots : "à réinventer le rock et la musique électronique,  à marier des mélodies poétiques à des beats R&B, à relier Mariah Carey et Daft Punk".
Délirant, mais timide en live, ne le ratez pas cet été au festival de Dour, à Londres au festival Eurostar Traction, à Calvi on the Rocks ou cet automne dans les grandes salles françaises : le 24 octobre 2012 à la Coopé' de Mai à Clermont Ferrand, le 25 octobre 2012 au Bikini de Toulouse, le 26 octobre 2012 au Stéréloux de Nantes.

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