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Critique d'album

Radiohead


Kid A


(02/10/2000 - Parlophone - Rock alternatif - Genre : Rock)
Produit par Nigel Godrich

1- Everything in Its Right Place / 2- Kid A / 3- The National Anthem / 4- How to Disappear Completely / 5- Treefingers / 6- Optimistic / 7- In Limbo / 8- Idioteque / 9- Morning Bell / 10- Motion Picture Soundtrack
Note de 4.5/5
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Note de 4.5/5 pour cet album
"Un album phare et novateur, entre expérimentation et génie."
Florent, le 22/02/2007
( mots)

Trois années après le succès planétaire du mythique OK Computer, les attentes autour de Radiohead sont énormes. Le combo Anglais a eu du mal à digérer sa réussite, et c’est dans la douleur que le groupe sort son quatrième opus, le bien nommé Kid A (en l’honneur d’une console ainsi nommée et utilisée lors de l’enregistrement…).

Le public attend énormément l’arrivée de cet album et le moins que l’on puisse dire c’est que Kid A fera énormément parler de lui à sa sortie, et pas seulement en bien... Thom Yorke et ses amis n’aiment pas la facilité et changent ici de route, sans totalement délaisser le chemin qui les avait amené jusque là. Radiohead prend simplement un virage très serré vers l’électro et des compositions quelque peu plus folles. Beaucoup seront ceux à ne pas parvenir à tenir la route et à en sortir violemment. Certaines critiques acerbes, qui ne comprennent pas une telle évolution, parlent « d’album manqué, ou Radiohead lâche son public et la recette de ses succès passés », voire « d’un album pour drogués vendu sans drogue »…

Pourtant, pourtant, si à l’époque l’écoute de Kid A donne l’impression d’un dépucelage auditif et cérébral douloureux, certains fans assidus ou autres mélomanes intéressés par le travail de Radiohead trouvent dans cette galette énormément de points très intéressants voire passionnants à écouter et à vivre. Dés le départ, Radiohead offre un morceau au songwriting étonnant de maîtrise et de classe avec ce "Everything in it’s right place" et sa nappe de clavier lancinante et ses voix de fond passées à la moulinette électro. On est ici en présence d’une chanson pour le moins intéressante, qui s’avèrera être exceptionnelle en live, tout en relief et sinusoïdes psychédéliques.

Le ton est mis, Radiohead va vers d’autres cieux sans pour autant quitter sa marque de fabrique si particulière, et s’électronise, influencé et attiré notamment par Aphex Twin. Bien sur le second morceau de l’album, dans une ambiance glauque et surprenante (la voix est inversée et jouée sur des nappes électroniques) est pour le moins éloigné des guitares d’OK computer et peut vraiment déplaire aux afficionados d’un rock plus brut et réel. Mais les expérimentations notamment de Jonny Greenwood (qui fait par exemple utilisation des Ondes Martenot sur quelques titres) apportent quelque chose à la musique de nos cinq anglais, la rendant plus synthétique mais aussi plus vibrante et fantastique.

Arrive ensuite un mirobolant hymne Radioheadien (à défaut d’être national, "The National Anthem"), à la ligne de basse envoûtante et à la rythmique pour le moins entraînante. Encore un morceau proche du génie d’un point de vue musical; tout est parfaitement en place, la batterie de Selway, les ondes de Greenwood et la voix de Yorke. Un morceau qui, une fois n’est pas coutume, sonne excellemment bien en live. C’est un peu la contradiction de cet album, tout en « electro-barré » inclassable et surprenant en studio mais réellement mis en relief en concert. Les cuivres très free-jazz rappelant notamment Coltrane rajoutent à l’effet de surprise et au côté ambient du morceau.

Kid A ne fait et ne fera très certainement pas l’unanimité mais l’intérêt est ailleurs : Radiohead avance. Que ce soit sur le somptueux "How to disappear completeley", sorte de somptueuse ballade acoustique habitée par la mélancolie, la tristesse et les aigus de Thom Yorke, ou bien sur le diptyque (sonnant très OK Computer ) "Optimistic"-"In limbo" , Radiohead fait l’étal de son potentiel créatif et de sa propention à varier les choses. Le groupe s’apprête à devenir un groupe inclassable, quelque part perdu dans un monde musical de plus en plus aseptisé et répétitif. Radiohead cherche et recherche encore, et ce Kid A s'avère être un des albums les plus novateurs de l’époque.

Yorke prend un costume de lutin raver halluciné et habité sur le très technoïde "Idiotèque" et donne le ton dans un morceau à beat box et à nappes répétitives. Très réussi. La fin de l’album se fait sur une note plus cinématographique avec le génial "Morning bell" et sa rythmique omniprésente. Yorke se plaint au piano, le courant passe très largement. Enfin, le morceau de clôture (le bien nommé "Motion picture soundtrack ") referme un chapitre mélancolique des plus vibrants. Une fois arrivé en sortie de virage, force est d’avouer qu’on ne ressort pas indemne de la digestion d’un tel album.

Rien ne sera plus comme avant pour Radiohead comme pour le rock à partir de là. Le rideau est tombé et Kid A devient un album référence et une expression à la mode chez les rock-critic en mal d’expressions imagées. Ainsi, « faire son Kid A » signifie évoluer grandement, en précurseur, et progresser dans une ambiance surprenante et quasi anti-commerciale.

Paradoxalement, alors que Radiohead a énormément souffert et a avancé à tâtons pour offrir cet album en réaction à OK Computer, le résultat est pour le moins novateur, intense et expérimentalement réussi. Les concerts de l’époque sont également très réussis et Kid A passe parfaitement en son live, ce qui est d’autant plus fort pour un groupe qui de toute façon s’oppose complètement à l’idée de faire de la musique de stade. Radiohead a fait son Kid A. Nombreux seront les groupes à ne pas pouvoir suivre…

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