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Critique d'album

Nick Cave & The Bad Seeds


Push The Sky Away


(18/02/2013 - Bad Seed Ltd. / Pias - Post Punk - Genre : Rock)
Produit par

1- We No Who U R / 2- Wide Lovely Eyes / 3- Water's Edge / 4- Jubilee Street / 5- Mermaids / 6- We Real Cool / 7- Finishing Jubilee Street / 8- Higgs Boson Blues / 9- Push the Sky Away
Note de 4/5
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Note de 5.0/5 pour cet album
"Push The Sky Away : ou comment tutoyer les cieux !"
Marc, le 22/02/2013
( mots)

Brighton, une villa en bord de mer rafraîchie par le vent et les embruns, Nick Cave jette quelques regards voyeurs par sa fenêtre. Du haut de sa belle vue, cette face de lapin coquin a couché ses derniers mots pour retranscrire ses ineffables fables en chansons. Entre le passé et le présent, il vient d'extirper de son inconscient d'inavouables contes de mille et une nuit, d'hier et d'aujourd'hui. Après les sauvages saturations électriques de Grinderman la naissance de son prochain opus avec les Bad Seeds est annoncée, le premier sans Mick Harvey.


Saint-Rémy de Provence, c'est à La Fabrique, un manoir du 19ème siècle transformé en studio d'enregistrement et capitonné d'albums vinyliques, que Nick Cave a rejoint Warren Ellis, son barbu préféré, et ses autres acolytes pour réaliser Push The Sky Away. Sous la conduite de Nick Launay, le premier album à être entièrement co-écrit par Ellis et Cave, a vu le jour sous le soleil du midi en explorant le territoire habituel du classieux ténébreux : la religion, les femmes et le sexe. Neuf ballades en font la sève, toutes aussi belles que licencieuses, où les Bad Seeds, en mode minimaliste, ne s'attachent qu'à jouer les notes essentielles.

Selon les propres mots de Nick Cave, "Push The Sky Away est comme un bébé-fantôme dans une couveuse dont les boucles de Warren Ellis seraient les tremblants petits battements de coeur". L'icône du post-punk à la nonchalance parfaitement maîtrisée a toujours eu le don de nous faire aimer des personnages peu recommandables au coeur d'histoires singulières, mais dans cet album, si Nick Cave regarde ses personnages respirer difficilement, il nous laisse à penser qu'il y a toujours quelque chose à apprendre d'eux. L'âge venant le Cave ne se rebiffe plus et c'est le fil précieux de la sagesse qui le guide.

"Il n'y a pas de nécessité à pardonner", Nick le prédicateur le constate sans angoisse pendant qu'une flûte traversière et des choeurs embellissent la première ballade au titre évocateur : "We No Who U R". Le décor est planté, rien ne va pouvoir bouleverser la source qui coule le long de ses méandres spirituels et sensuels. De sa fenêtre il décrit une femme sur une plage, abandonné(e), divinement accompagnée d'une guitare ondoyante ("Wide Lovely Eyes"). La patte de Warren Ellis est prégnante, la batterie, le violon, le piano et une ambiance plus menaçante à la Dirty Three rythment une ode aux amours (sexuelles) de vacances ("Water's Edge"). C'est d'ailleurs le même canevas musical qui enveloppe la superbe et trompeuse "We Real Cool", rehaussée d'une ligne de basse ininterrompue.

A l'évidence, Push The Sky Away est tout aussi mélancolique que voluptueux. John Hillcoat, son partenaire cinématographique, a enclippé "Jubilee Street". Un petit bijou confectionné par amour pour une prostituée avec un final tragique et orgasmique. Si ce n'était pas la femme de Nick Cave sur la pochette de l'album on pourrait croire qu'il la chante pour elle, à moins que ce ne soit dans "Finishing Jubilee Street" où il se met en scène et fait part d'un rêve érotique. Il se montre même lubrique, "Mermaids" : "She was a catch / We were a match / I was the match that would fire up her snatch"... Cette sirène est hors d'atteinte mais tout va bien, la mélodie et les choeurs en témoignent. La pulsion non assouvie restera fantasmée. D'une voix gorgée de violence contenue Nick Cave se tape un délire sur nos quêtes futiles en mêlant le blues avec le boson de Higgs, Robert Johnson avec une héroïne de série télé de Disney, entre autres. Une écriture sans frontière qui n'est pas sans rappeler celle de son roman Mort de Bunny Monro. Un orgue, de nouveaux les choeurs d'enfants de Saint-Rémy de Provence, un chant ressenti profondément, le lyrisme final de "Push The Sky Away" est bouleversant : "And some people say it's just rock 'n' roll / Aw, but it gets you right down to your soul". Tout ce que l'on vient d'entendre se résume à ces deux phrases.

Le 15ème opus de Nick Cave & The Bad Seeds est sans doute le plus beau et le plus subtil de tous. En épousant la vulnérabilité de l'être au lieu de la dénoncer froidement, l'escogriffe australien se montre bienveillant envers ses semblables. Ses vieux démons du midi semblent avoir été exorcisés avec Grinderman et si l'on sent bien qu'il faudrait un rien pour qu'ils ressurgissent à nouveau, on s'incline devant l'immaculée conception de ce Push The Sky Away où même le chant de Nick Cave n'a jamais paru aussi juste et profond.

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