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Critique d'album

New Order


Technique


(30/01/1989 - Factory - Post punk - Genre : Rock)
Produit par New Order

1- Fine Time / 2- All the Way / 3- Love Less / 4- Round & Round / 5- Guilty Partner / 6- Run / 7- Mr. Disco / 8- Vanishing Point / 9- Dream Attack
Note de 4/5
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Note de 4.5/5 pour cet album
"New Order au sommet de son art, ou la rencontre détonnante de la new wave et de l'acid rock"
Nicolas, le 02/09/2016
( mots)

“Hey Sophisticated lady / You know I've met a lot of cool chicks / But you've got style / You've got class / But most of all / You've got love technique”


En un mot comme en cent, “Fine Time”, le single d’ouverture de ce cinquième album de New Order, est phénoménal, réalisant probablement l’un des meilleurs, si ce n’est le meilleur mariage électro-rock jamais couché sur bande. Le premier tiers du titre est si foisonnant, si sémillant, si inventif qu’on peine à enregistrer tout ce qui arrive jusqu’à nos oreilles. Fruit d’une longue gestation dans les faubourgs du nightclub Amnesia d’Ibiza, cet uppercut sonore d’une rare densité constitue la fusion parfaite de la culture rock et de l’acid house alors en pleine explosion. Voilà le bol d’air dont les mancuniens avaient besoin pour se remettre en selle, après un Brotherhood fondamentalement réussi mais qui semblait marquer le pas sur le succès mid-80’s qu’était Low-Life. Technique représente ainsi l’apogée créatrice de New Order, et si certains voudraient le réduire à ses singles house gigoteurs, l’album recèle de bien d’autres surprises.


En 1988, la situation de Sumner, Hook, Gilbert et Morris n’est pas forcément idéale. Tandis que la carrière de leur groupe s’envole doucement, la plupart de leurs économies se voient englouties dans leur club de Manchester, l’Haçienda, qui peine à équilibrer ses comptes faute d’une gestion efficace mais surtout de choix lucides. Néanmoins, le vent commence à tourner la même année avec la popularisation de la house music qui vient en droite ligne de Chicago. Les clubs mancuniens s’emparent de ce mouvement, et très vite, la public se met à affluer et l’argent à couler - enfin - dans les caisses. Surfant sur cette nouvelle vague musicale, la fine équipe, après avoir tant bien que mal essayé d’enregistrer du matériel à Londres, décide de prendre quelques semaines de vacances à Ibiza en embarquant avec elle son ingé son, Michael Johnson, toujours féru de nouvelles technologies. Très vite, l’ambiance rave - ecstasy enflamme les anglais qui sentent l’inspiration venir à la vitesse grand V, et les séances d’enregistrement s’enchaînent sans même qu’ils ne s’en rendent compte. Lorsque New Order quitte l’Espagne, un tiers de l’album est déjà finalisé, et le reste se voit mis en boîte à toute allure aux Real World Studios de Peter Gabriel. Le pari baléaréen paye immédiatement puisque Technique, annoncé par son single massue, se classe en tête des chartes anglais, une première pour les natifs de Manchester, d'autant que ce succès n'est nullement usurpé.


"Fine Time", donc. Même s'il serait ridicule de réduire l'album à son ambassadeur, force est de constater que c'est la première fois que New Order place un single, et plus encore un morceau synthétique, en tête de file de l'une de ses productions studios. Bien sûr, l'acid house inonde le morceau de beats débridés, de basses synthétiques gloutonnes, de boucles électroniques entêtantes, mais le rendu final du titre doit beaucoup aux interventions vocales nerveuses de Sumner et à ses décharges de guitares aussi efficaces que des électrochocs. Il y a tellement d'idées dans "Fine Time" qu'il serait vain de toutes les énumérer, mais on n'omettra pas d'aborder les bêlements de mouton qui concluent l'épopée, tellement ils sont représentatifs de ce fatras sonore tout bonnement jubilatoire. Question synthétique, Technique regorge de pièces qui, dans leur approche sonore, ont presque cinq années d'avance sur la concurrence. Même le très new wave "Round and Round" a basculé dans la décennie suivante, en regard notamment de son introduction décapante et du traitement beaucoup moins cheap de ses synthés. Très réussi lui aussi, "Mr Disco" joue la carte d'une dance music cool et amoureuse en profitant là encore d'une boucle électronique entêtante et en variant les plaisirs auditifs (carillons doux juxtaposés à des nappes feutrées, long développement rythmique gigoteur), tandis que le binaire de "Vanishing Point" s'avère infiniment plus triste et éploré même s'il ne lésine pas sur les percussions. Sur ce dernier morceau, la basse de Peter Hook parvient à s'extraire des claviers et à offrir un beau contrepoint organique à toute cette synthèse. C'est là tout le talent de New Order, on ne le répétera sans doute jamais assez, que de savoir parfaitement équilibrer ses aspirations et ses influences, comme en témoigne le superbe "Dream Attack" qui parvient à faire la jonction quasi-parfaite entre le trio rock habituel et le futurisme électronique, le tout mis au service d'une mélodie poignante que vient rehausser une conclusion emportée par ses montées et descentes de guitare. Du grand art.


Mais, et c'est presque paradoxal, c'est justement grâce à la qualité et au traitement de ses morceaux les plus rock que Technique s'avère aussi intense. Sumner a quasiment eu les coudées franches sur l'ensemble du disque, signant au passage l'intégralité des paroles et imprimant à ces pièces plus classiques un traitement essentiellement à base de guitare acoustique ou électro-acoustique. Symbole de cette tendance, l'impeccable "All The Way" transporté par la ligne de basse très inspirée par The Cure de Hooky. Plus tranquille et non moins curesque, "Love Less" est tout bonnement happé par le timbre traînant et râbleur de Bernard Sumner, et c'est avec un morceau comme celui-ci que l'on mesure tout le chemin parcouru depuis Low-Life. L'acoustique est encore plus présent dans "Guilty Partner", encore un titre magnifique, par le biais d'un solo presque flamenco. En définitive, l'électricité ne réapparaît que parcimonieusement sur "Run" qui, lui non plus, n'aurait pas dépareillé chez Robert Smith and co et qui se livre à un combat tranquille entre couplets lascifs et refrains un peu plus affirmés. Bien sûr, ces quatre morceaux ne représentent pas l'intérêt primordial de Technique, mais outre le fait qu'ils se montrent vraiment réussis, ils parviennent surtout à se mêler à la folie sonore des titres dansants et à leur offrir un contrepoint absolument idéal.


Même s'il est toujours cliché de prétendre que tel disque est le meilleur album de tel groupe, surtout au regard de la qualité réellement hors normes de la production 80´s de New Order, il est difficile de ne pas admettre que Technique est une oeuvre forte, audacieuse, nettement en avance sur son temps sur le plan du traitement sonore mais qui n'en oublie pas moins de se montrer accrocheuse dès la première écoute et addictive aux suivantes. Une chose est sûre, les quatre mancuniens ne seront plus jamais aussi bons que sur cette galette affublée d’un ange doré et bardée de son fond rose fluo. Il s'agit également de leur dernière réalisation chez Factory Records et de leur ultime auto-production. Les années suivantes verront se succéder la fermeture de l'Haçienda, la faillite de Factory, le mariage de Stephen Morris et de Gillian Gilbert ainsi que le prise de distance progressive de cette dernière avec le groupe, le début de la brouille entre Bernard Sumner et Peter Hook… aboutissant à un Republic conflictuel et à la qualité en net déclin. L'apogée de Technique n'aura duré qu'un temps, mais en 1989, New Order a pu transitoirement régner sur le monde. Ce qui n'est pas rien, vous en conviendrez.

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