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Critique d'album

Monkey 3


39 Laps


(04/12/2006 - Buzzville / Longfellow Deeds - Stoner Rock - Genre : Rock)
Produit par

1- Xub / 2- Last Moulinao / 3- Driver / 4- Jack / 5- Je Et Bikkje / 6- Once Upon The Time In The West
Note de 4/5
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Note de 3.0/5 pour cet album
"Du désert californien aux sommets alpins, il n'y a qu'un pas. Monkey 3 le prouve"
Maxime, le 09/01/2007
( mots)

Les amateurs d'exotisme seront sûrement ravis d'apprendre que l'on pratique du stoner rock en Suisse. Oui, Madame, de l'instrumental même. Et du bon. Quatuor basé à Lausanne, Monkey 3 (nom choisi en hommage au film L'armée des douze singes, les suisses étant de grands cinéphiles ; nous y reviendrons) boxe dans une catégorie assez prisée dans le petit monde du heavy rock, celle des longues jams enfumées propres aux torpeurs narcotiques et aux emballements massifs nourris de riffs volumineux. Cette sous-catégorie du stoner rock connaît ses maîtres à penser (tels que Pelican ou les cultes Karma To Burn ), ses codes, ses passages obligés et bien des groupes comprenant un vocaliste dans leurs rangs se sont livrés à un moment ou à un autre aux joies du trip instrumental ( Kyuss en premier). Aussi, il ne suffit pas de se passer d'un chanteur pour espérer, de facto, innover en la matière.

Pourtant, en l'espace d'un premier album (réédité depuis par leur label actuel, Buzzville), Monkey 3 s'est forgé un son bien à lui et a tracé les contours d'un stoner hypnotique et atmosphérique qui flatte les esgourdes averties. Enregistré sur le flanc d'une montagne, dans un authentique chalet en bois (on ne peut pas faire plus cliché pour un groupe suisse, mais c'est pourtant vrai), sous les yeux hagards des autochtones locaux (on imagine), 39 Laps réaffirme les qualités qui se dessinaient dans leur premier opus et leur font franchir un nouveau pallier le long de 6 plages vautrées voluptueusement sur un épais matelas de guitares en fusion.

Au fil des écoutes, la patte du quatuor s'affirme : une introduction longue et progressive, accompagnée de guitares acoustiques ou de bribes de lignes électriques, puis vient le moment de l'explosion. Sans accélérer le tempo, le groupe ouvre les vannes pour une véritable douche de guitares fuzz noyées dans un écho brumeux, traversées de sons tour à tour cristallins comme la glace ou cinglants comme le blizzard. Vient enfin le retour à l'accalmie sous le joug constant d'une tempête qui menace de se déclencher à nouveau. Sur une base entièrement analogique (stoner oblige), la production fait merveille et retranscrit avec bonheur la griffe de chaque instrumentaliste, que ce soit la basse veloutée de Picasso, douillette comme un bon édredon, ou la batterie tribale de Walter qui se complait à arroser ses fûts en grondant du baffle gauche au droit. On pense tout autant aux riffs obèses de Karma to Burn qu'au post-rock de Mogwaï , dans cette attention méticuleuse portée au rendu des atmosphères qui traversent les morceaux, s'ingéniant à souffler le chaud et le froid. Il va de soi que tout ce joli barnum sent le local de répétition enfumé, et il ne fait nul de doute que sous l'emprise de 39 Laps on se mette à voir des vaches violettes brouter l'herbe ou des marmottes replier leurs tablettes de chocolat dans des feuilles d'alu.

On peut cependant regretter que Monkey 3 ne base la structure de ses compos que sur ce modèle ascendant puis descendant, l'ensemble se montrant dense et cohérent, mais parfois un peu redondant. Finalement, c'est lorsque le groupe prend véritablement son temps qu'il frappe le plus fort. Fort de ses 14 minutes, "Je et Bikkje" se pose comme le sommet de l'album. Véritable train fantôme lancé depuis les sommets enneigés, le morceau s'ouvre sur une basse gutturale et minimaliste, qui fait lointainement écho à l'ouverture magistrale du "Phototropic" de Kyuss . L'air est lourd, zébré de sons biscornus, puis la basse se fait progressivement rattraper par une guitare à l'unisson dans un beau duel pulvérisé par une batterie atone. Superbe moment de binaire sous psychotropes qui rappelle les premiers manifestes drogués de Monster Magnet . L'album se ferme sur une reprise du thème de Il était une fois dans l'Ouest pour un nouveau tour de force. Le groupe parvient à délocaliser l'ambiance désertique de la pièce musicale de Morricone sur les hauts plateaux alpins avec une dextérité confondante en truffant ce morceau de bravoure de soli flyodiens au possible. Avec ce disque ascensionnel, Monkey 3 s'impose comme une formation de stoner rock avec laquelle il faudra compter sur notre vieux continent.

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