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Critique d'album

Molly's


Sighs Of The Night


(24/01/2011 - A Quick One records - Neo-shoegaze - Genre : Rock)
Produit par

1- Clean / 2- Would You Ever / 3- Night Blooms / 4- Somebody Somewhere / 5- Overload (Get Out!) / 6- Fast/Slow Motion / 7- Rodeo Town / 8- She Says / 9- Alive / 10- Catch This Feeling / 11- Tastes Like Sedative / 12- On And On
Note de 4/5
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Note de 3.0/5 pour cet album
"Le shoegaze tente une remontée acide chez ce jeune gang amiénois."
Maxime, le 28/03/2011
( mots)

114 kilomètres séparent Paris d'Amiens. Pour les relier en train, compter une heure et quart en Corail, départ Gare du Nord. Géographiquement, une paille, mais un gouffre dès lors que le teenage rock secoue les clubs branchés de Paname au milieu de la décennie précédente et qu'il s'agit de se raccrocher au wagon médiatique. Tandis que Naast, Plastiscines et autres Shades inaugurent les festivités, la capitale picarde sonne le branle-bas de combat, devenant l'une des enclaves provinciales les plus actives du mouvement, rassemblée sous l'égide de l'association Amiens's Burning. Déboulent Milk, Oregone, The Beyonders, The Poppins, The Void et les Molly's. Si le quartette s'inscrit à ses débuts dans le sillage Strokes/Libertines ambiant (leur nom est tiré de la chanson "Molly's Chamber" des Kings Of Leon), les jeunes gens vont très vite faire évoluer leur son sous d'autres figures tutélaires. Notre première prise de contact remonte à quelques années, à l'occasion d'un concert partagé avec les Ladylike Dragons dans un club de Pigalle. Les Amiénois y dédaignaient ostensiblement la panoplie dominante, préférant les blousons de cuir aux jeans slims, substituant aux Telecaster vintage une armée de pédales de distorsion, fixant leur obsession sur le binaire rauque et nicotinique du Black Rebel Motorcycle Club. Un désir mimétique qui carburait à plein sur leurs premiers EP (Parasite, 2007 ; Fast/Slow Motion, 2008).

Ce premier album prouve que la bande a depuis quelque peu élargi son horizon musical. Pendant que leurs congénères se faisaient rapidement signer, les musiciens ont préféré prendre leur temps, démêlant tranquillement la pelote dans leur quête de pères spirituels, rebondissant de Ride à My Bloody Valentine, des premiers Primal Scream aux Jesus And Mary Chain. Alors que les Parisiens cavalaient derrière Pete Doherty ou Iggy Pop, eux se cherchaient d'autres camarades de substitution, Dandy Warhols, A Place To Bury Strangers et Black Angels en tête. Ils eurent même l'extrême bon goût d'inviter les Warlocks à l'une de leur date à La Lune des Pirates, véritable poumon rockistique de leur riante cité. Sighs Of The Night constitue le témoignage éloquent de ce cheminement. Braqué sur les manifestes britanniques du début des années 90, le disque dresse un mur de son imposant, dans la plus pure tradition shoegaze. Avec sa batterie lourde et martelée, son brouillard nourri de fuzz et de reverb, ses guitares à la granulométrie élevée, on pourrait jurer que cet opus a été enfanté par des petits gars de Manchester ou de Leeds, s'il n'y avait le logo région picarde au dos de la pochette pour nous faire mentir.

Mark Gardener produit, et il n'est pas interdit de penser que l'ex chanteur de Ride a poussé ses protégés à insuffler une douce brise pop sur leur rock brumeux. Résultat : Sighs Of The Night n'a pas grand chose à envier à ses homologues anglo-saxons. Des morceaux tels que "Clean", "Would You Ever" ou "Alive" exhalent des vapeurs âcres de goudron et de térébenthine. Les guitares s'abattent en un crachin dru et les compositions rampent sournoisement sous des ambiances noisy filandreuses. Nous voilà revenus 20 ans en arrière, catapultés dans le temps avec des titres comme "Tastes Like Sedative" au parfum so nineties. Les stances ténébreuses du BRMC (groupe également fortement sous influences) ne cessent d'aimanter le combo : "Overload", "Fast/Slow Motion" et "Rodeo Town", curieusement groupés au coeur de l'album, crachent la même morgue nasillarde, la même animalité, même si l'amertume l'emporte ici sur la misanthropie.

Qu'est-ce qui empêche les Molly's de rentrer dans la case des élèves doués mais un peu trop studieux ? Peut-être le chant de Benoît Dupont, évoquant un Bobby Gillespie ou Peter Hayes juvénile, apportant une candeur bienvenue à l'ensemble. Dans ses meilleurs moments ("Night Blooms", "Somebody Somewhere"), le groupe fait montre d'une efficacité et d'une immédiateté mélodique qui les empêchent de se complaire dans l'enchaînement stérile de plages neurasthéniques et de trips psychédéliques complaisants dopés aux pédales d'effets (n'est-ce pas Bobby Hecksher ?). Aussi l'un des sommets de l'album reste incontestablement "She Says", superbe ballade où l'on retrouve la mélancolie rêveuse du Ride de la grande époque, idéal à siffloter tout en battant le pavé mouillé du quartier Saint-Leu, sanglé dans son parka ou son caban.

Doit-on pour autant condamner ce genre de disque qui exhibe crânement ses sources d'inspiration ? Pas quand le talent est au rendez-vous. A l'heure où l'on célèbre le 20ème anniversaire de Nowhere et que Kevin Shields semble enfin disposé à achever la remasterisation de Loveless, promise depuis des années, les Molly's font mieux que perpétuer le shoegaze à anorak : ils lui donnent une seconde jeunesse inespérée.

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