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Critique d'album

MGMT


Congratulations


(12/04/2010 - Sony / Columbia - Pop Psychédélique - Genre : Pop Rock)
Produit par

1- It's Working / 2- Song for Dan Treacy / 3- Someone's Missing / 4- Flash Delirium / 5- I Found a Whistle / 6- Siberian Breaks / 7- Brian Eno / 8- Lady Dada's Nightmare / 9- Congratulations
Note de 4/5
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Note de 3.5/5 pour cet album
"L'anti Oracular Spectacular ? Pas si simple..."
Nicolas, le 27/05/2010
( mots)

Pas la peine de le cacher : on avait initialement l'intention de tacler méchamment les MGMT avec ce second album. Les quelques réactions à chaud sur le forum, réactions qui faisaient suite à la parution de Congratulations, ne laissaient d'ailleurs place à aucune équivoque : cette critique allait virer à la boucherie, au carnage, à la Black Holes And Revelations by Maxime. Parce qu'il fallait à tout prix que tout ce remue-ménage cesse et que l'on remette Andrew VanWyndgarden et Ben Goldwasser à la place qu'ils n'auraient jamais dû quitter : leur salle de bain. Marre d'entendre vanter les louanges de ce duo néo-baba cool de Brooklyn sous prétexte que " 'tain, "Time To Pretend" et "Kids", c'est trop de la balle" et que "Des jeunes qui remettent la société moderne en question, c'est trop ouf". Marre d'avoir dû supporter les dithyrambes élégiaques qui ont fait suite à la sortie d'Oracular Spectacular, le plus grand hold up jamais réalisé par un groupe de pop sur les charts et sur l'intelligentsia de la critique, l'album qui a eu le culot de terminer bon premier des albumrock awards 2008 alors qu'aucun rédacteur, aucun, ne l'avais mis en tête de ses préférences de l'année.

Et là, miracle, la première écoute de Congratulations se révélait épouvantable. Aucune ligne mélodique ne ressortait véritablement, et l'ensemble donnait l'impression d'un énorme capharnaüm de sons empilés au petit bonheur la chance entre deux séances de surf glandouille. Incroyable. Alors que l'on s'était fermement préparé à rechercher, avec la mauvaise fois la plus éhontée, tous les arguments possibles pour atomiser l'irritant duo, voilà qu'il nous tendait naïvement le bâton pour se faire battre. Une aubaine comme on en avait rarement vu, et ce d'autant plus que les critiques élogieuses pleuvaient une fois encore sur l'opus. On se préparait donc à affûter une plume qui ne demandait qu'à trancher avidement quelques gorges tout en préparant quelques crocs en jambe vicelards (et vas-y que l'artwork et moche, et vas-y qu'ils assurent pas un cachou en live, etc etc). Sauf qu'au fil des écoutes, la répulsion initiale se transformait en perplexité, la perplexité se muait en curiosité, et la curiosité laissait finalement place à une sincère adhésion. Ainsi en est-il de ce Congratulations : on le détestera cordialement ou on l'encensera de façon plus ou moins justifiée selon l'intérêt qu'on lui aura initialement accordé, et il n'y aura aucune place pour la tiédeur hautaine ou le bottage en touche en catimini. Mais comme vous le verrez un peu plus loin, la vérité se situe probablement ailleurs...

Parlons plutôt de l'album, et faisons lui le plaisir de ne pas aborder immédiatement tous les à-côtés qui ont parasité les papiers extatiques de nos estimables confrères. Tout d'abord, Congratulations n'a rien d'un album évident à la première écoute car il ne contient aucune mélodie immédiate, et il faut le décanter au moins quatre ou cinq fois avant de commencer à en distinguer les différents arômes. En deuxième lieu, cet opus ne ressemble a rien de déjà entendu en terme d'ambiance sonore. Si on distingue bien sûr des influences assez évidentes (à rechercher du côté des late 60's : Brian Wilson, Syd Barrett, David Bowie et autre sorciers du proto-psychédélisme), on y pense à l'occasion avant de sombrer corps et âmes dans une atmosphère vraiment étrange, hésitant sans cesse entre un onirisme joyeux gorgé d'hélium et une vision psychotique fluorescente masquant une réalité profondément triste. Et c'est le troisième et dernier point à aborder : s'il est vrai que l'on avait déjà noté deux niveaux d'écoute différents dans Oracular Spectacular, électro-pop alerte versus mal-être adulescent, cette dichotomie prend ici une ampleur inégalée car elle n'a plus de mots pour s'exprimer. Tout le dilemme charrié par le disque réside uniquement dans les nuances musicales polymorphes qui s'enchaînent ou se surexposent en permanence, révélant une profondeur d'écoute vraiment exceptionnelle pour un disque estampillé "pop". La fameuse marque de fabrique MGMT se confirme donc et rend de facto ce groupe intéressant, bien plus que son clone australien d'Empire Of The Sun dont le clinquant synthétique cache une vacuité d'intention assez désolante.

Pourtant, Congratulations n'est pas aussi irrésistible qu'il aurait pu l'être, la faute en grande partie à une volonté inflexible de se plier au dogme des chansons sans refrain. Le concept s'avère éminemment ambitieux et parvient à faire mouche la plupart du temps, en égrenant des motifs mélodiques qui se répètent en boucle dans une espèce de transe extatique volontiers ascensionnelle ("It's Working") ou en mimant l'effet de flux et reflux des vagues sur une plage irisée de soleil ("Someone's Missing"). Ailleurs, le talent du duo s'exprime par sa propension à sculpter une pièce cataclysmique partant du minimum auditif pour se finir en un déluge punk complètement débridé ("Flash Delirium"), ou à tisser des trames sonores d'une beauté souveraine qui parviennent sans effort à nous faire voyager dans des contrées fabuleuses ("Siberian Breaks") ou inquiétantes ("Lady Dada's Nightmare). Mais la formule ne fait pas mouche à tous les coups. Preuve en est, justement, de la partie ventrale de ce pantagruélique "Siberian Breaks" qui laisse parfois notre attention vagabonder en dehors de ses sphères d'influence, faute d'un liant mélodique suffisant. Dans d'autres cas, ce sens mélodique ô combien nécessaire à une telle entreprise fait tout simplement défaut, en témoigne un "I Found A Whistle" franchement rébarbatif même s'il reste largement écoutable. Ailleurs, enfin, on reste dans le cadre d'une pop légère et désaltérante sans parvenir à tutoyer les sommets du genre ("Song For Dan Treacy", "Brian Eno"). Dommage... surtout quand on écoute une petite perle comme "Congratulations", magnifique de pudeur et de timidité refoulée, qui confirme définitivement le talent des deux branquignols shootés et qui conclue l'album de la meilleur façon possible.

Mais on ne pourra pas terminer cet aperçu de Congratulations sans évoquer, une fois de plus, le contexte grotesque dans lequel il a été accueilli. Assurément, Andrew Van Wyngarden et Ben Goldwasser se foutent ouvertement du monde, nul besoin d'être un expert en communication pour s'en rendre compte. Il n'y a qu'à voir comment les deux zigotos se gaussent des interviews, ici en laissant croire que l'enregistrement de leur album s'est uniquement effectué en dilettante entre deux parties de surf et trois dégustations de marijuana au soleil, ou là en faisant mine de s'excuser du manque de potentiel tubesque de leur nouvelle création. Ailleurs, on les voit snober les questions relatives aux fameux "Time To Pretend" et "Kids", quand on ne les voit pas carrément dévisager leurs interlocuteurs d'un air faussement ingénu devant une question éminemment perverse. N'oublions pas que les deux gus ont à peine 27 ans et qu'ils ont pourtant développé une attitude totalement détachée vis à vis de l'ouragan médiatique dans lequel ils ont été bien involontairement propulsé. Il faut en effet posséder une bonne dose de recul pour mettre sur le même plan le leader de Televison Personalities (Dan Treacy), qu'ils adorent, la reine de la pop fashion marketée scientifiquement (Lady Gaga), qu'ils plaignent, et l'un des producteurs les plus réputés de la planète (Brian Eno), dont on ne sait même plus s'ils s'en moquent ou s'ils le vénèrent. Alors par pitié, laissons à une presse abhorrée et aveuglée par leur fascinante personnalité le soin de nous engluer dans des concepts d' "anti Oracular Spectcular" et de "chef d'oeuvre de la pop du 21ième siècle", et prenons ce Congratulations uniquement pour ce qu'il est : un album vraiment réussi, supérieur à son prédécesseur lorsqu'il est pris dans sa globalité, parfois génial, souvent perfectible, et qui va surtout à l'encontre intégrale des canons en vigueur dans le petit monde de la pop. Et croyez-nous ou non, pour avoir réussi à refourguer un album aussi anti-commercial à une major (Sony / Columbia) et l'avoir mis en vitrine de façon quasi-universelle là où des formations comme les Flaming Lips, les Of Montreal ou les Animal Collective ont régulièrement échoué à glaner un réel succès populaire, il faut avoir un foutu talent, mais surtout une sacrée paire de corones. Gageons que les MGMT continueront à mettre à profit ces deux avantages substantiels pour imposer leur musique à l'avenir. Et bien malin celui qui prophétisera la teneur de leur prochaine livraison...

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