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Critique d'album

Lou Reed & Metallica


Lulu


(31/10/2011 - Warner - collaboration foireuse - Genre : Rock)
Produit par

1- Brandenburg Gate / 2- The View / 3- Pumping Blood / 4- Mistress Dread / 5- Iced Honey / 6- Cheat on Me / 1- Frustration / 2- Little Dog / 3- Dragon / 4- Junior Dad
Note de 1/5
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Note de 0.5/5 pour cet album
"On sera quitte d'une autopsie : le cadavre bouge encore..."
Nicolas, le 07/11/2011
( mots)

Lettre adressée aux médecins de la Warner / Vertigo

Chers confrères,

J'ai donc été amené à voir en consultation urgente vos patients, monsieur Reed Lou, né le 2 mars 1942, et le groupe de heavy metal "Metallica" des messieurs Hetfield James, né le 3 août 1963, Ulrich Lars, né le 26 décembre 1963, Hammet Kirk, né le 18 novembre 1962 et Trujillo Rob, né le 23 octobre 1964, dans les suites d'une tentative collective de suicide musical.

Les antécédents des patients, d'un point de vue autodestructeur, sont déjà particulièrement chargés. Du côté de Mr Reed, après une carrière éphémère et stuporeuse au sein de l'obscur Velvet Underground, on note des errements sur les scènes du monde entier avec multiplication déraisonnable d'albums initialement probants (Berlin, Coney Island Baby) mais démontrant au fil du temps des tendances autolytiques de plus en plus prononcées (Hudson River Winds Meditation, gros fatras new age abscons). Dans le cas du collectif Metallica, parfois affectueusement surnommé "Four Horsemen", on relève une discographie inconstante qui alterne coups de génie ayant inspiré toute une génération de headbangers (Master Of Puppets, entre autres) et tentations mortifères à la limite du compréhensible (Load - Reload, puis le navrant St Anger). Néanmoins, le groupe avait donné des signes de reprise en main encourageants avec Death Magnetic, essai plutôt réussi de reconquête d'une certaine dignité métallique. Les patients disent ne prendre aucun traitement médical, mais nul n'est dupe à ce sujet, surtout en ce qui concerne Mr Reed dont les excès de substances hallucinogènes semblent avoir irrémédiablement altéré l'état psychique.

L'histoire de la maladie remonte à seulement un an et demi, époque à laquelle Mr Lou Reed a contacté Mrs Hetfield, Ulrich, Hammet et Trujillo pour leur proposer de sombrer avec lui dans ses divagations en les appâtant avec un concept fumeux et pseudo-intellectuel (la mise en musique d'une pièce de Frank Wedekind, auteur allemand du XIXe siècle, qui relate l'ascension trouble d'une jeune danseuse violée usant de perversions diverses pour assouvir son ambition). Naïfs, les quatre métalleux n'ont pas une seule seconde flairé le danger et se sont embarqués avec enthousiasme dans cette collaboration apparaissant d'ores et déjà contre nature. La promiscuité entre les protagonistes a drastiquement aggravé leurs psychoses mutuelles et les a poussé à tenir, par voie de presse, des propos absolument obscènes qui laissaient croire que Lulu, l'album incriminé, flirtait avec le nirvana ("La musique que j'ai faite avec Metallica est la meilleure chose qui ait jamais été faite par quiconque", Lou Reed, NME, 30 juin 2011 ; "Lulu est l'une des meilleures choses que nous ayions jamais faites", Kirk Hammet, NME, 16 octobre 2011).

L'examen clinique et l'électroencéphalogramme sont pourtant révélateurs ad nauseum d'un produit mortifère et pathétique de bout en bout, constitué de titres longs, pachydermiques, répétitifs ("The View" emportant la palme intemporelle de l'ennui), gluants ("Little Dog", aussi chiant qu'une après-midi d'automne pluvieuse) et amélodiques (de "a" privatif). La science ès riffs de Metallica se voit ici tout simplement annihilée sur l'autel de l'avant-gardisme, précepte colporté par le fossoyeur Reed dont le phrasé pompeux et chevrottant redéfinit à lui seul le sens du mauvais goût. On a beau chercher un semblant d'intérêt dans cette farce interminable (87 minutes, il fallait l'oser), on a beau parfois relever l'échine devant une évolution vaguement imprévisible ("Pumping Bood" avec ses changements de tempo et le pathétique "Come On, James !" de Mr Reed à Mr Hetfield), c'est la consternation la plus totale qui prédomine, surtout quand Mr Reed se met en tête de verser dans le progressif ("Cheat On Me", d'un ridicule confinant au grotesque). L'horreur indicible est même atteinte avec "Mistress Dread", improbable schizophrénie issue d'un backing band thrash superposant riffs putassiers, batterie monorythmique et larsens atroces pendant sept minutes, et d'un chanteur faux et léthargique de bout en bout. Allez, en cherchant bien, peut-être que "Iced Honey" vaut le coup, peut-être. En tout cas, c'est ce morceau qui caractérise a priori le mieux l'idée d'un projet insensé qui n'aurait jamais dû voir le jour. Heureusement, la mort clinique a pu être évitée de peu grâce à quelques électrochocs appliqués par une presse musicale unanimement consternée (opinion partagée sans réserve du côté d'albumrock) : Lulu ne devrait a priori pas être soutenu par une tournée. On l'a tous échappé belle.

Le traitement au long cours risque néanmoins de s'avérer difficile. Les quatre membres de Metallica, placés immédiatement en soins intensifs suite aux déferlements de haine suscités par des hordes de fans en colère, semblent pour leur part s'être remis au travail sur un nouvel album, un signe que, déjà, la page Lulu semble être tournée, ce qui est plutôt bon signe. Le cas de Mr Reed apparaît beaucoup plus problématique mais devrait heureusement toucher de nouveau un public restreint plus enclin à entrer en complète empathie avec les élucubrations pré-séniles de ce suicidaire multi-récidiviste. Je me permets néanmoins de vous adresser, à vous, messieurs les médecins de Warner Inc, une remarque strictement professionnelle : très franchement, n'auriez-vous pas pu prévenir ce désastre ? N'aurait-il pas été possible, en opérant une surveillance renforcée, en multipliant les contrôles à domicile, en flicant les co-responsables de ce projet, les dénommés Greg Fidelmann et Al Wilner, d'empêcher un tel fiasco ? N'aurait-il pas été possible d'appliquer ici le sacro-saint principe de précaution afin d'éviter les vagues de haine outrées qui ont fleuri un peu partout sur le globe et qui ont plongé la planète metal dans un désarroi indescriptible ?

Je remets donc messieurs Reed, Hetfield, Ulrich, Hammet et Trujillo sous votre surveillance, mais je me dois de vous signaler qu'à la prochaine incartade de vos patients, et sans réaction de votre part, je serai contraint d'en référer auprès du conseil de l'ordre des médecins et de formuler à votre encontre une demande de radiation pure et simple.

Bien confraternellement vôtre

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In Cauda Venenum


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