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Critique d'album

Lo Moon


Lo Moon


(23/02/2018 - Columbia - Dream Pop - Genre : Pop Rock)
Produit par Chris Walla

1- This Is It / 2- Loveless / 3- The Right Thing / 4- Thorns / 5- Tried To Make You My Own / 6- My Money / 7- Real Love / 8- Camouflage / 9- Wonderful Life / 10- All In
Note de /5
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Note de 1.5/5 pour cet album
"La grosse déception dream-pop de ce début d'année"
Valentin, le 14/03/2018
( mots)

C’est un algorithme anonyme qui m’a fait découvrir Lo Moon. “Loveless” m’est apparu en conclusion d’une playlist dream-pop éphémère, dessinée sur les contours du second disque de Cigarettes After Sex par le tout-puissant Spotify. Presque tous les services de streaming partagent ce vertige idiot les pressant à nous submerger de bruit dès qu’un album est en passe de se substituer au vide. Parfois, il est agréable de se laisser porter par ce flot d’artistes souvent passables ou inoffensifs, même en saisissant la manœuvre commerciale évidente derrière le procédé. Parfois, il arrive même de faire des découvertes intéressantes, même si cela reste finalement assez marginal lorsque l’on considère l’état de notre concentration pendant ces égarements musicaux.


“Loveless” a pourtant réussi à me sortir de ma torpeur. Toutes les composantes de ce single de sept minutes (!) semblaient réfléchies et maîtrisées à la perfection, à commencer par cette section rythmique atypique mélangeant saccades hip-hop et dévalements de toms, plutôt singulière pour un morceau lorgnant vers la dream-pop. Le travail de production y est tout simplement excellent, que ce soit du côté des nappes de synthés, d’orgues et de distorsion qui tapissent la grande majorité du titre, ou du côté de ces lignes vocales subtiles mais pénétrantes, clairement inspirées par le désormais discret Mark Hollis de Talk Talk. La surprise fut donc démesurée lorsque je me rendit compte qu’il s’agissait là du tout premier morceau de Lo Moon, sorti en indépendant au moins une année plus tôt, et qu’aucun autre titre n’avait émergé depuis. Il me paraissait ahurissant qu’un groupe si jeune soit capable d’une si grande maturité technique et artistique, mais soit. Même s’il est difficile voire impossible de juger du talent d’un artiste à partir d’un seul single, je ne pouvais m’empêcher de penser : peut être que Spotify m’avait mit sur le chemin d’un futur grand groupe. Peut-être que tout compte fait, Spotify était sympa.


Et puis d’autres singles sont apparus, et toutes ces réflexions se sont volatilisées aussi rapidement que la carrière politique de Thomas Thévenoud. D’abord “This Is It”, qui pompe grossièrement le Talk Talk de The Colour Of Spring avant de s’auto-détruire sur un refrain péniblement racoleur, puis “Thorns” et ses claviers mous, un peu moins raté mais tout aussi oubliable. Entre-temps, le groupe s’est fait remarquer par Columbia Records sous l’impulsion de leur mécène et producteur Chris Walla – l’ancien guitariste de Death Cab For Cutie – et a pu participer à un certain nombre de gros festivals ou d’émissions estimées (notamment l’excellente série des Tiny Desk Concert de NPR). Est-ce seulement cet emballement qui a conduit le groupe à produire dans l’urgence ces deux singles très moyens ? Il se trouve que la création de “Loveless” par le chanteur et guitariste Matt Lowell remonte finalement à 2011. Selon les dires de l’intéressé, il aurait même mis cinq longues années à la travailler dans son coin, avant de construire Lo Moon autour de ce morceau une fois terminé. Peut-être que Lowell avait besoin d’un peu plus de temps, composante dont peu de groupes sont véritablement maîtres lorsqu’ils signent sur un gros label pour la première fois. Ou peut-être que j’avais surestimé le talent de ces trois élégants américains et que “Loveless” relevait d’une certaine chance créative – un “happy accident” pour citer directement Bob Ross. Toujours est-il que le disque qui finira par arriver en ce mois de février est tout simplement décevant.


Il serait abusif de dire qu’il n’y a rien à sauver dans ces 40 minutes de dream-pop anesthésiante, néanmoins, il n’y a pas grand chose de marquant ou de particulièrement réussi en dehors de “Loveless”. La référence à Talk Talk est évidente – trop évidente. Elle crève les yeux dès que Lowell apaise son chant, ou dès que le groupe invoque ces synthétiseurs ou ces claviers typiques du groupe de Mark Hollis, sonorités pourtant abîmées par le temps. Lo Moon n’a simplement pas l’aisance nécessaire pour se détacher de cette influence, si bien qu’elle traumatise grossièrement ce disque éponyme et donne souvent l’envie d’interrompre l’écoute pour redécouvrir The Colour Of Spring. Là où Talk Talk construisait des titres assez denses et sophistiqués, Lo Moon se contente de simples morceaux pop dont le schématisme peine à convaincre. En dehors des singles apathiques présentés plus tôt, que dire la de naïveté malhonnête de l’agaçante “Wonderfull Life” et de son pénible lyricisme (“Hand in hand / Every heart's not made to last / Now I know / Staring at the moon / I'd pull it down to you”). Le groupe de Matt Lowell tente tout de même de réinjecter du sang neuf dans leurs influences – parmi lesquelles on compte également le So de Peter Gabriel – avec plus ou moins de réussite. La production de Chris Walla est en ce sens assez paradoxale, parfois géniale et astucieuse comme lorsqu’elle appuie tendrement le crescendo de “Camouflage”, mais bien plus souvent à côté de la plaque, comme sur “My Money” et ses pianos électriques low-cost qui ne font plus rêver personne. Il est alors difficile de saisir l’essence du groupe lorsqu’il cumule autant de clichés rétrogrades que de tropes contemporains, sans pour autant qu’une discussion s’installe entre ces deux dimensions.


L’idée derrière ce disque éponyme n’est pourtant pas mauvaise à la base, puisque les créations de Talk Talk, aussi excellentes qu’elles soient, ne comptent pas parmi les plus invoquées aujourd’hui : en effet, si The Spirit of Eden et Laughing Stock ont énormément marqué les débuts du post-rock, rares sont les artistes à vocation populaire se réclamant de Mark Hollis. C’est étrangement la scène rock progressive qui a le plus retenu ce nom – qui est cité comme influence principale par Steve Hoghart de Marillion, Cedric Bixler-Zavala de The Mars Volta ou encore Steven Wilson sur son dernier disque – alors qu’il n’y avait à priori pas d’affection particulière de Talk Talk envers ce milieu. Le problème est donc qu’en plus de ne s’approcher qu'en surface du groupe londonien, Lo Moon ne leur fait pas honneur et n’a aucune identité propre. Sans talent d’écriture particulier et sans production à la hauteur de leurs ambitions, il n’y a définitivement pas grand chose à retenir de cet album ou même de ce groupe, qui s'oublie lui-même à mi-chemin. Reste toujours “Loveless”, qui ne perd pas de son intelligence malgré des fréquentations difficiles, mais un excellent morceau suffit rarement pour sauver un album de l’insignifiance : aujourd’hui encore, la musique de Lo Moon se montre tout aussi anonyme que l’algorithme me l’ayant gauchement suggéré.


Morceaux conseillés : "Loveless", "Camouflage" et tout The Colour Of Spring de Talk Talk

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