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Critique d'album

King Gizzard And The Lizard Wizard


K.G.


(20/11/2020 - - garage rock expérimental - Genre : Rock)
Produit par

Note de 5/5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"Les King Gizz ressortent leurs quart-tons !"
Mathieu, le 15/12/2020
( mots)

Vous vous souvenez surement du défi fou que s’étaient lancés les King Gizzard and the Lizard Wizard en 2017 : balancer 5 nouveaux albums avant la fin de l’année. En plus d’avoir rempli leur pari (de justesse – le dernier a été lâché le 31 décembre !), les Australiens sont parvenus à nous proposer 5 disques de grande qualité, se distinguant les uns-des-autres par une atmosphère bien spécifique. L’un d’entre eux avait marqué tout particulièrement les esprits par ses sonorités peu communes : Flying Microtonal Banana, explorant les méandres de la gamme micro-tonale à partir d’instruments trafiqués pour l’occasion, et c'est justement dans ce contexte que vient s'insérer le nouvel opus dont il est question ici.


Rapide topo pour les moins musicos d’entre nous. La musique occidentale est construite autour de 12 notes fondamentales, séparées entre elles par une même fréquence appelée "demi-ton". Sur un piano par exemple, il n’est pas possible de jouer un intervalle inférieur au demi-ton. Cependant, certaines cultures ont construit leur identité musicale autours d’intervalles plus petit, permettant l’accès à des fréquences intermédiaires, inexplorées par les codes de la musique occidentale. L’écart entre deux notes est ici le quart-ton (appelé aussi micro-ton). Cette construction, utilisée entre autres dans la culture orientale, donne accès à 11 "nouvelles" notes fondamentales et accroit par conséquent les possibilités de composition.


Ce 16e album studio (en seulement 10 ans d’existence soit dit en passant !), sobrement intitulé K.G., réemploi donc la même recette introduite sur Flying Microtonal Banana, soit l’utilisation de ces fameux micro-tons, procurant ces sonorités orientales aux compositions. Au premier ordre, on pourrait penser à une simple redite de FMB, une simple suite basée sur la même formule gagnante pour des compositions rabâchées. Mais ce serait mal connaître la bande à Stu Mackenzie qui a poussé ici le concept encore plus loin. En incorporant à la gamme micro tonale des éléments de folk, de blues, de jazz et même d’EDM (oui oui d’EDM, comme Electronic Dance Music), les King Gizzard sont parvenus à bâtir un album frai et innovant tout aussi dansant qu’intelligent.


Dès la piste d’introduction, nous voilà plongés au milieu d’une atmosphère tout aussi étrange qu’intrigante. Un peu à l’image d’un charmeur de serpent essayant d’amadouer son reptile, les Australiens vont parvenir en quelques secondes à nous happer au beau milieu leur univers si particulier pour ne plus nous lâcher pendant plus de 40 minutes. 40 minutes d’un numéro de jonglage magistral entre différents styles musicaux parfaitement maîtrisés.


Le brouillard inquiétant de "K.G.L.W" s’étant dissipé, on retrouve avec plaisir en début d’album le côté plus heavy du groupe avec le détonnant "Automation", un des morceaux les plus rock de l’album aux côtés du bipolaire "The Hungry Wolf Of Fate", aux saveurs Sabbathiennes placé en toute fin de cette nouvelle création. Le désormais sextet Australien (leur batteur, Eric Moore, ayant récemment décidé de se concentrer sur d’autres projets) donne ici la preuve d’être toujours capable de nous faire hocher la tête au rythme des guitares acérées.


Au milieu de ce sandwich orienté heavy rock, c'est plutôt le versant folk/soft rock qui va finalement prédominer. Quand ce ne sont pas des touches de leur psychédélisme originel qui viennent sublimer les arrangements ("Some of Us" ou "Oddlife" en tête) ce sont de simples petits détails qui viennent y apporter des spécificités. On peut notamment citer le bluesy "Minimum Brain Size" et son harmonica discret accompagné d'une guitare micro tonale apportant ce côté "touareg" à l'ensemble. Le groove de cette piste évoque par ailleurs le très bon Fishing for Fichies sorti l’an dernier. De son côté, l’apaisant "Straws in the Wind" mêle parfaitement harmonica, flûte et cithare au combo habituel guitare, basse, clavier, batterie, et confirme une nouvelle fois l’ingéniosité et le charme de leur musique hybride. En parlant d'hybridation, le concept vient totalement exploser sur le titre le plus surprenant de ce LP, "Intrasport", génial croisement d’acide house, de disco et de musique traditionnelle turque. Un morceau dansant rappelant les Altin Gün, collectif néerlandais amateurs de fusion de rock moderne et de musique traditionnelle turque. Autre moment jouissif avec le déjanté "Ontology" sur lequel la tension est parfaitement maîtrisée et contenue sur les couplets pour être balancée au sein d’un chorus instrumental puissant et entrainant aux airs de fête foraine.


Ce qui impressionne le plus sur ce K.G., c'est le goût prononcé des gaillards pour les transitions léchées, déjà mises en valeur sur l’explosif Nonagon Infinity sorti en 2016. Les 10 nouveaux titres s’imbriquent parfaitement les uns aux autres, procurant ce sentiment de satisfaction et de symbiose ultime. La conclusion de chaque titre constitue la parfaite introduction du suivant, renforçant ainsi la cohérence de l’ensemble, malgré le passage incessant d’un style à un autre. K.G. constitue une seule et unique pièce cohérente et originale confirmant la capacité du groupe à toujours se renouveler.


Une seule et unique pièce ? N’en soyons pas si certain... Trois semaines après la sortie de l’album est sorti le single "If Not, Then When ?" dont l’introduction constitue la parfaite transition avec "The Hungry Wolf Of Fate", dernier titre de K.G.. L.W., la suite logique de cet opus serait-elle en préparation ? Les rumeurs vont de bon train et les fans semblent pencher pour cette option. Connaissant le rythme de croisière du collectif, il ne serait pas surprenant de voir débouler un nouvel album dans les bacs d’ici peu. Affaire à suivre !

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