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Critique d'album

Jamie Woon


Mirrorwriting


(04/04/2011 - Polydor - Dubstep-soul-pop - Genre : Autres)
Produit par

1- Night Air / 2- Street / 3- Lady Luck / 4- Shoulda / 5- Middle / 6- Spirits / 7- Echoes / 8- Spiral / 9- TMRW / 10- Secondbreath / 11- Gravity / 12- Waterfront
Note de 4/5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"Un ovni moderne que seule l'Angleterre semble capable de produire. "
Kevin, le 08/06/2011
( mots)

On peut supposer, au vu du nom de notre webzine, que l'on traitera quasi-exclusivement d'albums qui gravitent autour du rock. Certes, un point pour la supposition. Cependant, il arrive – rarement je l'accorde – qu'un album pointe le bout de son artwork sans que l'on soit en mesure de se faire une idée franche et précise de quel genre il s'agit. Alors, un webzine à dominante rock se doit-il de faire l'impasse ou doit-il le chroniquer malgré tout ? Et bien tout cela, on s'en cogne et on le chronique. Pour une raison très simple, Jamie Woon avec son Mirrorwriting a produit une œuvre rare, douce comme la pluie et belle comme un building la nuit. Et ça, ça se  chronique même sur albummusette ou albumacidjazz. 

Il me reste maintenant à vous faire comprendre avec une exactitude toute relative de quoi il en retourne. Le plus simple demeure encore de vous ruer en bas de page et de visionner le clip du premier single : "Night Air". Mais l'exercice littéraire me pousse tout de même à vous donner le rapport d'autopsie de plusieurs heures passées à disséquer Mirrorwriting. Jamie Woon, un peu à l'instar de James Blake quelques mois plus tôt, est un spécimen tout à fait exclusif au Londres du XXIe siècle. Un artiste libre de briser les conventions tout en mélangeant des influences séculaires et futuristes. Mirrorwriting tient en effet autant de la pop, du dubstep, de la soul, du R&B et des musiques électroniques. Et sans doute largement au-delà, mais il est quelque peu superflu de sortir l'étiqueteuse dans ce cas précis. Cet album est avant tout un album qui sans savoir d'où il vient, sait parfaitement où il va ; il dessine les contours d'une cohérence que la musique post-moderne tente bien souvent d'abattre. Tout est pesé, compté, calculé minutieusement, rien n'est laissé ni à l'abandon, ni à la lourdeur excessive d'une mélancolie qui rendrait tout cela bien trop aléatoire. Mirrorwriting est un album complet qui se veut bien plus qu'un simple patchwork des musiques actuelles. Sans doute passera t-il au travers des filets médiatiques, car son public semble encore difficile à définir. Mais il laisse converger vers lui toutes les influences citées plus haut et les réunit en un son clair, obsédant et parfaitement identifiable.

Prenons "Spirits", par exemple, titre soul par excellence avec ses chœurs omniprésents et son rythme lent et cadencé. Mais écrasé de minimalisme et de beats épars, il n'en reste qu'un squelette suave magnifié par la voix impeccable de Jamie Woon. "Gravity" quant à lui glisse en apesanteur, porté par un fond sonore digne de l'ambient le plus froid, secoué aussi bien par de lointains arpèges de guitares que par une basse timide. On part même dans les confins de l'art-pop avec un "Street" hypnotique et sensuel, ou dans le R&B contemporain avec un "Lady Luck" taillé pour les radios. Mais quand Woon bidouille ses ordinateurs, il n'est pas qu'un simple touche-à-tout vaguement indé promis à une hype passagère. D'une, Woon est un chanteur, un vrai, qui manie la césure avec brio à l'image de The XX deux ans plus tôt. Un digne héritier de cette école de soul blanche britannique, un chanteur technique oui, mais son ton chaud et élégant habille chaque morceau d'une humanité fragile, plus encore sur un "Waterfront" quasi-a capella qui clôt l'album avec bienveillance. Mais surtout, Woon est le symptôme de notre époque musicale, le chaînon manquant entre Amy Winehouse et Burial. Mirrorwriting est tout autant un album précurseur que le tribut de dix années d'expérimentations soul et dance. Deux ans plus tôt, il aurait été incomplet et deux ans plus tard, il aurait été quelconque. Sur ce fil, il navigue à flot et grâce à sa technique irréprochable et sa beauté tiède, il est le plus bel hommage en décibel de notre époque pour notre époque. 
 
Il serait bien maladroit de prophétiser sur l'influence que ce jeune londonien aura sur la trajectoire du dubstep ou de la blue-eyed soul. Les années à venir finiront bien par le dire, seulement Woon pourrait bien réconcilier des genres qui se tournent traditionnellement le dos. En tout cas, au moins pour quarante-cinq minutes. Voilà pourquoi un webzine rock se doit de laisser trainer ses oreilles un peu partout. Woon, tout comme James Blake, Nicolas Jaar ou même Katy B et d'autres, pourrait bien être à la base d'une nouvelle façon de faire de la musique. Et après tout, ce n'est pas rien.  
 
 
 
 
 
 

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