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Critique d'album

James Blake


Overgrown


(07/04/2013 - - Dub pop - Genre : Autres)
Produit par

1- Overgrown / 2- I Am Sold / 3- Life Round Here / 4- Take a Fall For Me / 5- Retrograde / 6- DLM / 7- Digital Lion / 8- Voyeur / 9- To The Last / 10- Our Love Comes Back / 11- Every Day I Ran
Note de 4/5
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Note de 3.5/5 pour cet album
"Jolie démonstration soul électronique."
Olivier, le 17/04/2013
( mots)

James Blake doit être un des derniers artistes respectables à prendre la pose sur la couverture de son disque. C’était le cas sur son premier essai, avec du flou, du mouvement. Le prodige londonien refait le coup pour Overgrown, mais il est désormais bien identifiable, bras croisés, sûr de lui. La marque du type qui s’assume. Et puis il y a un cerf en arrière-plan. Tout un programme.

Bref, trêve de digressions. Propulsé sur le devant de la scène avec ses EP innovants, James Blake a conquis un public plus large en 2011 dès son premier album éponyme. Contre-pied aux attentes des auditeurs, reposant sur une base soul, jouant avec sa voix qui le démarquait de la production en vogue, le jeune britannique offrait de belles promesses musicales. La pression est forte sur ce deuxième long play, le disque de la confirmation pour ne pas balancer la formule éculée. Dès le début, une impression se dégage, celle que James Blake côtoie plus sur ce disque le trip-hop que son domaine electro-urbain habituel, en admettant que l’on puisse lui coller une étiquette précise. Cette accointance rend la critique plus évidente, la dubstep et ses variantes flottant dans une définition et des codes nébuleux pour qui n’est pas coutumier du genre.

Pour changer, l'Anglais s’écarte donc des sentiers balisés. "I don't wanna be a star / But a stone on the shore", souffle-t-il dès l'intro éponyme du LP. Le plus, la patte de l'anglais, c'est le chant. Il se démarque de la scène electro par l’utilisation de sa voix. Cotonneuse, elle se love idéalement dans le creux des boucles dub. Les bases sont posées, la suite rentre souvent dans les codes trip-hop. Logique, à mélanger electro et soul. Ambiance lancinante, basses rondes, chaudes, tempo s’emportant ponctuellement dans la fougue et le noir. James Blake récite et plâne, pose ses nappes de claviers avec justesse, se joue des motifs, s’aventure dans tous les recoins de la musique electro. Toujours avec cette maîtrise et cette cohérence rare pour un musicien de 24 ans.

Grand amateur de hip-hop, il habille son disque d'un superbe et solennel sommet accompagné par un maître du genre. Tout en nuances, "Take a Fall for Me" met en scène RZA, que l’on n’avait pas entendu aussi  fin et épuré depuis longtemps avec le Wu-Tang. La tête pensante des phénomènes rap de Long Island prend plaisir à se perdre dans les limbes sonores et brumeuses du Londonien, serpente dans l’atmosphère libidineuse, moite et mécanique du titre, soutenue par une rythmique fabuleuse. "Her strong pheromones have come over the hand to stick to her / But she asked for romance, spent this love into her". Une alchimie évidente se crée sur ce titre, le meilleur de l'album. Pour l'anecdote, cette fusion qui semble naturelle est plutôt étonnante quand on sait que les deux artistes ne se sont jamais rencontrés, ni même parlés ! Un échange de bons procédés très américain dans l'esprit a accouché du morceau. "J'envoyais des mails à mon manager qui les envoyait à son manager qui lui envoyait", raconte Blake dans Tsugi. Je fais l'instru, tu fais la voix, et on s'envoie nos pistes par chargé de com' interposés sans s'adresser la parole ; Julian Casablancas et les Strokes aiment ça. Peu importe au final, le résultat est une pépite. Un excellent DJ, un grand emcee et le tour est joué.

Sans fausse note, sans grosse prise de risque non plus, le disque offre ce que l’on attendait de lui : une copie electro soul propre, à fleur de peau, aux petites idées bienvenues. La participation de Brian Eno sur "Digital Lion" est appréciable. S'intégrant parfaitement dans le cheminement musical, la collaboration valait le coup d’être tentée. C'est la caution dubstep. A côté, "Retrograde" remplit joliment le rôle du single pop. Excellent titre également, la piste bonus "Every Day I Ran" aurait mérité d’être intégrée à l’album. Plus qu'un choix artistique, il y a peut-être (sans doute, carrément) une considération marketing derrière ça - le diktat iTunes a sévi.

Blake est seul sur ses terres, dans un univers qu’il a forgé par ses séquenceurs et ses claviers. Un reproche peut être adressé : l’aspect lénifiant de l’ensemble. Le genre veut ça, mais à trop se complaire dans son monde certes homogène, il pourrait perdre les auditeurs peu concentrés. D'un autre côté, si le crooner cool a réussi à séduire un important public avec son premier essai, en produisant une musique plus exigeante que ce à quoi les hauteurs des charts sont habituées, le petit nouveau Overgrown connaîtra certainement le même destin. Succès mérité.

 

 

 

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