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Critique d'album

Van Der Graaf Generator


World Record


(00/10/1976 - Charisma Records - Rock progressif - Genre : Rock)
Produit par

1- When She Comes / 2- A Place to Survive / 3- Masks / 4- Meurglys III (The Songwriters Guild) / 5- Wondering
Note de 4/5
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Note de 3.0/5 pour cet album
"Trop c'est trop"
François, le 01/02/2026
( mots)

Le meilleur de la discographie de Van der Graaf Generator se compose de deux sommets, deux trilogies à l’aura incommensurable dans l’histoire des musiques progressives. La première offrait une vision très particulière et pessimiste des premiers temps du rock progressif, dessinant un chemin totalement original par rapport à ses camarades de première division : The Least We Can Do Is Wave to Each Over (1970), H to He, Who Am the Only One (1970) et Pawn Hearts (1971) ouvraient une porte sombre pour entrer dans l’univers des ambitions du nouveau genre. La deuxième partie est toute aussi torturée mais assez différente, Peter Hammill ayant cheminé à travers les sentiers de sa propre carrière solo foisonnante. Le sombre et magistral Godbluff (1975) suivi d’un Still Life (1976) plus léger, n’étaient que les premières étapes d’un voyage qui devait se conclure sur l’excessif World Record (1976).


Il revenait alors aux amateurs de choisir entre les deux ères – mais nul ne dit qu’il soit obligatoire de faire ce choix.


En revanche, il est rare de trouver quelqu’un pour considérer World Record comme la pièce maîtresse de cette seconde ère. Nous avons employé le terme excessif à dessein, en référence aux vingt minutes de "Meurglys III, The Songwriter's Guild" dont l’intitulé étrange renvoie au surnom affectueux donné par Hammill à sa guitare – son Bucéphale ou son Rossinante si l’on devait dresser un parallèle équestre. Plutôt Rossinante que Bucéphale d’ailleurs, car le groupe semble lutter contre des moulins à vent à vouloir reproduire l’exploit d’"A Plague of Lighthouse Keepers" cinq ans plus tard. La pièce ne démérite pas loin s’en faut, mais elle ne tient pas non plus ses promesses sur la longueur – en particulier dans son dernier mouvement reggae à la limite du superfétatoire. Cependant, on soulignera les qualités d’interprétation du combo, volontiers sombre et théâtrale, la complexité de la composition aux bonnes idées nombreuses (dissonances, évolutions et transitions bien menées, variété des registres du chant d’Hammill), et surtout sa dimension très électrique, parfois à la limite du Metal, donnant une place centrale la guitare qui est à l’avantage du titre.


Cette longue pièce est tout de même le meilleur de ce qu’offre World Record, les autres morceaux demeurant d’un bon niveau tout en ayant de vraies faiblesses : "When She Comes" est très jazzy (presque free jazz en introduction) mais peine à surprendre, à l’exception d’un bon passage instrumental innovant dans ses emprunts aux mariachi. Ensuite, "A Place to Survive" présente une face plus cadencée et plus rock du groupe, sans négliger des aspects jazzy (façon brass band) mais il demeure très répétitif et sans surprise jusqu’à final un peu cacophonique. Sur "Masks", le saxophone et les claviers enrobent l’atmosphère d’une ambiance piano-bar, contrariée par le chant éraillé d’Hammill, au profit d’un titre qui manque de rebondissements, de même que "Wondering" qui épouse une direction plus traditionnellement progressive avec des arrangements classicisant peu convaincant.


Loin d’être honteux, World Record est le chapitre final d’un groupe dont l’inspiration commence à diminuer au point de figer une esthétique certes complexe mais moins innovante. C’est pourquoi Van der Graaf Generator sera rapidement remanié, devenant Van der Graaf pour adopter des sonorités nouvelles sur un ultime album.


À écouter : "Meurglys III, The Songwriter's Guild"

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