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Critique d'album

Glasvegas


Euphoric Heartbreak


(04/04/2011 - Columbia - Rock lyrique et mélodramatique - Genre : Pop Rock)
Produit par

1- Pain Pain, Never Again / 2- The World Is Yours / 3- You / 4- Shine Like Stars / 5- Whatever Hurts You Through The Night / 6- Stronger Than Dirt (Homosexuality pt.2) / 7- Dream Dream Dreaming / 8- I Feel Wrong (Homosexuality pt.1) / 9- Euphoria, Take My Hand / 10- Lots Sometimes / 11- Change
Note de 4/5
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Note de 1.5/5 pour cet album
"Une fois l'illusion dissipée tout devient clair. Fuyons!"
Pierre D, le 11/10/2011
( mots)

Ils sont de retour, les dingues de l'emphase, les obsédés du lyrisme à gorge déployée, Glasvegas. Ils étaient apparus en 2008 avec un album remplis de chansons honteuses mais parfois bien troussées, ils étaient comparés aux Jesus And Mary Chain (la référence cool ultime maintenant que le Velvet Underground est vaguement ringard chez les branchés), ils avaient même eu l'idée désuette de sortir un EP de Noël intitulé A Snowflake Fell (And It Felt Like A Kiss), bref ils avaient tout pour devenir ce qu'ils sont devenus, à savoir le nouveau "meilleur groupe du monde adoubé par le NME".

Aujourd'hui Glasvegas revient et qu'est-ce qu'on s'ennuie ! On se retrouve face à un disque rempli d'écho (sur les guitares, la batterie, le chant) noyant les chansons qui finissent alors par toutes sonner de la même manière. Ce n'était pas pour sa nuance qu'on appréciait (à petite dose) Glasvegas mais on n'est pas prêt pour autant à subir l'uniformité molle qui caractérise Euphoric Heartbreak (cet oxymore débile...). Le son de l'album est un magma indistinct dans lequel se fondent tous les titres en une musique quelque peu invertébrée et surtout monotone. Cette uniformité molle créée par le son du disque est renforcée par l'absence de chanson mémorable. Autant le premier album avait quelques chansons amusantes ("It's My Own Cheating Heart That Makes Me Cry" par exemple), autant Euphoric Heartbreak est très pauvre niveau compositions. C'est simple, on ne trouve pas même pas une idée de couplet ou de refrain par titre, juste deux accords longuets qui se baladent, liés entre eux par cet écho omniprésent sans que tout cela fasse sens. Les titres partent de rien pour arriver nulle part, c'est le cas pour "You" qui n'est sous-tendu par aucune idée directrice (au hasard une chanson) et n'aboutit donc à rien. Il est par ailleurs assez triste de voir que Glasvegas se plagie lui-même dès son deuxième album. Ainsi "Euphoria Take My Hand" reprend par exemple à la note près la structure et les parties de guitare de "It's My Own Cheating Heart That Makes Me Cry" et ça c'est vraiment laid. On pourrait aussi parler du dernier titre "Change" : deux notes de piano, une voix geignarde et tremblotante et ça se prend pour une ballade ?

Mais c'est peut-être le chant qui se révèle le plus irritant à la longue. Franchement on n'a pas idée de gémir autant! À côté de James Allan, Bono et Morrissey chantent à la façon death metal. À vouloir toujours donner dans le registre "je me lamente dans une longue plainte lyrique déchirante" le chanteur finit par tuer toute expressivité. Son chant devient une ligne droite monotone tant ses cris larmoyants sont systématiques. Un cri plaintif aurait du sens s'il venait souligner et renforcer l'intensité d'un passage, mais y recourir à tout bout de champ a pour effet d'aplanir tout relief, intensité zéro donc. Ajouter à cela l'accent écossais qui rend les textes incompréhensibles et l'utilisation d'onomatopées (principalement "Ooohoohoo!" Et "Aaahaahaa!") et on obtient ce chant d'une platitude affligeante. D'une prétention qui n'a d'égale que leur médiocrité, les textes d'Euphoric Heartbreak prêteraient à rire si on ne s'ennuyait pas autant. Les paroles de "Lots Sometimes" sont par exemple totalement stupides, alors que pour une fois Glasvegas parvenait à introduire une réelle progression rythmique au sein de la chanson cette tentative réduite à néant par le texte qui, lorsqu'il ne se limite pas à répéter ad nauseam le titre de la chanson, dispense des rimes de café du commerce sur le thème maintes fois rebattu de la rupture amoureuse: "It makes me sad when I think about you lots sometimes", "I don't want to live without you lots sometimes", "I hope you're happy wherever you are lots sometimes". On notera la récurrence du titre de la chanson, preuve d'un travail acharné pour faire rimer l'ensemble. Pour avoir une idée de ce que peut être une bonne chanson sur ce thème éculé on renverra le lecteur à "If You See Her, Say Hello" de Bob Dylan, insurpassable sur ce terrain.

Avec ces titres de chansons très généraux ("Shine Like Stars", "You", genre "je parle en ton nom, toi l'adolescent en mal d'amour, tu n'es pas seul!") ou crétins ("I Feel Wrong (Homosexuality pt.1)" sans blague?!) et ce chant plaintif Glasvegas met beaucoup d'insistance à vouloir faire pleurer l'auditeur de concert avec lui. Mais quelqu'un aurait dû prévenir le groupe que  l'auditeur en question peut ne pas avoir envie qu'on lui force la main de la sorte et préfère parfois avoir le choix de s'émouvoir pour une chanson.
Le vrai problème n'est pas tant que le groupe mette tant d'acharnement à faire pleurer dans les chaumières mais plutôt qu'il n'ait pas assez de talent pour rendre ses efforts invisibles. Euphoric Heartbreak est un album sans subtilités dont toutes les ficelles sont apparentes, ce qui a pour effet de ruiner toute amorce d'émotion. Qui ressent quoique ce soit quand un type pleurniche durant 50 minutes ? Car il faut en plus que les titres soient d'une longueur indécente : 5 minutes pour "The World Is Yours" (on ne tablera pas sur une quelconque référence à Scarface qui aurait eu le mérite de démontrer que Glasvegas possède un semblant d'humour), 6 minutes pour "Lots Sometimes". Cela donne en creux une idée de l'importance du mystère dans l'effet produit par la pop. Une partie de l'émotion procurée par une chanson réside parfois dans son aspect énigmatique quant à la manière dont il parvient à s'inscrire dans les tripes de l'auditeur. D'un point de vue personnel l'insatisfaction qui découle de mon incapacité à comprendre pourquoi "Paperback Writer" des Beatles me touche autant joue énormément dans mon rapport à la chanson. Mais cet aspect, Glasvegas ne semble pas l'avoir compris voire envisagé.

Quand on y réfléchit bien tous ces défauts étaient déjà présents sur le premier album. Qu'est-ce qui a changé ? Sans doute Glasvegas s'est il laissé aller à plus de grandiloquence (si c'était possible) en oubliant de composer quelques bonnes chansons ("Go Square Go"). Mais surtout, il est très possible qu'en 2008 on se soit laissé abuser par les références irréprochables qu'affichait le groupe : Jesus And Mary Chain, girl groups, Phil Spector. Ces pairs revendiqués ("A Snowflake Fell (And It Felt Like A Kiss)" renvoyait directement à "He Hit Me (And It Felt Like A Kiss)" des Crystals) ont peut être servi de caution respectable et ont fait oublier ou passer sous silence les aspects les moins reluisants du groupe. Maintenant que l'illusion s'est dissipée il faut se rendre à l'évidence : Glasvegas fait de la musique pourrie.

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