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Critique d'album

Genesis


Trespass


(23/10/1970 - Charisma - Rock progressif / pop rock - Genre : Rock)
Produit par John Anthony

1- Looking for Someone / 2- White Mountains / 3- Visions Of Angels / 4- Stagnation / 5- Dusk / 6- The Knife
Note de 4/5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"Et Genesis se fit progressif ..."
François, le 03/12/2020
( mots)

Genesis. Si pour les béotiens ce nom évoque un groupe un peu kitsch mené par Phil Collins, les amateurs de rock progressif savent qu’il s’agit d’une des formations les plus importantes du genre, dont l’héritage, composé d’une belle collection de chefs-d’œuvre époustouflants, est incommensurable. 


Trespass. Un seul mot pour annoncer le premier album historique du groupe, même si Steve Hackett et Phil Collins ne sont pas encore présents – Antony Phillips et John Mayhew occupent leur poste, respectivement à la guitare et à la batterie. Premier album historique puisqu’il marque l’entrée du groupe dans le monde du rock progressif – certains ont jugé ce retournement un peu opportuniste, pour coller à l’air du temps, mais peu importe, c’est tellement bien fait – et parce qu’il fut précédé d’un premier opus somme toute assez anecdotique (From Genesis to Revelation, 1969). La signature chez Charisma, dont ils devinrent une tête de proue, est évocatrice : c’est le label de Van der Graaf Generator et de The Nice.


La formation apporte ici sa pierre à l’édifice progressif, et c’est une véritable clé de voûte. Commençons par l’illustration, entre Antiquité et univers médiéval-fantastique, et continuons par les thématiques des morceaux qui renvoient à ce même imaginaire, pour illustrer cette participation à l’élaboration du rock progressif sous tous ses aspects. 


Mais c’est musicalement que ces jeunes artistes du Surrey surprennent le plus. Chose étonnante, même si la remarque est téléologique, le groupe actualise déjà tout le potentiel qui le fera atteindre des sommets dans la trilogie suivante, sans que les membres historiques ne soient encore présents. En effet, à l’écoute de Trespass, on a déjà l’impression que tout ce que Genesis démontrera plus tard, de façon perfectionnée bien sûr, est déjà là. 


Cela vient sûrement en partie du chant de Peter Gabriel, reconnaissable entre mille (quoique certains le confondront avec son successeur à ce poste qui, il est vrai, possède un timbre étonnamment similaire), qui évoque, à la moindre syllabe prononcée, l’univers du groupe. Une voix aussi fragile que puissante, aussi théâtrale que son jeu de scène et que ses futurs costumes, et parfaitement adaptée à ce registre. 


Cela peut également venir de l’écriture des morceaux. Genesis décide d’utiliser régulièrement un modèle de composition fondé sur l’alternance entre des passages assez éthérés (ou, du moins, assez reposés) servis par de beaux arpèges, puis des phases beaucoup plus intenses où les claviers prennent une place dominante. Très schématiquement, c’est "Visions of Angel", qui, sans être la piste la plus mémorable, fait pour autant figure de patron. Cela passe aussi par de belles montées en puissance qui prennent tout leur temps pour décoller, comme sur "Stagnation" où celle-ci sert à introduire un chorus d’orgue Hammond caractéristique de l’époque comme du groupe. Attention, Genesis est déjà suffisamment inspiré pour multiplier les digressions alambiquées et toujours très mélodieuses. "Looking for Someone" est relevé de petites sauteries médiévalisantes serties de notes de flûte, et possède bien des surprises pour qui sait les chercher. Loin d’être caricatural, Genesis pose ici un certain nombre de traits stylistiques appelés à devenir des constantes du genre, et si vous avez l’impression de vous repérer aisément au sein de l’album, c’est que pour de nombreux héritiers, le progressisme est un "génésianisme" - Marillion en tête. Et Trespass est son manifeste. 


Nous ne pouvons résister à vous parler d’un des plus beaux morceaux du groupe – en tout cas une pièce qui a notre révérence mélomane - "White Mountain". Quoique les arpèges semblent dévoiler ce même univers médiéval et qu’il est question d’un roi couronné, "White Mountain" s’inspire de Jack London et de ses fameuses meutes de loup. Au-delà de ses mélodies exquises, ce sont les parties de guitare qui tiennent ici le haut du pavé, notamment quand ils rompent avec l’emphase des claviers après chaque couplet, jouant le contraste avec une sensibilité rare. 


Enfin, il y a "The Knife" … Un des sommets de la discographie du groupe, qui devint presqu’incontournable en concert – et pour cause – et qui clôt l’album de façon aussi grandiloquente que brillante. S’il existait une scène heavy-progressive au début des années 1970, elle demeurait plus proche des sphères du hard-rock que du prog’. C’était sans compter sur Genesis qui offre ici un pur morceau de rock progressif auquel il apporte cette touche saturée (le riff saccadé qui annonce le final, vers 7.30, est utilisé, sans grandes différences, par Deep Purple la même année). Le titre voit se démultiplier l’intensité de la musique du groupe qui joue l’harmonie totale entre une guitare aussi bavarde qu’incisive et des claviers dopés, le tout déferlant comme une horde de cavaliers, une vague musicale. Les thèmes sont enlevés, la construction d’orfèvre. Impossible de rester de marbre sur la longue transition entre les deux grandes parties du titre. Sans longueur, elle prend tout de même son temps de mener, depuis un début de transition relativement planant, à un regain de puissance, vers un solo de guitare  Des notes s’égarent, des thèmes se dessinent, on vibre intérieurement dans l’attente irrémédiable de l’éruption finale qui, évidemment, cesse de nous faire trépigner en aboutissant de façon explosive.   


Fiat Lux ...

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