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Critique d'album

Crystal Castles


(III)


(08/11/2012 - Polydor - Electro - Genre : Autres)
Produit par

1- Plague / 2- Kerosene / 3- Wrath of God / 4- Affection / 5- Pale Flesh / 6- Sad Eyes / 7- Insulin / 8- Transgender / 9- Violent Youth / 10- Telepath / 11- Mercenary / 12- Child I Will Hurt You
Note de 3/5
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Note de 3.0/5 pour cet album
"Comme pour ses autres albums Crystal Castles est bien meilleur qu'il n'y paraît."
Pierre D, le 07/01/2013
( mots)

Pierig et Laura ont bien mis cela en évidence dans leurs chroniques deux premiers albums du groupe : depuis leur apparition sur le devant de la scène médiatique en 2007 les Crystal Castles sont intimement reliés à la hype. Ce qui fait qu'on en vient rapidement à les conchier, précisément parce qu'ils sont appréciés par des médias dont on tient absolument à se distancier: Les Inrocks, Pitchfork et tous les tenants du cool indie. Et puis un jour on se décide quand même à écouter leurs disques avec la ferme intention de décortiquer la musique pour y trouver quelque chose à se mettre sous la dent.

À la première écoute de (III) on s'apprête à reprocher à Crystal Castles ce que l'on déplore chez le mastodonte electro qu'est devenu Radiohead : la paresse. Une boucle de synthétiseur, des filtres qui s'ouvrent et se ferment en cadence, une voix éthérée au possible et puis c'est tout. C'est mince pour justifier le culte que semble susciter le groupe. D'accord, leurs prestations scéniques bénéficient des contorsions frénétiques de la chanteuse Alice Glass qui ne rechigne pas à mouiller le maillot, mais sur disque cela ne suffit pas. Et puis qu'est-ce que c'est mou. On attendait un chaos mécanique fait de fracas technologiques et de hurlement hystériques, or les premières écoutes laissent une impression de disque atmosphérique, de musique d'ambiance, de papier peint sonore.

Mais alors apparaît plus clairement ce qui émane réellement de l'album : la terreur. Comment Crystal Castles a-t-il pu atteindre ce niveau de notoriété branchée avec une musique aussi violemment inconfortable ? Sur (III) il n'est plus question de mener une charge destructrice martelée par des synthétiseurs déchiquetés comme sur les autres albums du groupe. Il s'agit plutôt de distiller insidieusement un climat glacial et oppressant. La voix d'Alice Glass n'est plus faite de piaillements suraigus et se trouve noyée dans une réverb abyssale. Elle est entièrement étouffée par les effets électroniques, réduite à un écho spectral où les paroles inintelligibles surnagent à de très rares occasions pour susurrer des choses comme "I'll protect you from all the things I've seen" ("Kerosene"). L'hystérie disparue, demeure un sentiment d'aliénation dans cette voix qui se confond avec les machines qui l'entourent comme sur "Violent Youth" où la frontière humain/artificiel se fait floue et incertaine. La noyade du chant dans l'écho traite la voix comme jaillissant de circuits électriques, déshumanisée autant que possible.

Il est intéressant d'entendre des musiciens qui croient autant à la technologie, au point de n'utiliser aucun instrument organique en dehors de la voix filtrée à outrance, exprimer ainsi leurs terreurs modernes. Comme Radiohead sur OK Computer ou Primal Scream avec XTRMNTR, Crystal Castles utilise des machines pour hurler à la face des dérives techniques conduisant à la dissolution de l'individu. Débarrassée de ses basses ultra saturées et de son agressivité immédiate la musique de Crystal Castles n'est pas paresseuse mais angoissante, elle paraît par instants se tourner vers la danse et l'épuisement du corps ("Sad Eyes") pour plonger aussitôt dans des marécages electro ("Transgender"). À la vérité, (III) n'est que paranoïa ("Wrath Of God") et claustrophobie ("Insulin"). C'est moins un défouloir, ou une machine à transpirer sous les stroboscopes dans un bunker reconverti en club, qu'un cocon où l'on suffoque.

À l'heure de donner une valeur à l'album, difficile de se décider. Crystal Castles réussit son pari de rendre tangible le sentiment d'oppression qui traverse (III). Cela en fait-il pour autant un bon disque ? Oui, car il recèle de bonnes chansons ("Pale Flesh", la berceuse "Child I Will Hurt You") et atteint ses objectifs avec finalement peu de moyens. Crystal Castles vaut sans aucun doute mieux que ce que ses laudateurs et ses détracteurs en disent.

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