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Critique d'album

Comus


First Utterance


(00/02/1971 - Dawn - Folk-progressif expérimental - Genre : Rock)
Produit par

1- Diana / 2- The Herald / 3- Drip Drip / 4- Song To Comus / 5- The Bite / 6- Bitten / 7- The Prisoner / 8- Diana / 9- In The Lost Queen's Eyes / 10- Winter Is A Coloured Bird / 11- All the Colours of Darkness
Note de 2.5/5
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Note de 3.5/5 pour cet album
"La folie faite musique"
François, le 27/02/2021
( mots)

Depuis la fin des années 1960, le rock connaît une dynamique créative hautement originale. Cette musique populaire aux contours relativement convenus transcende de manière inattendue toutes les limites : la virtuosité et les emprunts à la musique savante (qu’elle soit dite classique, contemporaine ou jazz) sont légions, l’instrumentation ne se limite pas au combo guitare/basse/batterie, et sans parler des claviers rois et de l’électronique, tous les instruments acoustiques trouvent leur place et accompagnent les métissages avec les musiques traditionnelles. On improvise, on fait durer le plaisir, on expérimente, on cherche des compositions alambiquées : bref, le rock devient un genre foisonnant et ambitieux, et ce bien au-delà du seul rock progressif qui n’est qu’une forme exacerbée de cette lame de fond. Alors bien sûr, dans les méandres du fleuve musical qui se dessine, il y a des choses bien étranges … Comus et son premier opus, First Utterance, font partie de ce qui s’est fait de plus déconcertant. 


Le personnage défiguré par la douleur illustre bien l’ambiance qui enrobe cette pièce hallucinante. Formé à Londres, le groupe est signé par Pye/Dawn qui s’est positionné dans la publication d’œuvres novatrices (Titus Groan). Sa musique épouse deux courants en vogue : d’une part le rock progressif, d’autre part le renouveau folk. Ainsi, on trouve de nombreux instruments acoustiques (violon, flûte, hautbois, guitare acoustique très présente, percussions tribales) et un chant féminin qui apporte toujours une plus-value folk. Seulement, ils ne font pas un folk à mélodies entêtantes comme Lindisfarne, non, il s’agit davantage de mélopées diaboliques inspirées par les récits de Milton, les mythes chrétiens et grecs, la mort et la folie, autant de thèmes qui parcourent l’opus. Ceux-ci irriguent la musique qui explose dans tous les sens, navigue entre moments de tensions et moments apaisés, nous prenant par surprise à peine notre souffle repris. Bref, une expérience musicale complétement décalée et unique. 


"Diana" ouvre le bal sur un rythme tendu et des instruments parfois hors de la tonalité, le contraste entre les deux chanteurs (voix féminine ici hallucinée, et masculine complètement désaxée) est déconcertante mais judicieuse, le violon et les percussions mêlent folk anglais et orientalismes (avec en prime un beau solo de percussions). On se croirait au milieu d’un sabbat infernal et envoûtant - Black Widow n’est pas loin. 


De manière générale, l’interprétation du chant, notamment de Roger Wootton, est littéralement folle ("The Prisoner"), il passe d’un registre tout à fait sérieux aux hurlements, à la voix nasillarde et faiblarde de l’homme en camisole ... Ainsi, une énergie indescriptible se dégage de l’ensemble, malgré les difficultés initiales pour entrer dans leur univers. 


En effet, même quand on semble pouvoir se raccrocher à des mélodies ou des riffs plus évidents, Comus nous prend à rebours dans son élan de folie : "The Bites" illustre ce phénomène, une piste un peu klezmer a priori évidente mais toujours sur le fil du rasoir, sans parler de son successeur "Bitten" angoissant et bruitiste. "Song to Comus" où dominent la guitare acoustique et la flûte avant l’intervention du violon fait également partie des pièces à la fois prenantes et tordues, mais c’est peut-être une porte-d ‘entrée plus évidente. En quelque sorte, c’est Byron fait musique : rappelez-vous, le boiteux possède aussi des attraits esthétiques dans sa déformation. 


Imaginez maintenant cela sur des pistes plus longues, au-delà de 10 minutes … "The Herald" tout d’abord, éthéré et dissonant, voyage onirique riche en guitare acoustique, mais surtout "Drip Drip" plus énergique (beau thème de violon très dansant, percussions magistrales) qui s’articule autour d’une ligne accrocheuse et reconnaissable pour laisser la folie des chanteurs se déployer. 


Il est certain que tous les auditeurs curieux ne seront pas convaincus par First Utterance mais il est tout aussi sûr que nul n’en sortira indemne. C’est une véritable expérience musicale qui témoigne des excès dans lesquels pouvait s’engouffrer le rock à l’époque, de la volonté profonde de n’avoir cure des limites et des contraintes pour s’adonner aux esthétiques les plus sombres. Vous comprendrez aisément pourquoi cet opus est un incontournable de Mikael Akerfeldt si vous connaissez la musique d’Opeth, ce qui fait un argument de plus pour vous pousser à la découverte. 


 

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