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Critique d'album

Car Seat Headrest


Teens Of Denial


(20/05/2016 - Matador - Indie, Lo-fi Pop - Genre : Pop Rock)
Produit par Steve Fisk

Note de 5/5
Vous aussi, notez cet album ! (2 votes)
Consultez le barème de la colonne de droite et donnez votre note à cet album
Note de 4.5/5 pour cet album
"Ravivement/ ravissement indie rock"
Mathilde, le 30/07/2019
( mots)

La canicule est passée mais la clim est toujours de rigueur, appuyez-vous confortablement sur les appuie-tête de voiture. Voilà, déjà le nom du groupe est traduit. Un nom débile pour une formation qui est loin de l’être, c’est dit d’emblée. Simple et pas simple de parler d’un album qu’on adore, qu’on adule. Car Seat Headrest c’est quatre gamins de Seattle nés au début des années 90 qui sont venus en 2016 rafraîchir la musique monolithique des Strokes (qui commence à dater et à être quasi rétro!) grâce à la brise plus décomplexée de la côte ouest.


La voiture c’est la Toyota Sienna parentale de Will Toledo, le frontman aux airs faussement autistes d’un Rivers Cuomo mixé à Morrissey. Ce véhicule fut le premier studio du petit prodige pour composer et pousser la chansonnette, de crainte que ses parents l’entendent. Complexé et prolifique, Will sort entre 2008 et 2010 pas moins de cinq albums sur Bandcamp sous le nom de Nervous Young Man. Demandant à chaque Noël un instrument différent, le gamin s’auto-suffit et produira beaucoup de musique seul jusque 2013 où il décide de s’entourer de trois partenaires et d’ainsi fonder Car Seat Headrest. Les quatre jeunes gens loin d’être déchainés/pénibles s'avèrent plutôt réfléchis et sérieux, surtout que Toledo est plus geek que freak, c’est chic. Un chic type qui transite vers l’âge adulte, de façon intello et emmenant avec lui ses comparses en mode rassemblement des adulescos anonymes. En 2015 c’est le moment d’aller à la fac, et "Something Soon" leur premier titre - au potentiel de single - est l’occasion de poser une complainte "Qui suis je? Où vais-je? "filez moi un truc, que je ne pète pas un câble dans du vide. Cela leur vaudra d’être repérés par un stagiaire puis par le gérant de Matador. Sortiront dans l’année Teens of Style (compil de vieux titres, en même temps il y a le choix), puis en 2016  Teens of Denial, album avec des nouveaux titres dont on va parler ici, finalement, OK l’intro est longue.


Sur Teens Of Denial se succèdent tour à tour du rock lo fi façon Pavement ("Jo Goes To School"), du rock Strokien ("Fill In The Blank"), du semblant de Kula Shaker sur les  titres plus lents ("The Balade of Costa Concordia") même des fois du nineties genre Hole ou Foo Fighters (qui sont du même coin) dans "Destroyed By Hippie Power". Et par dessus une bonne dose de Guided By Voices, dont Will est fan, soit des chansons agitées du bocal façon Pixies, mi oniriques mi réelles avec une urgence saturée dans les guitares comme dans la voix  anxieuse mais posée de Toledo. Pour l’anecdote "Not What I Needed" a les mêmes accords que "Just What I Needed" de The Cars, ce qui a valu aux copies du disque d’être renvoyées pour que le titre soit ré-enregistré (mais ça y ressemble encore un peu). Une affaire de voiture encore. Expéditif mais pas excessif, l’album est frais et véridique. Et explorant les affres accompagnant l’âge adulte, car c’est bien ça le thème prinicipal. L’entrée est genre awkward "Ouais euh salut, voici Car Seat Headrest!". Puis apparaissent des paroles souvent répétées, donc sûrement importantes. Le mal-être s’exprime en anapahores telles les manifs et les couplets de "My Generation" des Who. On ressent la panique dans "Fill In The Blanks" ("Hold my breath, I hold my breath, I hold it" / "Haven't seen enough of this world yet, But it hurts, it hurts, it hurts, it hurts"), le danger dans "Drugs With Friends" (avec le palindrome "Drugs are better, drugs are better with friends are better, Friends are better with drugs are better with drugs"), la lucidité amère sur "Cosmic Hero" ("I won’t go to heaven, you won’t go to heaven, I won’t go to heaven, I won’t see you there !"), la révolte au sein du titre "Killer Whales" ("It doesn’t have to be like this, It doesn’t have to be like this, It doesn’t have to be like this killer whales, killer whales"). 


Le condensé du déni adulte atteint un point d’ogue dans le morceau-synthèse de onze minutes "The Ballad Of The Costa Concordia" en trois mouvements avec un paroxysme façon "Popular" de Nada Surf : "How was I supposed to know how to make dinner for myself? How was I supposed to know how to hold a job?" tendu par des guitares claires et libéré par un hurlant "I give up!" final. Car se foutre la paix/le lâcher prise paraissent ici être l’unique solution (n’en déplaise au commerce méditationnel).Tant au niveau du fil des paroles que dans la construction mélodique, il y a un brillant équilibre faussement facile chez les Car Seat Headrest. Tel le Gum Wall de Seattle - mur de la ville ou chacun vient déposer le fruit de son mâchouillage - de près oui c’est mièvre naïf, déjà-vu au niveau du sujet mille fois traité, comme du chewing-gum oui ça peut dégouliner. Mais en prenant un peu de recul, tout fait sens et l’oeuvre tient plus que la route. La spontanéité humble, la connaissance musicale et l’interrogation sourde de Will font ensemble merveille. Ce qui fait de lui selon plusieurs sources un des meilleurs songwriters américains actuel qui ravit/ravive le rock indie, et ça fait un grand bien. A écouter absolument, pour faire court.


                                                       

Commentaires
MathildeAR, le 31/07/2019 à 19:35
De rien, trop contente que ça te plaise, émue même ! Bonne(s) écoute(s)!
Eily, le 30/07/2019 à 22:41
Merci, merci, merci, pour cette magnifique découverte !!! A écouter absolument, je confirme.
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Opeth


In Cauda Venenum


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De parangon du death-metal suédois à inclinaisons progressives, Opeth est passé en moins de dix ans à coqueluche du monde progressif tout court avec ses albums mélodiques et techniques typés 70’s. Gloire permise aussi par une esthétique affirmée ; il y a bel et bien un « son » Opeth qui est né depuis Heritage(comme il y a avait une identité claire dans la première période du groupe), et celui-ci n’est pas du tout renié dans ce nouvel opus tant attendu. En effet, In Cauda Venenum est dans la claire lignée des albums précédents, dont le dernier en date était le chef-d’œuvre Sorceress aux qualités exceptionnelles. 

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