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Critique d'album

Camel


Music Inspired By The Snow Goose


(10/04/1975 - Decca Records - Progressif Symphonique - Genre : Rock)
Produit par

1- The Great Marsh / 2- Rhayader / 3- Rhayader Goes To Town / 4- Sanctuary / 5- Fritha / 6- The Snow Goose / 7- Friendship / 8- Migration / 9- Rhayader Alone / 10- Flight Of The Snow Goose / 11- Preparation / 12- Dunkirk / 13- Epitaph / 14- Fritha Alone / 15- La Princesse Perdue / 16- The Great Marsh
Note de 3/5
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Note de 3.5/5 pour cet album
"Entre synesthésie et mélancolie, quand le rock progressif se fait accessible."
Geoffroy, le 04/12/2009
( mots)

Au vu de l’immensité et la richesse du rock progressif et psychédélique des seventies, il fut difficile pour nombre de groupes de perdurer dans un mouvement à l’agonie face aux années 80. Certains ont poursuivi leur envol et s’en sont sortis sans trop de dommages quand d’autres n’ont pu qu‘assister à leur déclin, les condamnant à vivre une postérité fade dans l’ombre des géants, survivants de la vague punk, que sont Pink Floyd, Yes, King Crimson et Genesis. Malheureusement, Camel est de ceux là.   

Démarrant leur carrière avec un album éponyme en 1973, ils ne sont qu’une timide concurrence dans la course que mènent les chefs de file du mouvement progressif mais avec Mirage en 1974, Camel s’offre un succès d’estime grandissant dans une scène anglaise bouillonnante en proposant des titres symphoniques légers et subtils aux structures alambiquées mais jamais tordues, privilégiant le développement de thèmes comme les chapitres d’une histoire, en témoigne la fantastique "Nimrodel / The Procession / The White Rider" inspirée de l’univers du Seigneur Des Anneaux de Tolkien.

L’intérêt que porte le groupe à s’inspirer de pièces littéraires les poussera à vouloir composer et enregistrer un album à partir d’un roman. Tout d’abord tentés par le Steppenwolf de Hermann Hesse proposé par le claviériste Peter Bardens, ce sera la nouvelle The Snow Goose de Paul Gallico qui sera retenue en tant que matière première du troisième opus de Camel. Ce qui devait être un album entrecoupé de phrases narratives reprenant le déroulement du roman deviendra une œuvre instrumentale (du moins sans texte) lorsque Paul Gallico, fermement opposé à l’industrie du tabac, refusera de leur céder les droits par peur de voir son nom associé à un groupe portant le nom de Camel, d‘où le titre "Music Inspired By". Bardens et Andrew Latimer, guitariste, chanteur et tête pensante du groupe, s’attèlent donc à l’écriture de l’album qui leur permettra d’atteindre un public plus large et un certain succès commercial avec un disque d'or.

 

De par son inspiration littéraire, The Snow Goose est une entité aux multiples facettes où chaque morceau appelle à la synesthésie tant il décrit avec une cohérence rare, les paysages, personnages et actions de la nouvelle de Gallico à travers ses lignes mélodiques, reprises de thèmes et changements d‘ambiances. L’auditeur se perd dans une atmosphère onirique depuis laquelle il assiste à l’histoire qui se déroule, de manière omnisciente sans s’y sentir comme un intrus.

Il se réveille le long des côtes du sud de la Grande Bretagne, sur les longues étendues vertes et marécageuses contre lesquelles viennent échouer les vagues de la Mer du Nord. Un parfum salé lui monte aux nez quand les embruns lui chatouillent le visage, et les créatures ailées qui le survolent accompagnent de leur chant le crescendo du clavier, de la guitare et des chœurs féminins qui ouvrent l’album avec "The Great Marsh". Dans le lointain se dresse la tour d’un phare, seul repère humain de cette contrée sauvage, et voici l’auditeur au pied de ce dernier, le temps pour la basse de Doug Fergusson et la batterie d’Andy Ward de rejoindre leurs comparses et faire décoller l’introduction de The Snow Goose. L’homme qui vit ici se nomme Phillip Rhayader et alors que l’auditeur entre dans le phare, la douce mélopée d’une flûte émane du bâtiment, se transformant en un thème joyeux contrastant avec le physique de l’individu.

Difforme et très laid, son handicap ne l’empêche pas d’aimer le monde, aussi bien les hommes que la nature et c’est pour ne pas souffrir de voir son amour rejeté qu’il préfère vivre à l’écart, créant de merveilleuses peintures à l’effigie de ses compagnons ailés. Ses venues en ville ("Rhayader Goes to Town") sont traitées de manière épique par Camel, sous la précision métronomique d’Andy Ward et la sensibilité des solos d’Andrew Latimer, le clavier de Peter Bardens se faisant plus que planant dans la partie centrale. Décrivant la plénitude de son atelier de création ("Sanctuary") les arpèges de guitare acoustique introduisent l’entrée en scène de Fritha, jeune fille traversant les marais salants pour porter une oie blessée à l’ogre dont on dit qu’il peut soigner les choses. Rassurée par la douceur de sa voix et par la beauté ambiante du phare, Fritha se laisse aller à sa curiosité, fascinée par cette créature racontant la merveilleuse histoire de l'oie des neiges ("The Snow Goose"). Partie du Canada pour échapper au froid, elle fut prise dans une tempête terrible durant des jours pour finalement arriver dans cette contrée où aucun autre oiseau ne lui ressemble…

S’en suit le début d’une relation entre un vieux sage repoussé par le monde et une enfant curieuse, vécue au rythme des envolées de l’oiseau sans qui ni l’un ni l’autre ne se soient jamais rencontrés. Cette relation s’étend sur des années, partagée entre amitié, amour et tristesse, voyant Fritha grandir puis devenir une femme. La force évocatrice de la musique de Camel est prenante, incroyablement mise en valeur par une orchestration classique de haut niveau, discrète et subtile laissant sa place à la clarté des mélodies de Bardens et Latimer et à la finesse de la section rythmique de Ward et Fergusson, révélant pour la première fois les influences de la scène de Canterbury chez le groupe. Les variations mineures des thèmes se rattachant aux deux personnages centraux sont belles à en tirer des larmes lors des tragédies qui les frapperont ("Rhayader Alone", "Fritha Alone"), de même que celles, majeures, qui accompagneront la progression de l’oie des neiges ("Flight of the Snow Goose", "La Princesse Perdue"). Il est difficile d’aller plus loin sans trop en dire. En conclusion de cette histoire, un nouveau plan sur "The Great Marsh" et le plaisir d’avoir vécu quelque chose de superbe mais d‘élégamment triste, un sentiment profond de solitude et de mélancolie.

Certains lui reprocheront un manque d’énergie flagrant pour un groupe de rock et une prise de risque trop faible pour un groupe de prog, d’autres une innocence trop naïve, mais quoi qu’en disent les mauvaises langues, si l’on pleure, c’est que c’est beau. The Snow Goose doit être vu comme une pièce classique écrite mise en forme par une formation rock, sans se poser de questions. Le troisième opus de Camel est en tout cas une porte grande ouverte vers l’univers du rock progressif. Pas un album où la première piste provoque la saturation, mais une entité captivante du début à la fin, avec ses tensions, ses moments de joie, ses points d’orgue et ses douleurs. Une œuvre poignante de nostalgie et touchante de grâce féminine. Il est simple d’accès de par ses mélodies accrocheuses et sa puissance émotive et sensible, et est parfait si vous désirez faire découvrir le genre à une amie sans provoquer chez elle une overdose de technique suintante de prétention. Beau, tout simplement.

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