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Critique d'album

Band of Skulls


By Default


(27/05/2016 - Electric Blues Recordings - Blues Rock - Genre : Rock)
Produit par Gil Norton

1- Black Magic / 2- Black of Beyond / 3- Killer / 4- Bodies / 5- Tropical Disease / 6- So Good / 7- This Is My Fix / 8- Little Mama / 9- Embers / 10- In Love by Default / 11- (Hidden Track)
Note de 3/5
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Note de 3.0/5 pour cet album
"Band of Skulls sombre dans le syndrome des Black Keys mais évite malgré tout la sortie de route"
Nicolas, le 27/05/2016
( mots)

En trois albums, le trio de Southampton Band Of Skulls a montré que la scène anglaise pouvait compter sur lui. Mêlant des influences pop, garage, blues voire limite stoner, emmené par la voix éraillée de Russel Marsden et celle, plus consensuelle, d’Emma Richardson, le “groupe des crânes” avait livré en 2014 un bel album, Himalayan, fort d’un titre éponyme d’une redoutable efficacité et de jolis morceaux de bravoure, même si on sentait que le bat pouvait un peu blesser sur les morceaux plus calmes. Toujours est-il que ce LP 4 était particulièrement attendu, par votre serviteur tout du moins.


Et Band Of Skulls n’a pas fait les choses à moitié. Retraite “monastique” dans une église baptiste de leur région natale (celle qu’on voit sur la pochette de l’album) et séances de songwritings calmes et détendues de sorte à ressourcer leur musique et à lui faire passer un cap. Dans cette optique, l’arrivée de Gil Norton à la production ne doit rien au hasard. L’orfèvre ayant magnifié les compositions déglinguées des Pixies n’a pas son pareil en terme de jusqu’au-boutisme formel, et s’il y avait un producteur capable de populariser le trio encore trop méconnu de part et d’autre de la Manche, c’était bien lui.


Le seul bémol chez ce groupe, qu’on sentait déjà venir depuis deux albums maintenant, était une petite tendance, si l’on ose dire, à la mainstreamisation, ou à la popisation pour employer un mot pas forcément plus français, phénomène que l’on pourrait qualifier en d’autres termes de syndrome des Black Keys. En clair, une volonté plus ou moins affichée de toucher les masses en raclant sur leur son, en lissant leurs guitares, en délaissant le riff pour aller davantage vers la mélodie vocale. Or By Default enfonce nettement le clou dans cette veine, allant peut-être jusqu’à franchir un cap par lequel les anglais risquent de s’aliéner leur fan-base. On le voit d’abord dans la production de Norton, très claire et aérée mais qui a tendance à mettre en avant la voix et surtout la batterie dans l’espace. Le procédé, visant à rendre un univers sonore plus accessible, n’est pas nouveau, cf notamment les opus très réussis que furent The Hunter de Mastodon ou encore l’éponyme de Paramore. Ici, la batterie cueille l’auditeur d’entrée de jeu en asservissant totalement l’introductif “Black Magic” aux frappes balancées de Matt Heward. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que ça claque, mais le revers de la médaille, c’est que dès que la batterie se fait plus empruntée (au hasard sur “Tropical Disease”), la formule est tout de suite moins affriolante.


Moins affriolante également quand le songwriting n’est pas au top, et ça, dès qu’on essaye de verser dans la pop, ça ne pardonne pas. Ainsi, si le même “Black Magic” réalise une entame des plus correctes, la suite est moins glamour avec un “Black Of Beyond” plan plan et qui manque d’envergure pour soutenir les hostilités. On lui préférera sans souci le binaire bien cogné de “Bodies” qui, lui, envoie une mélodie gagnante et pas crâneuse, ou même le très XX “So Good”. Oui, XX, vous avez bien lu, tant le minimalisme dans l’accompagnement et le chant lascif d’Emma Richardson, épaulée dans les graves par Mardsen, rappelle l’univers goth des londonniens désenchantés… même si le refrain ose le funk remuant et épicurien. Remuant également - mais cool, le pré-conclusif “Erounds” joue encore sur des rythmiques catchy et des ambiances de dancefloor, et ça fonctionne plutôt bien. Autre essai pop réussi, “Little Mama” et ses coups de boutoirs frondeurs supportant un chant morveux à souhait. Même si, c’est vrai, les couplets en retenue manquent d’allant...


En fait, là où on sent que Band Of Skulls est sans doute allé trop loin, c’est lorsque l’on écoute les morceaux ici proposés qui ne dépareilleraient pas sur Himalayan ou Sweet Sour. Rien d’exceptionnel pour autant, mais force est de constater que la rugosité des guitares est parfaitement à son aise dans ce type de répertoire, comme en atteste un “Killer” dont le refrain tout en saturation dans les graves évoquerait presque un Royal Blood moins intransigeant, un “This Is My Fix” en forme d’exercice de style typiquement Skullien avec cette voix claire un rien nasale, du fuzz partout, de la mélodie et du punch, ou encore un “Embers” plus en retenue mais qui sait envoyer des décibels quand il faut. Quant aux morceaux lents, on en parlait plus hauts, ils progressent peu en qualité par rapport aux précédents opus, “In Love By Default” pêchant par manque de chair et la piste cachée n’ajoutant rien à l’ensemble.


Difficile de ne pas aimer malgré tout ce By Default plaisant par bien des aspects, mais comme pour tout autre groupe, un album se juge aussi à l’aune de ses prédécesseurs, et dans le cas présent, Band Of Skulls semble avoir enclenché la marche arrière. Espérons qu’ils reprendront à l’avenir le contrôle de leur machine et qu’ils repartiront de l’avant : c’est tout le mal qu’on peut leur souhaiter.

Note de 3/5
  Le trio s'est retiré dans une église pour sortir son album le moins inspiré, un comble ! On le pressentait depuis l'album précédent, Band Of Skulls a cédé, inconsciemment ou non, à la vulgarisation de leurs accords... A défaut, cet album s'écoute malgré tout sans déplaisir. A voir sur scène, surtout.  
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Commentaires
Cedb, le 28/05/2016 à 09:28
Tres bonne critique ! Tout y est... Merci
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