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Critique d'album

Alexandra Savior


The Archer


(10/01/2020 - 30th Century Records - Dream Pop - Genre : Pop Rock)
Produit par Sam Cohen

1- Soft Currents / 2- Saving Grace / 3- Crying All the Time / 4- Howl / 5- Send Her Back / 6- Can't Help Myself / 7- The Phantom / 8- Bad Disease / 9- But You / 10- The Archer
Note de /5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"En quête de son identité musicale, Alexandra Savior confirme l'immensité de son talent"
Julien, le 24/01/2020
( mots)

Nous avons tous connu cette période dans notre existence qu’est l’émancipation. On quitte le confort du cocon familial, et nos certitudes candides pour écrire la suite de notre histoire. Une histoire dont on devient l’auteur, où il n’y aura plus personne pour tenir notre plume et corriger les petites fautes. Une quête rationnelle de l’identité, nécessaire pour se forger une essence propre et bâtir les contours de celui ou celle qu’on sera demain.
Ce moment de vie pourrait s’apparenter au second album de la jeune chanteuse américaine Alexandra Savior. Mais avant de rentrer dans le détail, quelques présentations s’imposent.  


De son nom complet, Alexandra Savior McDermott nous vient de la ville de Portland dans l’Oregon. Jeune artiste de 24 ans (à l’heure où ces lignes sont écrites), elle porte une étiquette tout aussi flatteuse que collante pour le paysage rock actuel, celle d’être la filleule musicale d’Alex Tuner. C’est par l’intermédiaire de Miles Kane (co-leader, avec Turner, de The Last Shadow Puppets) ; qu’ils se rencontrent et Alex tombe sous le charme musical d’Alexandra au gré de leurs longues discussions sur les influences rétro de la chanteuse comme Etta James. Ils coécrivent “Miracle Aligner”, single tiré du second album des Puppets, Everything You’ve Come To Expect, très certainement l’un des titres les plus réussis du disque. Définitivement convaincu, Alex Turner finit de prendre la jeune femme sous son aile pour la conduire en studio afin de co-écrire, co-produire et enregistrer la guitare du premier album de l’américaine : Belladonna of Sadness. Pour la production, il conviera également son fidèle ami producteur : James Ford (présent derrière les manettes de la majorité des albums de Turner depuis 2007).  Le premier album d’Alexandra Savior a les défauts de ses qualités. Belladonna of Sadness, pourrait être le numéro trois de The Last Shadow Puppets tant les sonorités musicales s’inscrivent dans l’ambiance si reconnaissable du duo anglais. On y retrouve la reverb caractéristique de la guitare des chansons de l’album The Age of The Understatement, complétée par des rythmiques déjà entendus sur Everything You’ve Come To Expect. Mais pour ce qui est de la voix…
Alexandra Savior est de celles qui ont le charisme pour créer la singularité. De celles qui puisent la fragilité dans la puissance vocale. De celles qui nous imprègnent de l’émotion quand elles souhaitent en transmettre. Si il est clair, comme le disait Courtney Love, qu’Alexandra Savior a le talent pour “devenir immense”, il lui faut néanmoins s’affranchir du père : s’émanciper pour se forger son identité musicale. C’est chose faite avec ce second album : The Archer.


Exit donc Alex Tuner et ses potes. La chanteuse repart presque de zéro. Evidemment on ne rejette pas la tête pensante des Arctic Monkeys d’un claquement de doigt. L’influence de ce dernier (et la musicalité de Belladonna of Sadness) se ressent d’ailleurs fortement sur “Crying All the Time”, et surtout “Saving Grace” avec son intro de guitare préparant un duel au pistolet, sous la pleine lune, prêt à faire feu quand le clocher sonnera minuit. L’une des forces de The Archer est de ne jamais sombrer dans la monotonie d’une ambiance sonore redondante. Alexandra Savior multiplie les exercices de style. De nombreuses ambiances donc, pas toujours réussites, comme de l’expérimentale mi-électro sur “Howl” ; ou “Bad Disease” et son riff de basse “Gainsbourdien”. Dans le registre rythmique lourde un titre comme “The Phantom”, plus pêchu, fonctionne beaucoup mieux.


Le vrai filon à exploiter se trouve dans la pop plus simpliste aux ambiances légères qu’on retrouve dans la merveilleuse “Can’t Help Myself”. La voix de l’américaine d’une fragilité désinvolte, à la mélodie tellement juste, tranche radicalement avec une musique pourtant optimiste. C’est cette approche de la composition et ce registre qui nous font dire qu’Alexandra Savior a tout pour rejoindre les plus grandes et tendre vers une reconnaissance au moins égale à celle de Nancy Sinatra. Cette comparaison est d’autant plus vraie en écoutant l’ouverture de l’album “Soft Currents” et sa conclusion “The Archer”. Encore plus épurées, car quasiment construites sur un thème piano voix, les deux chansons laissent clairement exprimer le monstrueux talent de la jeune femme de 24 ans. Le titre éponyme de l’album est empreint d’une émotion saisissante portée par un éventail vocal entre puissance et murmure. Il nous fait souffrir de la réalité du paradis “heaven couldn’t be so true”, comme il peut apporter de la douceur en goûtant le sang du bout des lèvres I licked the blood from your lips”.


L’autre force de l’album réside dans la qualité de ses textes. The Archer dépeint les différentes étapes et les ressentis survenus après avoir eu le cœur brisé, dont la plus belle illustration lyrique se trouve dans la sombre et déchirante “But You”.


The wilted edge of a lonesome mattress. I lay my head there until the feeling passes it's sinking in just as time relapses. I hope you can feel it. ‘Cause nobody else can heal it but you
Sur les bords flétris d’un matelas solitaire, je pose ma tête jusqu’à ce que cette sensation passe. Elle s’y enfonce jusqu’à ce que le temps rechute. J’espère que tu peux le ressentir car personne d’autre ne peut me soigner excepté toi”. 


Confirmant son talent, Alexandra Savior est un diamant brut qui encore reste à polir. Son identité vocale affirmée trouve sa singularité dans une puissante douceur. Elle a pris le risque de s’affranchir de son mentor, et de la renommée celui-ci, pour s’aventurer à l’exploration de son univers artistique propre. Elle nous livre ici un album éclectique, qui trouve de la cohérence dans ses textes et dans une voix à la force indéniable. Fait de quelques bas et de nombreux très hauts, la chanteuse de Portland peut regarder vers l’avant et semble avoir trouvé un style qui lui colle à la peau et au timbre. Pour rejoindre les plus grands, il lui reste à composer son “Bang Bang (My Baby Shot Me Down)” ou son “These Boots Are Made For Walking” pour devenir incontournable et lui conférer une forme d’universalité. A seulement 24 ans, l’horizon est clairement dégagé pour un avenir qui n’en sera que plus radieux. 

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