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Critique d'album

Archive


Call to Arms & Angels


(29/04/2022 - - Trip hop / progressif - Genre : Rock)
Produit par

Note de 4/5
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Note de 3.5/5 pour cet album
"Malgré quelques longueurs, Archive livre un album refondateur"
Quentin, le 26/02/2026
( mots)

Comme tant d’autres groupes, la pandémie de COVID et les périodes de confinement qui y sont liées ont durablement marqué la dynamique créative du collectif britannique Archive. Si la musique du groupe n’a jamais transpiré la joie et l’allégresse, la peur et le sentiment de solitude constituent assurément le carburant sombre et poisseux de ce treizième album gargantuesque, qui culmine à plus d’1h40 de musique pour pas moins de 17 titres. Une durée pharaonique qui ne saurait se satisfaire d’une écoute distante et qui rend de fait l’album quasi-inaccessible pour qui ne serait pas prêt à une immersion totale et exclusive. Plus qu’aucun autre album d’Archive avant lui, Call to Arms & Angels mettra ainsi la motivation de l’auditeur à rude épreuve et il nous aura fallu persévérer longtemps pour finalement rentrer dans l’univers opaque de cet opus phare.


Car malgré ses défauts (et oui, il y en a), Call to Arms & Angels occupe une place particulière dans la discographie du groupe. Il peut même être perçu comme un témoignage historique puisqu’Archive y livre sa vision de la pandémie et de ses effets dévastateurs. Chacun des titres de Call to Arms & Angels décrit ainsi musicalement une des facettes de cette période troublée, alternant entre des phases intimistes évoquant le repli sur soi et l’isolement avec des passages beaucoup plus violents et oppressants. Le disque agit ainsi comme une expérience sensorielle évoquant des images mentales de ces années bouleversantes.


L’album constitue une synthèse des différents courants explorés par le groupe depuis sa création. En perte criante de vitesse depuis 10 ans avec un Restriction très moyen et un The False Foundation complétement à côté de la plaque, la pause forcée liée à au confinement a provoqué un bouillonnement autant qu’un renouveau créatif pour le collectif mené par Darius Keeler et Danny Griffiths. Alors que The False Foundation se perdait dans un amas sonore sans intention et dénué d’aspérités mélodiques, Call to Arms & Angels renoue avec un éclatement stylistique parfaitement maitrisé. En témoignent les premiers titres qui explorent tous des horizons musicaux très différents, de l’introduction orchestrale parsemée de gouttes de piano et son chant à la pureté élégiaque signé Lisa Mottram à l’électro glaçante et robotique de "Numbers", en passant par le riff massif et abrasif de "Mr Daisy" et le refrain catchy et nerveux de "Fear There & Everywhere". Le collectif met toujours en avant la haute performance des chanteuses féminines : Holly Martin brille sur la ballade mélancolique "Shouting Within" enveloppée dans un écrin de bruits planants ou sur l’electropop de "We Are The Same" tandis que Maria Q tire son épingle du jeu sur "Head Heavy" et ses couches de synthé cotonneuses. Les deux chanteurs ne sont pas en reste, Pollard Berrier habille aussi bien la jolie ritournelle évanescente au piano de "Everything's Alright" que le groovy et rebondissant "Frying Paint" et Dave Pen rajoute de son côté une couche de pop onirique sur "Every Single Day" tandis que l’émotion affleure sur "Alive" doté de belles harmonies vocales en apesanteur.


On retrouve également avec bonheur les longues plages planantes qui ont forgé le style du groupe entre le rock progressif de Pink Floyd et l’électro ambiant de Klaus Schulze. Le titre fleuve de quatorze minutes "Daytime Coma" inspiré à Dave Pen par ses sorties dans la ville désertée évoque ainsi les boucles répétitives et les thèmes hypnotiques de la période Lights avec ces quelques notes de piano fantomatiques progressivement submergées par des nappes électro de plus en plus menaçantes. Plus loin, on subit le climat oppressant d’un "Enemy" sombre et anxiogène avec ses sonorités distordues et la raideur inquiétante qui recouvre la voix de Pollard Berrier. Le titre monte en puissance avec une tension qui atteint son paroxysme dans un final dissonant. On regrette cependant que l’album soit alourdi de titres un peu trop cinématiques qui se perdent en route à l’image de "Freedom" et ses accents pop plombés par une seconde partie soporifique suivi d’une berceuse dont on espère en vain qu’elle finisse par décoller. Même déception à l’écoute de "The Crown" dont l’utilité semble être de meubler l’espace pour mieux faire ressortir l’éclat du conclusif "Gold", sa première partie déconstruite amorçant progressivement la mise sur orbite d’un final aussi épique que majestueux. Une conclusion particulièrement réussie qui appelle à rentrer dans la collection des meilleurs morceaux du groupe.  


Call to Arms & Angels est un album ambitieux et exigeant qui, comme sa durée le laisser présager, comporte malheureusement de nombreuses longueurs. Archive aurait certainement gagné à tailler un peu plus dans le vif de sorte à raccourcir son propos et éviter l’overdose d’un ensemble déjà difficile à digérer. Ce treizième opus apparait quoiqu’il en soit comme particulièrement riche et foisonnant et réaffirme la singularité du groupe dans le paysage musical actuel. Après les dernières livraisons très décevantes, Call to Arms & Angels semble amorce un renouveau créatif de grande qualité avec un album refondateur, pour peu que l’on s’accroche suffisamment pour plonger corps et âme dans cette œuvre sans concession.

Commentaires
Ben, le 31/01/2023 à 10:58
Le meilleur album du groupe et certainement l'album 2022 !