
Triumvirat
Old Loves Die Hard
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1- I Believe / 2- A Day in a Life / 3- The History Of Mystery (Part One) / 4- The History Of Mystery (Part Two) / 5- A Cold Old Worried Lady / 6- Panic on 5th Avenue / 7- Old Loves Die Hard / 8- Take A Break Today


En 1975, les Allemands de Triumvirat ont définitivement marqué les esprits avec leur troisième album, Spartacus, qui demeure le jalon le plus fondamental de leur discographie : le groupe de rock progressif, souvent comparé (à très juste titre) à Emerson Lake & Palmer qui est leur modèle avoué, avait atteint un pic après avoir connu un certaine popularité grâce à leur deuxième opus, Illusions on a Double Dimple (1974).
Néanmoins, Triumvirat a d’autres ambitions et compte conquérir un marché élargi – entendre anglophone, et plus précisément américain. Ainsi, il recrute le chanteur anglais Barry Palmer, plutôt compétent dans son rôle, pour que l’accent soit plus fluide et doux à l’oreille sensible du public (américain). Or, cela n’est pas sans conséquence sur la direction esthétique du groupe : séduire implique parfois des sacrifices et des compromissions, notamment en pleine crise de conscience européenne du rock progressif. Indice : cette fois-ci, la souris totémique du groupe se fait discrète sur la pochette et n’est guère plus visible que chez Plantu.
Ainsi, non seulement le chant accroît son emprise sur la musique du groupe, mais encore celle-ci se dirige petit-à-petit vers des horizons plus pop, comme en témoigne "I Believe", qui tient beaucoup de Supertramp, de Genesis du début de la période Collins ou de Manfred Mann’s Earth Band. La dimension progressive demeure centrale dans les développements chaloupés et parfois circassiens, même s’il est vrai que les lignes de chant un peu répétitives ne justifiaient peut-être pas d'atteindre presque les huit minutes. Plus radical encore, le registre du groupe se rapproche de celui de Queen sur "Old Loves Die Hard", et glisse un peu dans la guimauve sur la ballade orchestrale "A Cold Old Worried Lady", qui n’est pas sans évoquer The Beatles (voire la future Brit-pop).
Cependant, Old Loves Die Hard conserve aussi un pendant progressif, particulièrement marqué sur la longue pièce "Panic on Fifth Avenue" où l’on retrouve l’influence nette d’Emerson Lake & Palmer période Tarkus, seulement contrastée par les élans symphoniques lumineux et Camel-iens. Les trois mouvements de "A Day in a Life" brillent par leurs variations pour claviers, qui passent des plages synthétiques à l’intermède au piano classique, jusqu’au final enthousiasmant et ultra-énergique qui ferait rougir Jean-Michel Jarre. Ce travail assez fin d’explorations des différentes possibilités sonores des claviers et des registres, est également sensible sur "The History of Mystery" : le piano d’abord un peu plus jazzy trouve ensuite une direction plus synthétique, parfois à la limite du ridicule quand elle n’est pas camelienne ou genesienne.
Il est certain qu’Old Loves Die Hard marque le début du déclin pour Triumvirat, mais il conserve quelques compositions progressives intéressantes qui méritent au moins une écoute, ne serait-ce que pour l’histoire.
A écouter : "Panic on Fifth Avenue", "The History of Mystery", "A Day in a Life"
















