
Madrugada
Grit
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1- Blood Shot Adult Commitment / 2- Ready / 3- I Don't Fit / 4- Madrugada / 5- Majesty / 6- Seven Seconds / 7- Lucy One / 8- Hands Up - I Love You / 9- Got You / 10- Belladonna / 11- Ready to Carry You


En anglais, "Grit" est un terme d’argot qui renvoie à la niaque, à la ténacité. Et de ce troisième album de Madrugada déborde effectivement une énergie communicative et une impression de brûlot rock’n’roll difficilement arrêtable.
Inspiré du roman d'Henry Miller, "Printemps noir", ce disque a été enregistré à Berlin aux côtés du producteur de PJ Harvey et avec la présence de Rob Ellis sur trois titres. Résultat, un opus plus direct et sauvage qui puise davantage dans le rock primaire des années 1960 que dans les atmosphères ténébreuses chiadées de Nick Cave et consort.
Robert Burås fait pleuvoir les riffs et l’album démarre en trombe avec un premier titre imparable, "Blood Shot Adult Commitment", qui évoque la fougue d’Iggy Pop et des Stooges à l’instar de "Come Back Billy Pilgrim", titre faisant référence au protagoniste d’un autre roman, "Abattoir 5" de Kurt Vonnegut. C’est davantage l’influence des Stones qui prédomine sur "Try" tandis que "Ready" et "Seven Seconds" ne semblent pas avoir d’autre but que de faire grésiller les amplis. Deux titres sortent toutefois du lot par leur traitement inhabituel : "Get Back in Line" avec sa basse remuante et la rythmique reggae de la guitare qui nous invitent à nous luxer la hanche et "Got You" complètement décalé, semble perdu en pleine ambiance trip-hop.
Madrugada renoue également avec ses premiers opus sur la très belle ballade électrique "I Don’t Fit" et sur le tempo lourd et fiévreux de "Proxy" où Sivert Høyem brille comme à son habitude. C'est lui qui confère toute la profondeur mélancolique à la ballade souveraine "Majesty", vrai moment de bravoure mélodique et plus grand succès du groupe (on vous invite à écouter la version live à Tralfamadore). On regrette dès lors que son chant s’efface parfois devant des inflexions déclamatoires pas toujours très inspirées. Si le titre éponyme s’en sort grâce à son crescendo brûlant qui s’achève en déferlante d’énergie, le texte parlé de "Love's institution" semble errer sans but et finit par lasser.
Plus brut que ses prédécesseurs, Grit gagne en puissance ce qu'il perd en finesse mélodique et pêche un peu dans sa finition malgré quelques excellents morceaux. Malgré ses nombreuses qualités, il reste ainsi selon nous le disque le plus faible des Norvégiens.


















