
Muse
The Wow! Signal
Produit par
1- The Dark Forest / 2- Nightshift Superstar / 3- Shimmering Scars / 4- Cryogen / 5- Be With You / 6- Hexagons / 7- The Sickness In You & I / 8- Unravelling / 9- Hush / 10- Space Debris


T’es où ? Pas là !
Spoiler : les ufologues vont être déçus... The Wow! Signal ne parle pas une seule seconde de vie extraterrestre ni de signaux mystérieux émis par une civilisation lointaine dont on ne sait si elle pourrait être amicale ou hostile.
Pas une seule seconde.
La bonne blague.
The Wow! Signal est l’expression crue d’une douleur consécutive à une rupture sentimentale. Un cri de désespoir qui, faute d’être entendu (ou écouté), va aller se perdre dans les méandres de l’hyper-espace (là où personne ne t’entend chanter ou chialer).
Avant, il y avait la belle Elle Evans Bellamy. Après, il n’y a plus la belle Elle Evans (tout court, cette fois).
Et tout est dit.
T’es où ? Plus là !
D’une vie à deux, il ne reste que quelques débris spatiaux épars qui vont aller se désintégrer aux confins de l’univers. Une tristesse forcément infinie.
Il faut du courage pour mettre à nu sa souffrance, même si c’est en recourant à des images hyperboliques de contrebande qui ne sont que des prétextes pour enfumer son monde. Cela fait des semaines que les rock critics se documentent sur Bételgeuse, la voie lactée et les trous de vers ou potassent leur Stephen Hawking illustré alors qu’il suffisait de réécouter cinq minutes durant les vieilles désespérances bréliennes.
Ou, pour ceux et celles qui ont souffert le deuil d’une rupture amoureuse, de se remémorer quelques souvenirs de larmes à la fois salées et amères. L’umami de la tristesse.
Dérive silencieuse, elle ne peut redescendre
Elle m'a touché comme si notre monde
Ne devait jamais finir
(Débris spatiaux, débris spatiaux)
(L'amour peut partir à la dérive)
(Oh, débris spatiaux, débris spatiaux)
(Partir à la dérive)
Orbite lente
Alors que la drogue envahit tout
Comme des débris spatiaux
Je ne suis pas ce qu'elle désirait
Orbite lente
Alors que son âme se dégrade
Comme des débris spatiaux
Elle partira à la dérive (1)
Tout Wow! est dans ces vers de mirliton. Tout ce qui reste de Matthew Bellamy aussi. C’est peu et c’est immense à la fois.
Relisons la pénultième strophe de ce "Space Debris" : "Je ne suis pas ce qu’elle désirait". Le genre de constat définitif qui rime superbement avec, par exemple, "L’ombre de son chien" du grand dépressif belge (on y revient).
Une seule phrase pour décrypter une vie d’être humain et remplir un album.
La douleur fait de Wow! un album largement moins badin que ses prédécesseurs. Parce que l’inspiration suinte d’une plaie et pas d’un recueil de blagues à Toto.
Mais toutes nos promesses
Se sont défaites dans la douleur
Et si tu dis que ce n’est pas grave
Pourquoi tes yeux pleurent-ils
Nous avons éteint les braises
J’en ai assumé ma part
Tout ce dont j’ai rêvé
S’est enfui dans les étoiles
Et se cache dans l’obscurité
Tous ceux vers qui je me suis tourné
Me déchirent
Imprimant mon cœur de cicatrices scintillantes (2)
Nous avons été bien bernés !
Vous connaissez l’histoire : le sage montre la Lune au fou et le fou regarde le doigt du sage. Matthew Bellamy nous montre sa douleur et nous regardons l’univers infini à la recherche d’un message venu d’ailleurs alors qu’un homme pleure à nos côtés.
En comparant le cri de rage (ou de désespoir) que lui inspire sa rupture à ce signal extraterrestre de soixante-douze secondes capté le 15 août 1977 par The Big Ear, le radiotélescope de l’Université de l’Ohio, Matthew Bellamy nous balade pour mieux nous interpeller.
Amour phone home...
Parce que l’allégorie est pour le moins géniale. Dans cette optique, l’Amour (celui qui s’écrit avec un grand A) ne serait pas vraiment "démontré". Il resterait au stade de la pure hypothèse. Et, dans ce cas, il existerait alors deux catégories de personnes : ceux qui y croient et ceux qui n’y croient pas (ou plus). Les "non croyants" vous diront qu’il n’existe aucun signe tangible de l'Amour. Les "croyants" vous diront que les signes ne sont pas visibles parce que les grandes amours ne souhaitent jamais se dévoiler.
C’est le principe dit "de la Forêt Sombre" (3), appliqué aux sentiments humains. Et c’est évidemment le thème de "The Dark Forest", la très somptueuse plage introductive dont les passages chorals sont proprement renversants.
Wow! est l’album le plus "compact", le plus authentique, le plus personnel (cathartique) et le plus brutalement intéressant de Muse depuis longtemps. Depuis le début du siècle. L’histoire rock jugera.
On pouvait s’amuser ou s’irriter des errements et des récentes auto-parodies du trio mais là, il faut admettre ce qui est : sous le couvert de réinventer une séquelle de Star Trek en 3D et Full HD (4) pour intriguer la galerie, Matthew Bellamy nous rappelle que ce sont les cœurs qui saignent qui produisent l’art le plus sincère (et le plus désespéré).
Et autant le guitariste aura pu énerver son monde tandis qu’il racontait ces historiettes ridicules que le bonheur inspire aux bêtes gens heureux, autant sa douleur prend aujourd’hui aux tripes.
J’aime ce type parce qu’il est comme moi, comme toi, comme nous et comme vous. Fragile. Cassé. Fêlé.
Et la plage conclusive, déjà citée et commentée plus haut, est un chef-d’œuvre mortel. Peut-être qu’un Freddie Mercury inspiré aurait pu écrire ça dans un jour de déprime. Ou pas.
Orbite lente
Alors que nos âmes se dégradent
Comme des débris spatiaux
Nous partirons à la dérive (5)
Méditez la-dessus, petits rockers !
Et dix de der
Le trio a eu la bonne idée de s’adjoindre deux producteurs pour mener son projet à bien. Les deux regards extérieurs ont apporté un très beau lot de nuances dans les dix titres (deux pour l’Américano-Allemand Aleks Von Korff et huit pour l’Anglais Dan Lancaster).
Les climax déjà cités ("The Dark Forest" en intro et "Space Debris" en outro) encadrent une collection de titres qui inspirent un respect artistique absolu : entre les reflets de la boule à facettes qui aveuglent les peines (le décalé "Nightshift Superstar"), les riffs violents et dissonants qui illustrent les colères (le puissant "Cryogen" et "Unravelling"), les saccades épiques ("The Sickness in You"), les contre-chansons d’amour en mid-tempo (l’inspiré "Hexagons" au final cataclysmique), les titres en crescendo ampoulés ("Be With You") et un joli duo vocal (l’émouvant "Hush" avec Ellie Goulding - 6), Wow! aligne dix réussites remarquables.
Sans heureusement céder aux défauts de l’album "conceptuel" (6), l’ensemble est cohérent et chaque instant participe à la réussite d’un ensemble marquant qui laisse le petit rocker sur le cul après quarante-cinq minutes de confessions intimes.
Wow...
Sélection
Les petits rockers pressés (et au cœur de beurre) écouteront prioritairement "The Dark Forest" et "Space Debris". Et ils en profiteront pour écouter tout le reste parce que zapper serait gâcher...
(1) "Space Debris"
(2) "Shimmering Scars"
(3) La conjecture de la Forêt Sombre de David Brin répond au paradoxe de Enrico Fermi qui tend à démontrer que malgré l’immensité de l’univers, il n’existe aucune trace tangible de civilisation "autre". A l’inverse, la conjecture de Brin explique qu’il existe des milliers d’autres civilisations mais que tout le monde se cache (dans l’obscurité de l’univers) pour éviter de se mettre en danger. Dans cette optique, le Wow Signal aurait été émis accidentellement.
(4) Les premières vidéos spatialo-kitsch ont renforcé ce sentiment. Et l’artwork intriguant représente symboliquement une vision en 3D de l’émetteur potentiel du Wow Signal devant Europe, une des lunes de Jupiter. Mon esprit torturé voit dans l’objet une alliance de mariage symbolique aux allures extraterrestres.
(5) "Space Debris" réinterprété…
(6) Dont la plus grande heure de gloire (à ma connaissance) est d’avoir été invitée au mariage du prince Harry et de Meghan Markle.
Cette 161ème chronique pour AlbumRock est garantie sans chagrin d’amour. Elle a été tapée, caractère après caractère, par deux vraies vieilles mains humaines et tremblantes sur un clavier en plastique (prétendument recyclable) fabriqué à vil prix en Chine.
Je dédie avec émotion ces lignes à la femme qui partage ma vie en harmonie, ce qui m’épargne la rédaction d’une suite à "Space Debris".
Je remercie également les adorables lecteurs et lectrices qui corrigent mes textes et ma brave Gupette qui se demande pourquoi son maître chiale comme un vieux couillon en écoutant ce disque.

"La résistance des drones à la deuxième loi de la thermodynamique à l’heure où la volonté du peuple est soumise à la théorie du faire-semblant", voilà comment se serait appelé l’album imaginaire (de qualité "passable") de Muse si on y avait mixé leurs meilleurs titres de 2009 à 2022 (1). Une dénomination modeste pour un groupe qui l’est tout autant devenu. Rappelons-nous, Muse, qui avait choisi ce nom pour son côté visuel minimaliste et percutant. L’avons-nous oublié ce groupe qui avait décidé que son single s’appellerait "Muscle Museum" pour la raison aléatoire que Muse est placé entre ces deux mots dans le dictionnaire ? Où est le trio du frais Devonshire ? Ces gars qui pensaient que les habitants de Teignmouth complotaient contre eux ("Falling Down") avant que des forces supérieures s’en chargent ? Où est passé le (minimalisme) côté hasardeux, spontané, inhérent à la cohésion enthousiaste des membres d’un groupe entre eux ? Où réside le plaisir de créer pour soi et les autres un art honnête, sensé et sensible ? A nous de vérifier si l’on capte The Wow! Signal…
Dans le petit guide des rockers Muse de A à Z ("Les guides Music Book", Christel Moreau) était écrit en introduction "Muse énerve, Muse passionne, Muse émeut, Muse crispe, mais Muse ne laisse personne indifférent". Oui, Muse est un des groupes phénomènes du nouveau millénaire et a emmené avec lui beaucoup d’adeptes en sa secte. "Muse: le rock baroque qui casse la baraque" clamait justement l’émission Tracks sur Arte. Charmant refuge endoctrinant légal que ce groupe anglais qui, bien campé sur les bases de musique classique de sa tête ultra pensante Matthew Bellamy, a diffusé généreusement ses effluves de grungo-rock épique spatial à qui voulait bien les rencontrer. Leurs fans parfois décrits comme aussi hystériques que le titre ("Hysteria"), sont aussi ceux qui ont rapidement accéléré l’ascension du groupe. C’est le public français qui a accueilli à bras ouverts cette formation dynamitée dès 1999 (live au New Morning). Les fans de Muse, ces furies.
"Fury" est par ailleurs pour l’heure l’un des vrais derniers bons titres de Muse (si l’on suit la chronologie d’Absolution, le morceau y est douzième), le dernier vrai témoin d’un temps béni où on avait les goosebumps (la chair de poule pour ceux qui ont loupé les cours d’anglais) à l’écoute du trio. Il est le prototype de "bon morceau" pour le groupe: des motifs ascendants ou descendants répétés (quand ils ne sont pas arpégés) au piano et à la guitare, une batterie plutôt centrée sur les graves (grosse caisse et tom basse en avant, Dom excelle sûrement aux timbales), des riffs héroïques et une voix forte mais vacillante à la lumière de la bougie (qui se mélange à la guitare. La voix, pas la bougie). Voici la version fidèle de l’essence de Muse. Ce qui avait suivi est flou. Ou sans doute un peu trop fou. Comme une mauvaise gueule de bois qui laisse un souvenir rigolo mais incertain. Le succès, les Etats-Unis, un mariage avec une star du cinéma ont dû happer Muse à un moment donné, et tout est devenu confusing comme ils disent over there.
Pour faire court (car la carrière du groupe commence à être longue) : Black Holes & Revelations avait commencé à faire douter par sa légèreté, The Resistance avait confirmé les doutes, The 2nd Law imitait mal la mauvaise pop, Drones était déplorable, Simulation Theory s’était avéré cocasse dans le mauvais sens du terme et Will of The People balançait entre années 80 et mauvaise hip-pop schizophrène alternative. Il n’y a pas de malaise à expérimenter pour ne pas trop stagner en tant que groupe, mais on perdait ici le fondement de la formation. S’en éloigner n’est pas grave mais naviguer à son opposé provoque forcément un risque d’incohérence. Et puis qu’est devenu le talent individuel des musiciens géniaux de Muse ? L’équation du type 1+1+1= Bellamy n’est pas correcte, les amis.
De l’espace, Matt en a toujours parlé et en a surtout beaucoup pris depuis, avec sa volonté de repousser les limites, à tout bout de chant/champ. Et encore, "l’espace" (avec ses planètes) n’est pas ce qu’il y a de plus gênant chez Muse, il est d’ailleurs la seule constante présente depuis bien avant "Knight of Cydonia"(le "cydonia mensae" est un relief martien en forme de visage humain). Et c’est ainsi que débarque cette année The Wow! Signal qui fait référence à une potentielle preuve de vie extraterrestre perçue par une université de l’Ohio en 1977. Une autre hypothèse intéressante, d’accord. Mais portée par quelle musique, car c’est quand même le fond du bazar, non ? On lance l’écoute tremblant, tel un cosmonaute qui se jette au dehors de son vaisseau. Sur la jaquette de l’album, le satellite de Jupiter nommé "Europe", un vaisseau (représentation en 3D de l’onde du signal) et en son centre un laser. Va-t-il viser juste ?
L’entrée dans "The Dark Forest" est tout sauf engageante. Le western spaghetti de BH&R revient à la charge pour servir un morceau qui nous donne envie d’être en voie d’extinction : "We will all beg for extinction", mais Matthew nous invite à ne pas avoir peur : "Fearless, I am fearless", répète-t-il. Et le culte revient fort avec les paroles scandées "Navis, Lucifer, Kyrie Eleison" qu’on rapprochera très facilement de Ghost. Ridiculus, cependant. "Nightshift Superstar" et "Shimmering Scars "se passent de commentaires, quoique ce dernier détient l’orgue que l’on adore entendre chez Muse, et éveille et élève les consciences à 2’20. Premières ondes captées ! Et si les extraterrestres étaient les trois musiciens eux-mêmes ? S’en suit le débridé et progressif "Cryogen" qui ravit pour une simple et seule raison: ne seraient-ce pas les riffs de "Plug In Baby" qui paraissent être joués dans le désordre ? Ben ça alors ! On a sa petite vapeur de malaise vagal : "I am collapsing now" susurre le timbre grave de Matthew qui devrait l’utiliser plus souvent. Dom Howard - oui, on dit son nom de famille car il regagne ses lettres de noblesse - est enfin correctement mis en avant. Les guitares de l’outro sont majestueuses sans être outrancières. Elles sont cinglantes comme il faut, voire un peu funky façon Flea ou Rage Again The Machine. Muse aurait pu en remettre une dose qu’on n'aurait pas rechigné.
La fluidité est bien plus présente qu’auparavant, la récente séparation de Matt avec sa précédente compagne a provoqué chez lui un besoin de réaliser cet album, qu’il a produit avec facilité selon ses dires. Une composition intime qui cache, on y est habitués, une ambition plus grande car The Wow! Signal a été pensé comme une production taillée pour les stades, avec la présence d’un vaisseau qui va coûter bonbon. On ne se change pas, mes aïeux. Rendez-vous le 27 novembre à La Défense Arena à Paris, pour les plus dévoués. C’est passé la moitié de l’album que se produit ce que l’on n’osait plus espérer. Aura-t-il fallu attendre le dixième album de Muse pour les retrouver ? En tous cas, cela a nécessite un jeu de pistes pour accéder à ce trésor: le groupe avait publié des coordonnées GPS correspondant à des lieux dans six villes, où l’on pouvait scanner des QR codes donnant accès à des extraits d’"Hexagons".
Un vrai turning point que ce titre ! Cette fois-ci ce sont les notes du bienheureux "Bliss" qui nous reviennent du passé avec des riffs épiques et distordus. Matt y chante avec le même mixage que sur Showbiz, un vrai saut dans le temps ! Qui fait grand bien ! Ne serait-ce pas quelques frissons qui apparaissent sur nos peaux pourtant chauffées par la canicule ? L’outro est bien foutue, retenue (!) avec un kit de drums aussi clair que de l’eau de source. Le pari parvient à être d’autant plus réussi que (lasse de s’attarder sur une des errances comme "The Sickness In You & I", maladif), "Unravelling" détale et prouve être un bon single, si on ne s’attarde pas sur ses couplets. Peut-être qu’on souhaiterait entendre d’avantage Chris hors des riffs heavy métal mais le jeu rythmique est en tous cas surprenant, nous prenant même parfois au dépourvu (2’26).
Muse étonne, Muse détonne. Sur "Hush" aussi on est parfois pris de court positivement, déjà par le fait que ce soit un duo avec Ellie Goulding. S’il ressemble parfois au fameux "Bad Guy" de Billie Eilish, ce titre parvient à garder le cap entre temps forts et temps soudainement calmes. On apprécie à hauteur des deux autres le son de notre ami Wolstenholme, et la voix de Matt n’a jamais autant été intime, jusqu’à atteindre le point de rupture en toute fin. On clôt l’histoire avec "Space Debris" qui résonne très comédie musicale narrée, loin d’un "Space Dementia", mais les choeurs en chuchotements ASMR fonctionnent et servent le propos, telle une valse spatiale. "Love can drift away", nous dit Bellamy, mais lui pour l’heure ne s’est pas trop laissé emporter par sa mégalomanie ("Megalomania" étant un très bon titre au demeurant).
Cet album aurait pu avoir l’allure d’un relooking de tontons cinquantenaires chez Celio, pour "rester dans le coup", mais on est par chance passé à côté de cette débandade. On reprend nos doigts et on compte : 1+1+1= 3, ça y’est le compte est bon ! L’équation est solide, l’entente émetteur-message-auditeur (le schéma de Jakobson pour les personnes qui ont raté leur cours de linguistique) est raccordée. Il y a du signal, on capte enfin ! En tous cas le réseau est meilleur qu’avant. Bon sang Muse faites-le maintenant votre space opéra rock, mais n’y incluez pas le kitsch d’un genre de cirque (cf "You Make Me Feel Like It’s Halloween" pour mémoire) ! Autant le thème du chapiteau sied actuellement aux Take That car c’est un boys band sur le retour, et qu’ils utilisent ce thème avec parc-ironie, mais aux dernières nouvelles Muse n’est pas un boys band. Il est cependant peut être sur le retour.
Bien sûr que les early fans enquiquinent les admirateurs actuels de Muse. Mais sachez que ces gens de l’ééépoque ont eux aussi (suivez mon regard) fait partie du culte, ont connu les regards d’incompréhension, ont quasi inquiété leurs parents et ainsi provoqué des blagues de boomers: "Mais c’est qui ce Matthew Bellamy qui miaule ? Miaou Bellamy ?" aux réunions familiales. Alors on aime se remémorer, avec des tremolos dans la voix, l’impeccable trilogie Showbiz - Origin Of Symmetry - Hullabaloo (oui, c’est un live qui tient une place d’album, avec des faces B à se damner)...
Croyez-le ou non, il fut une époque où l’on ne pouvait acheter que des t-shirts non officiels (carrément de contrebande) de Muse et que pour les entendre dans l’espace public il fallait faire partie d’un fan club officiel qui organisait des sessions d’écoute (une secte je vous dis). Déconcerté bien plus que réac’, le fan de la première heure peine parfois à aller à la rencontre du groupe car le terrain musical entre lui et le trio est aujourd’hui mouvant. Heureusement, les retrouvailles paraissent poindre à l’horizon, et The Wow! Signal s’en sort avec les encouragements du jury. Si le toupet de Matthew est toujours formidable, l’ensemble avance avec davantage de cohérence. L'espoir de renouer avec notre bel ami est à nouveau permis ...
(1) C’est cadeau, faisons-en au moins une playlist: "Kill or Be Killed", "Ghosts How Can I Move On ?" (nunuche mais pas tant), "Thought Contagion", "Dark Side (Alternate Reality Version)", "Pressure (beat. UCLA Bruin Marching Band)", "Animals", "The 2nd Law: Unsustainable", "Undisclosed Desires", "Drones" (la chorale hallucinée), "Unnatural Selection"

















