
Angine de Poitrine
Vol. 1
Produit par
1- Sherpa / 2- Tohogd / 3- Tamebsz / 4- Ababa Hotel / 5- Sahardnieh / 6- L'Aberek


On ne va pas faire semblant d’avoir écouté Angine de Poitrine avant tout le monde, c’est avec le concert KEXP (comme tout le monde) qu’on les a découverts. Au moment où on écrit ces lignes, le Vol. II est déjà sorti ce qui nous permet de comparer les deux albums. Ce qui a toute son importance puisqu’ils sont suffisamment différents pour qu’on se dise qu’ils ne plairont pas (ou du moins pas autant) aux mêmes personnes.
Sur Vol. II, la démarche, le son se sont radicalisés. S’il fallait résumer le genre de celui-ci en une agrégation de termes, on pourrait parler de musique de jeu vidéo microtonale-Math-Anatolian-Rock rigolo. Quelques parties ou morceaux du Vol. 1 rentreraient bien dans cette catégorisation. C’est le cas de "Tohogd". Mais globalement, ce premier opus du duo québécois laisse apparaître une richesse plus grande dans les différentes manières de composer et convoquent des esthétiques plus ancrées dans l’histoire de la musique. Là où Khn se contente sur Vol. II de jouer de thème répétitifs pour amplifier l’effet hypnotique de la musique, il s’adonne souvent sur Vol. 1 à des solos de guitare Jazz-Rock. "Sherpa" rappelle Tool dans cette façon de faire tourner une idée à la métrique étrange avant de la faire monter en puissance jusqu’à la réinterpréter de manière beaucoup plus agressive à la fin du morceau. Sur "Tamebsz" (8 minutes au compteur, ce qui en fait la composition la plus longue du groupe), Khn multiplie les parties de guitares et de basses aux ambiances différentes, parfois mélodiques, souvent chaotiques évoquant un Rock progressif crimsonien.
L’enchainement des titres de cette deuxième moitié d’album ne sera que contrastes. Si on ne savait pas qu’il s’agissait d’une composition originale, on aurait pu croire qu’ "Ababa hôtel" est une reprise de "Don’t Stop ‘Til You Get Enough" de Michael Jackson passé à la moulinette Angine de Poitrine. Cet irrésistible disco-funk extra-terrestre en 7/8 est une leçon pour tout ceux qui vous diront qu’il faut jouer en 4/4 afin de groover. "Sahardnieh" ferait une B.O. parfaite pour accompagner une scène de film muet se déroulant en enfer. Les différentes parties jouées simultanément en 4 et 3 temps donnent une véritable impression de prison inconfortable dont on ne peut pas sortir. C’est tout l’inverse qu’on ressent sur "L'Aberek" : sur une boucle répétitive, les accords alternent entre une version majeur et augmentée donnant une sensation de grande ouverture. A cela s’ajoute le solo de guitare le plus épique de l’album pour parfaire l’envolée.
Par sa plus grande diversité stylistique et les genres historiquement plus connus qu’il convoque, Vol. 1 a probablement plus de chances de plaire aux amateurs de Jazz-Rock, de Rock Prog et de Metal. A l’inverse, par son identité plus clairement marquée et réduite à son stricte essentiel, d’autres vous diront que c’est avec Vol. II qu’Angine de Poitrine affirme véritablement son style.

















