
Green Lung
Necropolitan
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Pendant que Wytch Hazel célèbre la foi chrétienne millénaire au son d’un Heavy Metal mélodique rétrospectif, leurs compatriotes de Green Lung revivifient le paganisme anglais en puisant dans l’encyclopédie des riffs du hard-rock des 70s – Black Sabbath surtout, mais aussi Deep Purple tant la présence des claviers s’avère substantielle sur cet opus. Leur troisième volet, This Heaven Land (2023), avait permis d’étendre leur public après avoir connu un premier essor grâce au remarqué Black Harvest (2021) : les mélodies et les riffs très bien trouvés pouvaient évoquer Ghost par moment – la voix de Tom Templar aidant – avec une même pertinence quand il s’agit de séduire les masses.
Cependant, la direction choisie pour ce quatrième album est résolument plus Heavy et plus orientée vers les années 1970, non sans un côté Doom et cinématographique. La thématique gothique chemine dans les allées du septième art horrifique, dans les bas-fonds londoniens de la Belle époque amoureuse de faits-divers et d’occultisme ; elle est magnifiquement mise en scène dans le livret en forme de journal de la fin du XIXème siècle. Car Necropolitan n’est rien d’autre que le versant underground – dans le sens de catacombe – de Londres, où le théâtre des ombres et des monstres se joue d’une façon bien différente qu’au Globe. Plus précisément, c’est la mise en mouvement et en réseau de la ville par les voies de la London Necropolis Railway qui, à partir de 1854, transportait en train les cadavres vers les cimetières périphériques.
La visite urbaine commence par la bouche de métro cauchemardesque, "Open the Hellmouth", qui ouvre l’album et introduit le premier titre "Dance to the Grave" dévoilant le surcroit de lourdeur sabbathienne agrémentée d’orgues Purpl-iennes qui domineront cet opus. Les refrains emphatiques y sont toujours aussi accrocheurs malgré un tempo assez mesuré, et la composition se voit enrichie par quelques évolutions du riff et un pont tamisé avant des soli à l’ambiance fantomatique. Green Lung développe son esthétique classique à la fois doom et véloce sur "Black Magick Radio", tandis que le sabbathien "Evil in this House" n’aurait pas dépareillé sur This Heaven Land – même conclusion pour "Alostrael (Be My Babalon)" doté d’une apparition de Riley Pinkerton de Castle Rat et de soli très travaillés (c’est une qualité de l’opus).
Très référencé, l’album multiplie les clins d’œil aux gloires des 70s. "Necropolitan Line" n’aurait pas vu le jour sans Deep Purple, évoqué dans une version survoltée jusque dans l’excellent solo façon John Lord en dialogue avec la guitare, digne d’"Highway Star" et de "Burn" auxquels le chorus rend un hommage évident. De la même façon, le cadencé "Ozymandias" regarde vers la période Glenn Hughes (et quel solo !). De manière générale, les claviers gagnent en importance, jusque dans la ballade "Together in Death", un slow qui finit tout de même par retrouver un peu de puissance saturée.
Très original, le conclusif "To the Gallows Born" est une réussite de long en large : l’univers païen est invoqué par une chorale introductive interprétant un chant traditionnel, puis un riff élégant et cadencée à la Come Taste the Band (1975) annonce une composition aux superbes lignes mélodiques accompagnées par un mellotron spectral.
Plus brut que This Heaven Land, moins immédiatement accrocheur peut-être, Necropolitan est pourtant un ouvrage solide qui permet à Green Lung de rester une référence de la scène hard-rock britannique actuelle.
À écouter : "Ozymandias", "Necropolitan Line", "Evil in this House", "To the Gallows Born"

















