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Critique d'album

Manowar


Hail to England


(00/02/1984 - - Metal épique - Genre : Hard / Métal)
Produit par

Note de 4/5
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Note de 3.5/5 pour cet album
"God Save the Kings (of Metal)"
François, le 08/04/2026
( mots)

Que le groupe le plus caricaturalement américain de la scène Metal en vienne à célébrer l’ancienne puissance coloniale, cela pourrait avoir de quoi surprendre. En effet, Manowar représente déjà la quintessence même du Heavy/Power Metal US jusque dans son iconographie, et pourtant, il choisit d’adresser un message de fraternité au Royaume-Uni pour son troisième album.


Deux raisons président à ce choix. Il s’agit d’abord d’un hommage au public britannique qui a bien davantage plébiscité les groupe que les Américains. Or, Manowar se voit empêché de tourner outre-Atlantique, où 27 concerts étaient prévus en 1983, par un triste concours de circonstances (le décès de la sœur du promoteur qui paralyse ce dernier). Hail to England est donc une sorte de compensation destinée au marché anglais (il sera indisponible aux États-Unis sans passer par l’import jusqu’en 1995). Ensuite, le combo doit beaucoup à la New Wave of British Heavy Metal, dont l’influence était encore très sensible sur le premier album où Saxon et Iron Maiden venaient vite à l’esprit. D’ailleurs, l’inspiration britannique n’a pas complétement disparue en 1984 : l’un des meilleurs titres d’Hail to England, "Army of the Immortals", dont le nom dérive de leur fan club, marque un retour vers Judas Priest dans la composition du riff et l'interprétation du chant.


D'une durée inférieure à 34 minutes, l’album est assez court. De fait, il dérive d’un projet d’EP finalement étendu et il est avant un produit d’appel destiné à attirer l’œil d’un label : le combo souhaite quitter Music for Nations qui ne répond pas à leur ambition. À cette fin, Manowar possède déjà un autre opus presque terminé (le futur Sign of the Hammer) qui pourra immédiatement être publié par leur future écurie. Celui-ci a été enregistré en même temps et surtout, sur le même budget, au Canada où le groupe s’était rendu pour bénéficier des services de Jack Richardson (The Guess Who, Alice Cooper, Moxy).


Très apprécié des fans, Hail to England démontre immédiatement les progrès réalisés par le groupe : le basse agressive et les notes lumineuses qui ouvrent "Blood of My Enemies", puis le riff lourd mais cisaillant, les cris et le refrain grandiloquent à la UFO, finissent d’installer l’esthétique de Manowar. L’interprétation du chant se veut encore plus dramaturgique, que ce soit avec emphase sur le refrain du grandiloquent d'"Hail to England", ou d’une façon menaçante sur le sombre "Each Dawn I Die" qui mise tout sur l’ambiance plutôt que sur le raffinement (en dehors du solo travaillé).


L’album dévoile l’étendue de ses qualités après les deux pièces initiales, notamment avec l’immense "Kill with Power", plus speed, où l’alternance entre le chant possédé et les suites d’accords furibondes sont aussi jouissives que le refrain qui invite à hurler en chœur "Kill with Power… Die Die" – efficacité et splendeur du Metal authentique (traduction la plus adaptée de l’expression True Metal) avec tout ce qu’il peut avoir carnavalesque. Le titre n’est égalé que par "Army of the Immortals" sus-cité. 


Fidèle à son caractère excessif, le groupe tombe dans la démonstration de virtuosité sur l’instrumental "Black Arrows", où DeMaio fait pleuvoir les notes de la basse piccolo comme un déluge de balles de flipper sans aucun sens de la mélodie ou de l’harmonie – tout se passe comme si Van Halen était passé au mixeur. Le titre est une mauvaise introduction à "Bridge of Death", une pièce épique qui peine à décoller après des premiers instants presque progressifs, où les guitares tranchantes ponctuent les déclamations d’Eric Adams, avant que le midtempo ne démarre dans un développement sans réelle variation en dehors du chorus.


Ces imperfections n’empêchent pas Hail to England d’être considéré comme un très bon album et de jouir d’une belle réception confirmée dans la postérité. En outre, il répond aux objectifs fixés par le groupe puisqu’il ouvre la porte à une tournée en Angleterre où il sera repéré par Virgin qui s’empressera de publier Sign of the Hammer.


À écouter : "Kill with Power", "Army of the Immortals", "Bridge of Death"

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