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Critique d'album

Haken


In a Fever Dream


(01/07/2026 - - British Prog - Genre : Rock)
Produit par

Note de 3/5
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Note de 3.5/5 pour cet album
"Le Haken nouvelle formule retombe bien sur ses pattes"
Quentin, le 25/08/2026
( mots)

Actualité remuante ces derniers mois du côté des Londoniens d'Haken avec les départs de Charlie Griffiths et Conner Green qui officiaient respectivement à la guitare et à la basse. Deux départs simultanés qui laissaient forcément présager des ajustements dans la palette sonore du groupe, alors que Fauna avait déjà pu surprendre les plus puristes par son côté plus "accessible" (toutes proportions gardées).


Ce nouvel E.P de cinq titres pour 26 minutes amène donc un vent de renouveau pour les Anglais qui gagnent définitivement en efficacité ce qu'ils perdent en singularité, bien aidés en cela par la production de George Lever, connu notamment pour son travail avec des groupes de metal moderne comme Loathe ou Sleep Token. Le metal progressif virtuose, complexe et tortueux développé par le groupe depuis ses premiers albums s'adoucit grandement sur In a Fever Dream avec des compositions plus classiques et resserrées dans leur construction.


Le souffle épique caractéristique des compositions du groupe est toutefois toujours présent. Le titre d'ouverture éponyme saisit ainsi l'auditeur avec sa ritournelle d'arpèges mélodieuse, ses déflagrations riffesques et un refrain terriblement accrocheur porté par un Ross Jennings toujours aussi impeccable qui fait même rentrer le cri bestial dans sa panoplie de chanteur. Si les développements instrumentaux ne sont pas renversants, le titre n'a pas à rougir de la comparaison avec les œuvres passées du groupe et constitue une excellente entrée en matière.


La nouvelle orientation du groupe est bien plus palpable sur le titre "Delirium" frontal et immédiat avec son riff syncopé qui évoque immédiatement la scène djent contemporaine, en particulier des groupes comme VOLA ou TesseracT. Le titre fonctionne très bien et dégage une vraie impression de puissance mais dilue l'identité du groupe dans les codes qui régissent ce style musical. Dans le même esprit, "Bleeding the Sky" constitue une belle montée en puissance mais sa faible durée empêche les développements instrumentaux qui forgeaient la personnalité téméraire du groupe pour ne finalement pas laisser un souvenir impérissable. Même sentiment avec "Eclipsed By You", parfaitement interprété par un Ross Jennings enveloppé avec élégance dans des textures synthétiques mais qui reste prisonnier de son format trop compressé. En conclusion, "Lotus" fait certainement le pont entre l'ancien et le nouveau Haken et permet au groupe de remettre en évidence ses racines progressives. Le titre oscille entre passages atmosphériques délicats et explosions furieuses nourries par les growls du chanteur anglais, bien que les digressions instrumentales soient nettement moins aventureuses qu’auparavant.


Avec cet E.P de transition Haken simplifie son langage et l'écriture globalement assez consensuelle de cette nouvelle production divisera les auditeurs. Certains reprocheront désormais au groupe son manque de personnalité musicale avec une formule qui, malgré ses indéniables qualités, se rapproche grandement de ce qui se fait actuellement sur la scène metal contemporaine. En attendant le prochain véritable album, on peut néanmoins espérer que cette évolution nécessaire et inévitable ne se fasse pas au détriment de ce qui rendait le groupe unique.

Commentaires
Natz, le 25/08/2026 à 14:14
Je rejoins la conclusion : je fais partie de auditeurs déçus. De tous les groupes de "Djent", c'est le seul que j'écoute justement grâce à sa composition aérée, son inspiration de Gentle Giant, ... Cet EP aurait pu être le bébé des autres groupes que tu as cité, et à l'exception de la voix de Ross Jennings, rien ne l'aurait indiqué. Même la batterie décalée -syncopée de Ray Hearne n'est plus trop là. Objectivement, c'est bon, subjectivement, j'ai bobo au cœur...