
Spiders
Crystal Eyes
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En 2025, le retour de Spiders sur le devant de la scène avait suscité notre plus grand intérêt : après tout, le groupe avait été très silencieux après avoir fait fort avec Shake Electric (2014) et Killer Machine (2018) au point de devenir l’une des figures les plus convaincantes de la riche scène revial suédoise – nous serions tentés d’ajouter "à chanteuse", tant cette caractéristique est centrale dans ce pays (Blues Pills, Lucifer, Siena Root, The Riven…). Pourtant, Sharp Objects nous avait laissé sur notre faim : Spiders semblait manquer d’inspiration pour proposer ainsi une musique trop référencée et balisée. Rien de honteux, mais rien de remarquable.
C’est pourquoi nous fûmes étonnés d’apprendre la sortie d’un cinquième album à peine plus d’un an et demi après celle de son prédécesseur, d’autant plus que peu de choses avait été dévoilées au sujet du mystérieux Crystal Eyes avant son apparition dans les bacs. Avec un bon signe : au croisement de Shake Electric (2014) pour les paillettes et de Killer Machine (2018) pour les couleurs, la pochette de l’album met en scène l’éminente Ann-Sofie Hoyles en tenue de rockeuse au cœur tendre. Mais pas trop tendre non plus.
Car Spiders a décidé de retrouver un son Heavy : oubliez Kiss sur "Creature Of The Night" et pensez plutôt à Girlschool ou Rock Goddess, du moins jusqu’au refrain étonnement pop. Même topo pour le terrible "Quit You", plus Kiss-ien cette fois-ci (ou, pour prendre une référence suédoise, Imperial State Electric), où l’on retrouve toute la force du groupe, et pour les effets de guitare du tube "Playing With Fire" qui n’est pas sans évoquer The Hellacopters (tout comme "Heart Of Stone", mais c’est une habitude de ce côté de la Baltique). Il ne manque qu’un pastiche hard-rock de Boney M tristement absent de cet opus.
Les atours pop des derniers albums demeurent, toujours dans une dynamique retro, en témoignent le rock 60s un peu Glam rock de "Flying Too High" (doté d’un super solo), les refrains de "Do You Think About Me?" qui agrémentent un riff pub rock plus classique, et plus encore, le langoureux "Crystal Eyes" assez délicieusement kitsch. "Loser" raisonne même à la manière des débuts de la Mersey Beat ! Et puisqu’un peu de douceur n’a jamais nui à la marche du monde, la ballade "(Doomed To A) Life Of Misery" pousse le vice jusqu’à mettre en scène un duo de voix féminine et masculine derrière des arpèges et des orchestrations pompeuses. Ce même registre apaisé vient refermer l’album avec la berceuse "A Little Too Late", convenue mais touchante du fait de la belle prestation d’Ann-Sofie Hoyles.
Sans atteindre le niveau des deux albums sus-cités, Crystal Eyes voit Spiders remonter la pente après un Sharp Objects anecdotique : un petit 3.5/5, histoire de soutenir l’effort, mais on attend toujours un véritable successeur à Killer Machine (2018).
À écouter : "Creature Of The Night", "Quit You", "Playing With Fire", "Crystal Eyes"



















